Les passagers étaient nombreux ce week-end à l'aéroport de Fort Lauderdale à tenter de trouver un vol de retour à la suite de la tuerie de vendredi.

Un retour au pays compliqué

Les nombreuses annulations de vols dans la foulée de la tuerie de l'aéroport de Fort Lauderdale vendredi ont compliqué le retour au pays de plusieurs Québécois ce week-end.
Présents à quelques centaines de mètres de l'endroit où a eu lieu la fusillade de vendredi, Pierre Regis et ses proches ont finalement trouvé un vol de retour dimanche. Mais les choses n'ont pas été simples. 
«Nous avons décidé de partir d'Orlando, parce que c'était trop la cohue et le cahot samedi à l'aéroport de Fort Lauderdale», explique au bout du fil Isabelle Guy, la conjointe de Pierre Regis. «Pour essayer de réserver un vol, c'était des heures interminables d'attente en file. [...] Il y avait du monde partout assis à terre. Les compagnies aériennes donnaient des beignes et de la pizza aux passagers. Nous étions avec nos deux enfants et la mère de mon conjoint, ce n'était pas évident attendre quatre ou cinq heures en ligne.»
Une fois les billets d'avion réservés avec la compagnie Spirit pour le samedi en destination de l'aéroport de Latrobe en Pennsylvanie d'où elle était partie, la petite famille de Shawinigan a loué une voiture afin de se rendre à l'aéroport d'Orlando situé à près de trois heures de route de Fort Lauderdale. Malheureusement, ce vol a également été annulé, les forçant à trouver un autre vol de retour. Lorsque Le Nouvelliste s'est entretenu avec Mme Guy en après-midi dimanche sur la route vers Orlando, tout indiquait qu'elle et sa famille pourraient enfin décoller de la Floride. «Aux dernières nouvelles, notre vol est prévu à l'heure pour dimanche soir. On espère pouvoir le prendre», indique Mme Guy. «J'imagine que ça sera moins la cohue.»
Malheureusement, ces changements de plans entraînent des frais pour cette famille de Shawinigan. «Pour avoir droit à un remboursement à la suite de l'attentat, nous devions attendre à l'aéroport et être enregistrés à nouveau par la compagnie à l'aéroport», explique Isabelle Guy. 
Il n'y a pas que les nombreux passagers qui attendaient de se trouver un nouveau vol qui attiraient le regard ce week-end à l'aéroport de Fort Lauderdale. Isabelle Guy souligne que les forces de l'ordre sont bien plus présentes et visibles. «On voyait quatre ou cinq fois plus de policiers. Mais les gens étaient calmes», précise-t-elle.
La Trifluvienne Louise Massicotte a aussi dû faire des pieds et des mains pour dénicher un billet de retour vers l'aéroport de Plattsburgh, d'où elle était partie avec son conjoint. À l'origine, ils devaient revenir la journée de la tragédie. 
«Beaucoup de Québécois passent par Plattsburgh, comme nous. Mais seulement deux compagnies aériennes offrent des vols vers Fort Lauderdale. Ça nous a donc pris plusieurs heures pour communiquer avec Spirit. On nous offrait toutefois de revenir seulement le 12 janvier», explique Mme Massicotte. «C'est un peu tard, car mon conjoint recommençait à travailler dimanche et moi lundi.»  
Devant ces délais, le couple a demandé un remboursement, ce qu'il a obtenu. Ils ont alors trouvé par eux-mêmes une façon de rentrer au pays. «Nous étions laissés à nous-mêmes à partir de ce moment», précise-t-elle.
La meilleure option qui s'offrait à eux était un trajet incluant deux escales, Charlotte et Boston, et trois compagnies aériennes différentes pour finalement arriver, si tout va bien, à Trois-Rivières lundi soir.
«C'était très compliqué. Nous aurions pu prendre un vol avec Air Canada le lendemain matin, mais à 1500 $ le billet. Et nous aurions dû revenir jusqu'à Plattsburgh pour récupérer la voiture», note Louise Massicotte. «On a trouvé d'autres billets, mais lorsqu'on cliquait pour les acheter, les prix avaient changé. Je ne sais pas si des compagnies aériennes ont profité de l'occasion pour monter les prix.»        
Pierre Regis et ses proches, dont ses deux fils qui l'entourent sur cette photo, ont vécu la tuerie de l'aéroport de Fort Lauderdale de près.
La poussière retombe
Près de 48 heures après les tragiques événements qui ont coûté la vie à cinq personnes, la famille de Pierre Regis et d'Isabelle Guy se remet de ses émotions. Les deux jeunes enfants du couple posent inévitablement des questions auxquelles il est difficile de répondre pour un parent. 
«Nous tentons de vulgariser. Nous sommes tous les deux enseignants, alors on les fait parler», avoue Mme Guy. «On est même capable d'en rire aujourd'hui. Nous sommes capables d'en parler et de dire que c'est un événement isolé, que c'était un homme qui n'était pas bien dans sa tête.»
Lors de l'évacuation du terminal, un des enfants du couple avait été séparé du reste de sa famille. Sa mère note que toute la famille se remet de cette mésaventure. «Des gens se sont précipités pour nous dire de nous mettre au sol et de sortir, alors notre fils a pris la première porte et il est sorti. Il y avait tellement de monde qu'on se faisait un peu piler dessus, avec des gens qui rampaient partout. Je criais pour le retrouver, mais il était déjà sorti», se souvient Isabelle Guy. «Mais lui, il était fier de son geste. Il n'a pas eu peur de nous perdre, il savait qu'il allait nous retrouver dehors.»
Se serrant les coudes dans ces moments de terreur, plusieurs autres passagers ont aidé à retrouver l'enfant. «Les gens ont vraiment été sympathiques. Ils ont même applaudi lorsqu'un homme est arrivé avec mon fils dans ses bras. Nous avons été témoins de beaux gestes de solidarité», affirme la mère de famille.