Plus de 5 000 résidences sont privées d’eau dans le secteur urbain de La Tuque en raison des travaux réalisés sur le tuyau principal d’alimentation. On voit sur la photo le nouveau pont à droite et le vieux à gauche.

Un réveil sans eau à La Tuque

LA TUQUE — Les citoyens, touristes, commerçants, travailleurs qui sont dans le secteur urbain de La Tuque doivent maintenant vivre avec une interruption du service d’eau. Une cinquantaine de travailleurs seront à l’œuvre jusqu’à mercredi pour remplacer une canalisation en bois de 44 pouces longue de 600 mètres, vieille de plusieurs dizaines d’années.

«C’est une vieille technologie et c’est peu réparable. De l’extérieur, les anneaux d’acier sont rouillés. C’est encore fonctionnel, mais ça fuit. Le problème, c’est de garder l’intégrité. Le tuyau de bois, on ne sait pas combien de temps il peut durer. Il peut faire une semaine, un an, trois ans, on ne sait pas. La diligence raisonnable fait en sorte qu’on fait une intervention actuellement», a lancé André Bérubé, directeur de l’ingénierie WestRock.

Les travaux ont été prévus au moment où la papetière WestRock, qui utilise la même canalisation, interrompt ses activités pour effectuer des travaux à l’usine. Au final, les travaux de remplacement de la section totale, qui part du barrage Wayagamak jusqu’à l’usine, auront coûté 6 millions de dollars et se seront échelonnés sur près de deux ans.

«C’est le dernier bout en bois qu’il reste à faire. À la suite des inspections, on s’est rendu compte qu’il fuyait de plus en plus et il devenait critique. Depuis 2015 qu’on travaille sur le dossier. […] L’année passée, on a tout mis en place ce qui pouvait être fait sans un raccord. Cette année, on procède au raccord final qui est en trois parties», a indiqué M. Bérubé.

On a privilégié la même technologie qui a été utilisée pour le reste du réseau. Le nouveau tuyau sera boulonné et soudé par la suite pour l’ajustement. On a même fait savoir que le tuyau avait été fabriqué exclusivement pour ces travaux.

«Ce n’est pas quelque chose de standard. […] C’est le point le plus critique, où il y a le plus de pression», a noté M. Bérubé.

On estime que la nouvelle conduite aura une durée de vie de minimum 50 ans et qu’elle demandera beaucoup moins d’entretien que l’ancienne structure en bois. Un pont a également été refait dans ce secteur.

«Avec ça, on vient de consolider le réseau d’aqueduc. On va faire de moins en moins d’intervention et de coupure d’eau. […] On a aussi refait un pont. Il a été rehaussé. L’hiver, on avait beaucoup de fuite et donc de glace. On avait des équipes d’entretien qui devait venir régulièrement.»

André Bérubé, directeur de l’ingénierie WestRock.

Il aura fallu plusieurs permis et autorisation aux autorités pour pouvoir procéder à ces travaux situés dans une portion difficile à flan de montage, à proximité d’un pont du CN et entouré de ruisseaux et de lacs.

«On les a tous eus. Il faut faire ça dans les règles. Même pour la démolition, on ne peut pas faire n’importe quoi, il faut se plier aux règles de l’environnement», a indiqué André Bérubé.

L’alimentation en eau potable a été interrompue dans la nuit de lundi à mardi. On prévoit que le service sera de retour en soirée mercredi et la qualité de l’eau sera la même après les travaux.

Les toilettes chimiques sont nombreuses sur le territoire de la municipalité. C’est le cas au CPE La clé des champs.

Quelque 130 toilettes chimiques ont été installées un peu partout sur le territoire de la municipalité. Cinq citernes, contenant chacune 30 000 litres d’eau, ont été placées à des endroits stratégiques, notamment près des écoles et du centre hospitalier, pour que les citoyens puissent venir s’y ravitailler.

Le service de sécurité incendie travaillera en «mode rural» pendant la durée de l’interruption. En cas d’incendie, un camion fera la navette entre une piscine et le lieu de l’incendie pour acheminer de l’eau.

La Ville a également demandé aux résidents de remplir leur baignoire d’eau pour pouvoir continuer à utiliser leur toilette en versant de l’eau dans la cuvette.

Chaque foyer devrait également avoir des réserves de quatre litres d’eau pour chaque personne habitant sur place.

Dès le moment où l’eau recommencera à s’écouler dans les robinets, un avis d’ébullition sera en vigueur pour quelques heures.

Avec la Presse canadienne