Un Centre de débordement pour personnes en situation d’itinérance a été aménagé dans les locaux de l’organisme Point de Rue de Trois-Rivières.
Un Centre de débordement pour personnes en situation d’itinérance a été aménagé dans les locaux de l’organisme Point de Rue de Trois-Rivières.

Un refuge temporaire pour les plus démunis

Trois-Rivières — La pandémie affecte toute notre société, des personnes les plus nanties au plus démunies. En raison des mesures de distanciation physique, le Centre Le Havre de Trois-Rivières a dû diminuer sa capacité d’accueil passant de 22 à 17 lits. Le refuge pour personnes sans abri n’arrive plus à répondre à tous les besoins. Afin de venir en aide à ces personnes qui se retrouvent sans refuge, l’organisme Point de Rue de Trois-Rivières & Nicolet-Yamaska a ouvert un centre de débordement.

«La consigne de l’État actuellement c’est de rester chez vous. Mais qu’est-ce qui arrive quand tu n’as pas de chez-vous?», questionne le directeur général et secrétaire de l’organisme Point de Rue, Philippe Malchelosse.

«Déjà 22 lits, ce n’est pas suffisant. Alors c’est sûr que dans le contexte, il y a un manque encore plus important.»

Les deux directeurs généraux de Point de Rue et du Centre Le Havre, Philippe Malchelosse et Danny Lacroix, ont donc réfléchi sur une solution pour pallier ce manque de lits pour les personnes sans abri. Comme le centre de jour de Point de Rue est fermé depuis quelques semaines en raison de la pandémie, l’organisme a décidé d’aménager ses locaux pour accueillir des lits pour les personnes qui ne réussissent pas à avoir une place au Centre Le Havre.

«On a rapidement frappé un mur au niveau des ressources et de la logistique», mentionne Philippe Malchelosse.

Pour que le Centre de débordement devienne réalité, Point de Rue devait trouver des intervenants pour assurer une présence la nuit et dénicher des lits. De plus, il était primordial que le centre de débordement respecte les consignes de la santé publique.

C’est alors que les deux organismes œuvrant auprès des personnes vivant en situation d’itinérance ont demandé de l’aide auprès de la Ville de Trois-Rivières ainsi que du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Le conseil municipal de Trois-Rivières a accordé une aide ponctuelle de 15 000 $ pour la réalisation du centre de débordement en plus de fournir des lits et des séparateurs. Le CIUSSS MCQ fournit de son côté un intervenant et un agent de sécurité pour assurer le bon fonctionnement du centre.

«On voulait être dans les règles de l’art de la santé publique», assure Philippe Malchelosse.

Ouvert depuis le 16 avril dernier, le Centre de débordement accueille des personnes tous les soirs. Pour l’instant, ce centre compte six lits, mais il est possible d’aller jusqu’à douze lits si les besoins sont là.