Simon Lemire et Mireille Dugré, propriétaires de l'Épi, buvette de quartier, ont pris la décision de fermer leur salle à manger dès dimanche.
Simon Lemire et Mireille Dugré, propriétaires de l'Épi, buvette de quartier, ont pris la décision de fermer leur salle à manger dès dimanche.

Un restaurant trifluvien ferme sa salle à manger «de façon préventive»

Matthieu Max-Gessler
Matthieu Max-Gessler
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Le restaurant Épi, buvette de quartier a décidé de fermer de manière préventive sa salle à manger, à partir de dimanche. Une décision crève-coeur, alors que les affaires marchaient bien, mais qui semblait nécessaire selon les propriétaires, et qui pourrait bien faire boule de neige.

Le restaurant ne ferme pas complètement ses portes: il sera possible d'y acheter des repas pour emporter. Cette formule permettra à l'entreprise de restreindre ses dépenses, dans un contexte extrêmement changeant, et avec la menace que la région passe au quatrième palier d'alerte mis en place par le gouvernement, ce qui entraînerait de facto la fermeture des salles à manger des restaurants.

«On a pris cette décision en voyant la situation qui s'aggrave et parce qu'on ne sait plus sur quel pied danser. On ne veut pas se faire saigner à blanc, alors on préfère réduire les dépenses, si on veut survivre», explique Simon Lemire, copropriétaire.

Cette décision temporaire des propriétaires n'est d'ailleurs pas justifiée uniquement par l'aspect pécuniaire, mais également dans l'optique de protéger la population de la propagation de la COVID-19, précise M. Lemire.

«Si chacun fait sa part, c'est comme ça qu'on va s'en sortir. On veut montrer que ce n'est pas parce qu'on est en zone orange qu'on ne doit pas faire attention. Ça prend un effort collectif», ajoute-t-il.

M. Lemire et sa partenaire en affaires, Mireille Dugré, indiquent ne pas vouloir être le lieu d'une éclosion, donnant l'exemple du resto-bar Le Shaker, qui a dû fermer ses portes la semaine dernière. Selon eux, même si les recommandations de la santé publique comme l'installation de panneaux de plexiglas entre les tables font en sorte que le restaurant est très sécuritaire, aucun établissement n'est à l'abri de ce genre de situation. Et ils ne souhaitent assurément pas subir la publicité négative que cela entraînerait.

Selon M. Lemire, il ne serait d'ailleurs pas surprenant que d'autres restaurants décident de fermer eux aussi leur salle à manger dans les jours et les semaines qui viennent.

«On est en contact, avec les autres propriétaires de restaurant. J'ai pris le pouls, sur le ''take-out'', et on sait tous que la situation risque de dégénérer dans pas long. Alors oui, ça se discute», indique-t-il.

Outre les conséquences sur le chiffre d'affaires des deux restaurateurs, la décision de fermer la salle à manger implique la mise à pied des deux tiers des employés de l'Épi, buvette de quartier. Des neuf membres du personnel, seuls trois conserveront leur emploi.

Mireille Dugré invite d'ailleurs les Trifluviens à se montrer solidaires des restaurateurs, comme ils l'avaient été au printemps. Il en va selon elle de la survie de tous les restaurants du centre-ville.

«On encourage les gens à soutenir les restaurants et les commerces locaux dans les semaines à venir. Si on ferme, la vitalité du centre-ville va en prendre un sacré coup», prévient-elle.