Le stade Fernand-Bédard de Trois-Rivières, aujourd’hui le stade Stéréo Plus, avait accueilli la cérémonie d’ouverture de la finale des Jeux du Québec d’hiver en 1999.

Un retour à Trois-Rivières?

TROIS-RIVIÈRES — Au cours des dix prochains jours, plus de 3700 athlètes convergent vers Thetford pour rivaliser lors de la 53e Finale des Jeux du Québec. Et si Trois-Rivières accueillait à nouveau ce grand rendez-vous de la jeunesse sportive? L’idée commence à faire son chemin dans cette ville qui a présenté les jeux d’hiver en 1999 et ceux d’été en 1975, il y a 19 ans et 43 ans.

«Ça serait une excellente idée», lance sans hésiter le conseiller du district de Saint-Louis-de-France, Michel Cormier, un élu qui a toujours été impliqué au niveau des sports d’hiver. «On devrait commencer à travailler en comité pour penser à quelque chose. [...] C’est sûr que j’ai une préférence pour les sports d’hiver, mais une ou l’autre des finales, ça serait grandiose.»

«Est-ce qu’on serait rendu là? Je crois que ça serait intéressant à regarder», soutient de son côté François Bélisle, le conseiller du district de Pointe-du-Lac et président du groupe de travail Culture, loisirs et vie communautaire.

«On l’a vu avec la finale à Shawinigan en 2012 qui a eu lieu la même année que la Coupe Memorial, ça va souvent chercher la mobilisation citoyenne importante. Ça devient une fierté. [...] Est-ce que ça serait à notre tour? Assurément. Si on postulait, on pourrait sûrement les obtenir.»

Les conseillers des districts de la Madeleine et des Estacades, Sabrina Roy et Pierre-Luc Fortin, sont également ouverts à l’idée de tenir une troisième finale des Jeux du Québec à Trois-Rivières. «Nous avons l’habitude à Trois-Rivières d’accueillir des compétitions d’envergure. Et nous avons le Complexe sportif Alphonse-Desjardins et le colisée en construction qui pourront servir pour les compétitions», souligne Pierre-Luc Fortin.

«Les Jeux du Québec sont toujours porteurs. Ça pourrait être une bonne idée de les accueillir à nouveau», ajoute de son côté, le conseiller du district de Châteaudun, Luc Tremblay.

La dernière finale des Jeux du Québec à Trois-Rivières a eu lieu en 1999. Ces jeux d’hiver avaient été un succès, si bien que l’organisation avait déclaré un surplus de 150 000 $. Ces sommes avaient ensuite été investies dans un fonds pour la promotion d’événements. Bien sûr, les élus trifluviens estiment que la ville ne peut se permettre de perdre de l’argent dans une telle aventure.

«Pour l’instant, ce n’est pas exclu de présenter les jeux, mais ce n’est pas sur les tables à dessin», précise François Bélisle, une information qui a été corroborée par le porte-parole de la Ville de Trois-Rivières, Yvan Toutant.

Même si tous les conseillers municipaux de Trois-Rivières interpellés par Le Nouvelliste se montrent intéressés à l’idée que la cité de Laviolette accueille une finale des Jeux du Québec, la dernière décennie n’était peut-être pas propice à un tel projet. «La Ville a carburé aux projets, avec l’Amphithéâtre Cogeco et le colisée. Il y a une limite à ce qu’une municipalité comme Trois-Rivières réalise de grands projets», affirme François Bélisle. «Les fonctionnaires ont beaucoup été mobilisés ces dernières années aux gros projets. Et nous sommes une ville qui en fait plus que moins à ce niveau.»

Notons qu’il a été impossible de joindre le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, car celui-ci est en vacances. Chose certaine, si jamais Trois-Rivières dépose une candidature, il ne faut pas s’attendre à ce que les Jeux aient lieu avant 2022 ou 2024. Ceux-ci sont déjà décernés jusqu’en 2021.

Mise à jour des infrastructures
La présentation d’une Finale des Jeux du Québec permet à une municipalité de mettre à jour ses infrastructures sportives. Et des subventions sont disponibles pour les villes qui accueillent ces finales. Trois-Rivières aurait bien besoin d’une telle aide pour améliorer certaines installations, comme la piste d’athlétisme située sur les terrains de l’Université du Québec à Trois-Rivières. D’une autre époque, cette piste n’est même plus utilisée pour l’entraînement, tellement elle est désuète et jugée dangereuse.

«On en profite toujours avec les subventions pour parfaire nos installations, comme en athlétisme», souligne François Bélisle, une vision partagée par le conseiller Luc Tremblay.

«C’est sûr que ça pourrait être intéressant de profiter des programmes qui sont offerts aux municipalités qui accueillent les finales des Jeux», ajoute M. Tremblay.

Plutôt ouvert à l’idée, le conseiller du district des Rivières, Claude Ferron, considère toutefois que les infrastructures sportives doivent ensuite servir à la population. «Je suis bien prêt à investir pour les infrastructures, mais il faut que tout le monde puisse ensuite en bénéficier. Il ne faut pas trop s’emballer, c’est un événement ponctuel», note M. Ferron qui se demande aussi si la finale pourrait être partagée entre quelques municipalités de la région, ce qui se produit occasionnellement. «On pourrait inclure Shawinigan ou encore Nicolet dans le projet. Un partenariat pourrait être intéressant pour que la région rayonne, plutôt qu’uniquement la ville.»

Les impacts sur la jeunesse
Le conseiller Michel Cormier estime pour sa part que les Jeux du Québec sont «une expérience extraordinaire» pour les jeunes athlètes qui y participent et les centaines de bénévoles, dont plusieurs sont des adolescents ou de jeunes adultes. «Ils vivent en communauté avec des jeunes de partout au Québec. Ce sont de magnifiques expériences», note-t-il. «J’aurais aimé ça y participer à l’époque, mais je n’ai pas eu cette chance.»

Pour sa part, le conseiller du district de La-Vérendrye, Dany Carpentier, est d’avis que les Jeux du Québec sont une formidable organisation et que ses bénéfices sur la jeunesse sont indéniables. «Il y a beaucoup d’impacts positifs pour la jeunesse et l’élite sportive, mais il y a beaucoup d’impacts financiers. On doit voir si ça concorde avec les priorités de la Ville», affirme-t-il.