Un sondage «coup de fouet»

TROIS-RIVIÈRES — Enthousiasme, motivation, déception, incrédulité... Le deuxième sondage Mainstreet Research mené pour le compte du Nouvelliste a clairement causé des réactions on ne peut plus divisées chez les quatre candidats à la mairie de Trois-Rivières. Pour les principaux intéressés, ce sondage démontre toutefois que rien n’est encore joué et que le travail devra se poursuivre jusqu’à la toute dernière seconde, dimanche le 5 mai, jour de l’élection.

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Jean-François Aubin

Bien qu’il soit toujours meneur dans cette course, Jean-François Aubin a vu son avance diminuer sur son principal adversaire, Jean Lamarche. Un sondage que M. Aubin considère comme un coup de fouet pour ses troupes, qui devront redoubler d’efforts d’ici les prochains jours.

«C’est une bonne nouvelle, car nous sommes encore en avance et nous n’avons pas perdu nos appuis, au contraire. Nous ne sommes pas en perte de vitesse. Mais je n’ai jamais considéré cette élection comme étant gagnée d’avance et il est clair que je vais travailler jusqu’à la fin. Ça va donner un coup de fouet pour mobiliser notre monde, car les gens vont comprendre qu’il n’y a rien de gagné et qu’il est d’autant plus important d’aller voter le 5 mai», souligne M. Aubin.

Ce dernier entend continuer le travail tout au long de la semaine pour aller à la rencontre des gens, faire encore des propositions, sortir son cadre financier et, évidemment, faire sortir le vote. Il considère toutefois que l’analyse voulant que la récente sortie publique de l’ex-maire Yves Lévesque ait pu favoriser Jean Lamarche ne tient pas vraiment la route. «Je ne fais pas cette équation-là. Jean Lamarche n’est pas Yves Lévesque. M. Lévesque était apprécié surtout pour sa personnalité, et c’est une personnalité différente de M. Lamarche. Je ne pense pas que ça ait pu avoir une incidence», mentionne-t-il.

Jean Lamarche

Jean Lamarche avait, pour sa part, bien du mal à cacher son enthousiasme face à ces résultats qu’il estime plus que satisfaisants. Il considère par ailleurs que le portrait a pu évoluer encore en sa faveur, étant donné que le sondage a été réalisé avant sa performance au débat organisé par le 106,9 Mauricie ainsi que la publication de son entrevue éditoriale dans Le Nouvelliste.

«Ça s’inscrit dans une progression qu’on ressent aussi, et de savoir qu’on se retrouve pratiquement nez à nez, c’est très motivant pour nos troupes. Ça nous dit qu’on va devoir travailler jusqu’au bout. C’est là qu’on voit l’importance de chaque vote, ça dépasse le cadre du cliché», indique-t-il.

La campagne, selon lui, devient ainsi complètement terrain pour le reste de la semaine et jusqu’au jour du vote. Il considère intéressant d’ailleurs de rencontrer des gens qui n’avaient plus d’intérêt pour la politique municipale depuis de nombreuses années et qui décident désormais de lui donner leur appui. Quant à la sortie de l’ex-maire Yves Lévesque, M. Lamarche reconnaît que les gens ont pu sentir un rapprochement entre leurs valeurs. «Nous avons des thèmes qui se ressemblent beaucoup. Je prône la continuité, la poursuite de ce développement qui nous a bien servi depuis plusieurs années. Si les gens lisent à travers ses sorties des rapprochements avec mon programme, c’est bien. Mais je suis Jean Lamarche, je ne suis pas Yves Lévesque», mentionne-t-il.

Éric Lord

Avec seulement 12,3 % des appuis dans ce sondage, Éric Lord s’est dit extrêmement surpris du résultat, lui qui dit faire une lecture différente de la réalité sur le terrain. «Ce que j’entends sur le terrain et ce qu’on constate dans le pointage que l’on fait avec mon équipe ne correspond pas du tout à ça. J’ai senti, dans les dernières semaines, une nette progression au niveau de la notoriété et que le pourcentage de pointage avait largement augmenté», indique-t-il.

M. Lord constate que le sondage a été réalisé avant sa performance au débat du 106,9 Mauricie, et avant la diffusion de son entrevue éditoriale au Nouvelliste, deux éléments qui auraient pu jouer en sa faveur, selon ses dires, si le sondage avait été réalisé après ces deux événements.

«Le vrai sondage va se dérouler le 5 mai. En attendant, je continue de rencontrer les électeurs et d’aller jusqu’au bout. Avec mon programme, mes propositions, je crois encore que je peux devenir le prochain maire de Trois-Rivières, j’en suis convaincu», ajoute-t-il.

Pierre-Benoît Fortin

Pour sa part, Pierre-Benoît Fortin voguait entre les éclats de rire (jaune) et les soupirs lorsqu’il a appris le résultat, lui octroyant 0,5 % des intentions de vote. «Ça n’a quasiment pas d’allure. Avec tout ce que j’ai sorti, tout ce que j’ai proposé, c’est à croire que les gens ne veulent pas vraiment de changement et veulent que tout reste comme c’est là», constate-t-il.

M. Fortin considère toujours qu’il incarne le vrai changement, et que les trois autres candidats dans cette course n’ont «rien proposé de concret». Le candidat entend tout de même poursuivre sa campagne jusqu’au soir du 5 mai.