À quoi ressemblera le retour à l’école pour les élèves du primaire? Une question que se posent bien des parents, des professeurs, et même des élèves, dont Annabelle Gervais, finissante de 6e année à l’école Sainte-Bernadette dans le secteur Cap-de-la-Madeleine.
À quoi ressemblera le retour à l’école pour les élèves du primaire? Une question que se posent bien des parents, des professeurs, et même des élèves, dont Annabelle Gervais, finissante de 6e année à l’école Sainte-Bernadette dans le secteur Cap-de-la-Madeleine.

Un retour à l’école qui soulève de nombreuses questions

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Il n’y a probablement qu’une seule chose sur laquelle peut s’entendre l’ensemble du réseau scolaire régional à l’heure actuelle, c’est qu’il y aura du pain sur la planche au cours des deux prochaines semaines afin de tout préparer pour accueillir les élèves du préscolaire et du primaire dans l’ensemble des établissements.

Pendant que les commissions scolaires se retroussent les manches et planifient à la vitesse de l’éclair une réouverture qui devra être efficace et sécuritaire, les syndicats des enseignants se demandent comment le ministère de l’Éducation a pu procéder à une annonce de la sorte sans avoir si peu de réponses à fournir aux nombreuses questions du personnel.

«Est-ce qu’il y en a un plan? Ou s’il n’y en a pas? Je suis franchement déçue pour les enseignants», considère la présidente du Syndicat de l’enseignement des Vieilles Forges, Claudia Cousin. Alors que Mme Cousin énumérait, la semaine dernière, les nombreux questionnements soulevés par plusieurs membres, elle ne pouvait que constater, lundi, que la plupart des craintes ne pourraient pas encore être calmées.

«En termes de santé et sécurité au travail, on ne peut pas dire qu’on nous a donné beaucoup de réponses. Et je me demande encore comment ils peuvent penser que la règle du deux mètres de distance va pouvoir s’appliquer. Nous allons bien sûr nous asseoir avec la commission scolaire et travailler avec eux pour voir comment tout ça va s’opérer. Mais dans les faits, je ne peux pas dire qu’on aura reçu grand-chose du ministère», considère Mme Cousin.

Le directeur de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, Luc Galvani, indiquait lundi être déjà à pied d’œuvre avec l’ensemble des gestionnaires afin de préparer cette rentrée peu ordinaire, et disait veiller à ce que tout se fasse de la façon la plus optimale possible.

«Rapidement, nous allons interpeller les parents sur leurs intentions afin de pouvoir mieux évaluer nos enjeux d’aménagement», mentionne le directeur général, spécifiant que quelques scénarios avaient déjà été élaborés et qu’ils serviront de base de travail, avec toujours en tête la santé et la sécurité des élèves et du personnel.

Au Centre-de-la-Mauricie, la Commission scolaire de l’Énergie planche elle aussi sur divers scénarios, qui pourraient se traduire notamment par l’utilisation de locaux supplémentaires dans des écoles secondaires, par exemple, s’il fallait que certains groupes posent problème au niveau de la distanciation sociale. Quoi qu’il en soit, le directeur général Denis Lemaire était catégorique: tous les élèves qui voudront revenir auront la possibilité de le faire, et ce, dans le respect des normes édictées par Québec.

«Nous allons rapidement communiquer avec les parents pour que vendredi, on soit déjà en mesure de savoir à quel niveau nous devons nous adapter», signale M. Lemaire, ajoutant que la commission scolaire pourrait faire appel, sur une base volontaire, au personnel des écoles secondaires pour venir prêter main-forte dans cette réouverture.

Pour le Syndicat de l’enseignement de la Mauricie, plusieurs questions demeurent toutefois en plan. «Il n’y a pas de balises. On a l’impression que le ministère a lancé dans la cour des commissions scolaires et du personnel la tâche de devoir eux-mêmes mettre en place les nouvelles règles. C’est difficile de savoir vers quoi on s’en va, et plusieurs questions demeurent sans réponse», considère Chantal Légaré, présidente du syndicat, qui se questionne par ailleurs sur la distanciation possible dans des classes contenant 15 élèves, ou encore dans les classes spécialisées où le respect de ce genre de consignes ne sera pas facile pour les élèves ayant besoin d’une attention particulière.

Du côté de la Commission scolaire de la Riveraine, on a préféré attendre un peu avant de commenter le plan du ministère, question de l’étudier davantage.

Pas moins de 11 000 enfants fréquentent le préscolaire ou le primaire dans l’un ou l’autre des 54 bâtiments scolaires de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy. Du côté de la Commission scolaire de l’Énergie, ce nombre est de 5821 élèves répartis dans 35 établissements.