Steve Milette, premier Canadien à occuper le poste de président de Nissan Canada, a récemment été honoré par la Ville de Shawinigan.
Steve Milette, premier Canadien à occuper le poste de président de Nissan Canada, a récemment été honoré par la Ville de Shawinigan.

Un Shawiniganais à la tête de Nissan Canada

Guy Veillette
Guy Veillette
Le Nouvelliste
SHAWINIGAN — Dans la vie en général comme dans le sport, l’effort collectif primera toujours sur les capacités individuelles pour connaître du succès. Steve Milette l’a appris pendant toute sa jeunesse dans des équipes de hockey mineur de Shawinigan et il reste fidèle à cette philosophie encore aujourd’hui, comme président de Nissan Canada.

«Que l’on travaille dans une petite ou une très grande entreprise, ce n’est jamais l’affaire d’un seul homme», réfléchit-il. «Il n’y a pas une seule personne qui puisse rendre la compagnie meilleure. Ça passe par l’ensemble des employés.»

Jusqu’à la fin de l’adolescence, M. Milette a gravi tous les échelons du hockey mineur, jusqu’au midget AA. Bien qu’il conserve de précieux souvenirs de son passage à l’école St. Patrick et au Shawinigan High School, le sport local l’a particulièrement bien servi durant sa carrière.

«Quand on grandit dans un système de hockey, que ce soit AA, CC ou simple lettre, ce n’est pas toujours l’équipe la plus talentueuse qui gagne. Ce sera souvent celle qui se tiendra en équipe, qui verra les opportunités, qui sera disciplinée et qui mettra les systèmes qu’il faut en place. C’est un peu ça, la vie d’entreprise. Il faut s’entourer des meilleures personnes possible, mais il y a aussi beaucoup de talent dans les autres compagnies. Il faut donc mettre en place les meilleurs systèmes pour remporter la partie. Les meilleurs entraîneurs que j’ai eus étaient capables d’aller chercher le meilleur de chacun des joueurs. Aujourd’hui, il faut que j’aille chercher le meilleur de chaque employé.»

Après avoir passé son enfance à Grand-Mère, M. Milette s’est dirigé au Collège Dawson, puis vers l’université McGill où il a obtenu un baccalauréat en génie. Il a ensuite réussi un double MBA de l’Université du Québec à Montréal et de l’Université Paris-Dauphine.

L’homme de 47 ans se définit comme un vrai passionné de voitures, ce qui a fortement teinté ses choix de carrière.

«J’ai toujours été impressionné par les concessionnaires automobiles», confie-t-il. «Je me souviens de leur engagement. Souvent, sur mes chandails de hockey, il y avait le nom d’un concessionnaire brodé quelque part. J’ai aussi toujours aimé le design automobile, l’industrie en général. Je pouvais passer mes samedis à faire le tour des concessionnaires pour voir ce qu’il y avait dans les cours. Je découpais les images des produits dans les journaux, des nouveaux concepts présentés à des salons de l’auto.»

Il a amorcé sa carrière dans ce monde en 1996, chez General Motors du Canada. Pendant 16 ans, il a occupé les postes de directeur régional des ventes, chef de marque et directeur national du parc automobile et des ventes aux entreprises.

Après avoir fait le tour du pays pour GM, un mentor qui avait déjà quitté la multinationale lui suggère de regarder ailleurs si une opportunité se présentait. Il a donc bifurqué chez Bombardier Transport, Amérique du Nord comme directeur des ventes et de la prospection.

«C’était complètement à l’extérieur de ma zone de confort», sourit-il. «C’est un acte d’humilité. Dans une nouvelle entreprise, personne ne te connaît, tu ne connais pas le langage interne. Il faut donc apprendre un paquet de choses. Par contre, je n’avais pas la même passion que dans le monde de l’automobile.»

Il retourne donc à ses anciennes amours chez Hyundai Auto Canada comme directeur des ventes pendant trois ans, avant d’être recruté par Nissan Canada à titre de vice-président des ventes en 2017. Il est devenu président de cette entreprise le 1er mai dernier.

Le fils de Jean-Claude Milette et de Micheline Berthiaume demeure en couple avec son amour d’enfance, Isabelle Ayotte. Le 10 décembre dernier, en assemblée publique au conseil municipal de Shawinigan, il recevait une mention du maire pour sa nomination comme président de Nissan Canada, le premier Canadien à occuper ce poste. Il gère une entreprise qui compte 513 employés au pays.

Influences

Outre son observation de la dynamique dans ses équipes de hockey, M. Milette explique que le contact avec certaines personnes à Shawinigan ont aussi influencé son parcours.

«Mon beau-père, Raymond Ayotte, était échevin et aussi, un homme d’affaires de la région», raconte-t-il. «Moi, je croyais beaucoup que le système scolaire était une façon de progresser dans la vie. M. Ayotte était un homme d’affaires aguerri, qui essayait des choses, qui prenait des risques. J’ai donc beaucoup appris de ce contact, qui m’a montré une autre façon de voir la vie. On ne réussit pas toujours avec le même modèle! Ça a été un mentor.»

M. Milette garde aussi un excellent souvenir de Bob Vallieres comme directeur du Shawinigan High School, un ex-conseiller municipal également.

«C’était un homme droit, discipliné», se remémore-t-il. «On n’avait pas le choix de comprendre l’importance de la discipline quand tu allais à cette école. Ça apportait beaucoup de positif, parce que je n’étais pas nécessairement un sage! J’avais beaucoup d’énergie, j’aimais déplacer de l’air. Ça me prenait un modèle comme ça pour me ramener à l’ordre et mettre les priorités aux bonnes places!»