Près d’une centaine de manifestants ont effectué un sit-in devant les bureaux du député et ministre Jean Boulet pour s’opposer à l’adoption du projet de loi 61.
Près d’une centaine de manifestants ont effectué un sit-in devant les bureaux du député et ministre Jean Boulet pour s’opposer à l’adoption du projet de loi 61.

Un sit-in contre le projet de loi 61 à Trois-Rivières

TROIS-RIVIÈRES — Tout près d’une centaine de manifestants ont occupé l’intersection des rues Des Forges et Royale, au centre-ville de Trois-Rivières mercredi midi, afin de protester contre le projet de loi 61. Durant tout l’après-midi, le groupe composé de personnes venues de tous les horizons a effectué un sit-in devant les bureaux du député et ministre Jean Boulet afin de demander à la Coalition avenir Québec de reculer sur les modalités de ce projet de loi, dont plusieurs articles soulèvent la grogne ces jours-ci au Québec.

D’ailleurs, mercredi matin, une lettre parue dans La Presse + et signée par plus d’un millier de scientifiques québécois, dont certains de la Mauricie, exprimait l’inquiétude de la communauté scientifique quant à l’assouplissement de nombreuses dispositions législatives et réglementaires liées à la Loi sur la qualité de l’environnement et la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune, à travers l’allègement des procédures d’autorisations environnementales et des processus d’attribution de contrats publics. Des dispositions qui, à priori, auraient pour objectif d’accélérer la relance économique du Québec.

«On veut montrer au gouvernement que ce sont des mesures qui sont contre l’opinion publique, contre le débat public. On a des gens ici qui veulent discuter de l’avenir du Québec et qui ne veulent pas que ça se passe dans des chambres fermées parlementaires. C’est le but de dénoncer des mesures qui, on croit, vont à l’encontre de nos libertés démocratiques, ainsi qu’à l’encontre de l’écologie. Des mesures qui ne vont pas dans le sens de l’urgence climatique envers quoi beaucoup de Québécois ont manifesté contre il y a quelques mois à peine», a indiqué Gabrielle, l’une des organisatrices de cette manifestation, qui a préféré ne pas dévoiler son nom de famille.

Mercredi, le gouvernement de la CAQ se disait prêt à reculer sur certains aspects du projet de loi, qui a par ailleurs été décrié par le comité de suivi de la Commission Charbonneau comme pouvant ouvrir la porte à «l’émergence de corruption et de collusion». Selon l’organisatrice de la manifestation, leur volonté de reculer est une nouvelle encourageante, mais elle ne justifie pas que les citoyens baissent la garde pour autant.

«C’est un pas dans la bonne direction, mais je ne suis pas sûre que ce soit satisfaisant. Ce que démontre un aussi grand désaccord envers cette loi-là, c’est que les Québécois veulent s’investir en politique, veulent qu’on les entendent et qu’on aille dans une autre direction. On vient de traverser une grande crise qui a remis des choses en perspective pour beaucoup de gens. Ce serait intéressant de prendre cette pause pour se questionner à savoir où on s’en va au Québec. Est-ce qu’on veut vraiment retourner aux infrastructures qu’on avait prévues avant? À des situations de corruption? Ou est-ce qu’on ne veut pas se lancer dans une économie qui est plus verte, et repenser le système», se questionne Gabrielle.