La députée de Laviolette et ministre responsable de la Mauricie, Julie Boulet, entourée de ses collègues Marc H. Plante (Maskinongé), Jean-Denis Girard (Trois-Rivières) et Pierre Giguère (Saint-Maurice).

Un redécoupage qui passe mal

Résignés, les cinq députés libéraux de la Mauricie acceptent de voir disparaître une circonscription de la région de la nouvelle carte électorale. Certains élus réclament toutefois des ajustements à cette nouvelle proposition du Directeur général des élections du Québec (DGEQ).
Alors qu'ils ont tous pris la parole à l'Assemblée nationale mardi, les députés de la région souhaitent que les communautés ayant des liens naturels, comme les MRC, soient dans les mêmes circonscriptions.
«On se rend au constat qu'il va avoir quatre circonscriptions dans la Mauricie. Nous avons apporté les arguments, mais ça n'a pas fonctionné à deux reprises», affirme Pierre Giguère, le député de Saint-Maurice, une circonscription dont le territoire serait fusionné aux circonscriptions avoisinantes. 
De son côté, la députée de Laviolette et ministre du Tourisme, Julie Boulet, estime que la bataille pour le maintien de cinq circonscriptions dans la région est «très difficile». 
«Ça fait deux ans qu'on défend le cinquième député, mais sans succès», précise de son côté Marc H. Plante, député de Maskinongé et chef du caucus libéral de la Mauricie. «Si on fait le débat sur la question de la démographie, on ne gagnera pas.» 
Julie Boulet a plaidé en chambre mardi à l'occasion du débat sur le redécoupage de la carte électorale en faveur du maintien à l'intérieur des mêmes circonscriptions des communautés ayant des liens naturels. Elle indique que la MRC de Mékinac devrait être entièrement reliée à la nouvelle circonscription de Laviolette-Saint-Maurice. 
«La division de la MRC de Mékinac est un gros problème. Il s'agit d'une des MRC les plus pauvres du Québec et elle est en décroissance démographique», note en entrevue la ministre qui représente cette population depuis 2001.
«La population de Mékinac n'a rien en commun avec celle du Cap-de-la-Madeleine. Pourtant, Saint-Tite se retrouverait dans la circonscription de Champlain. Il y a de l'incohérence. [...] C'est un calcul purement mathématique.»
Pierre Giguère indique que le DGE doit penser aux populations dans le redécoupage de la carte électorale. Il note que les réactions sont vives à Notre-Dame-du-Mont-Carmel. Malgré un lien naturel avec Shawinigan, cette municipalité va se retrouver dans la circonscription de Trois-Rivières.
«Une résolution a même été faite au conseil municipal de Mont-Carmel demandant soit de rester avec Shawinigan dans la même circonscription ou dans Champlain», souligne Pierre Giguère. 
«Ça n'a pas de bon sens de séparer la MRC de Mékinac et de mettre Notre-Dame-du-Mont-Carmel dans Trois-Rivières», soutient Marc H. Plante. «Si on veut agrandir la circonscription de Trois-Rivières, il y a de la place à l'est ou à l'ouest.» 
Par ailleurs, le conseil municipal de Shawinigan a adopté une résolution mardi concernant le redécoupage de la carte électorale. Si les élus de Shawinigan sont heureux de la proposition d'inclure tout le territoire de la Ville dans la même circonscription, ceux-ci expriment des réserves quant à la division des MRC, comme celle de Mékinac. Le conseil demande de plus que la Mauricie conserve cinq élus à l'Assemblée nationale. 
La ministre du Tourisme a également évoqué en chambre l'importance de consulter les élus locaux des communautés. Elle dénonce vivement que ceux-ci n'aient pas pu s'exprimer sur la question. Rappelons que des maires de la région ont appris la nouvelle du redécoupage de la carte électorale par les médias. «C'est inacceptable dans un régime démocratique. Il s'agit d'un manque de respect envers les représentants des communautés», croit Julie Boulet. 
Même si la circonscription de Saint-Maurice disparaît - la nouvelle entité Laviolette-Saint-Maurice conservera toutefois le nom -, l'actuel député de cette circonscription ne croit pas que cela sonne le glas de sa carrière politique. Il aime son travail et croit que beaucoup d'eau peut couler sous les ponts d'ici les prochaines élections. «Ma décision n'est pas prise. Si j'ai affaire à traverser la rivière, je vais le faire en temps et lieu», avoue Pierre Giguère.
QS opte pour les voies législatives et judiciaires
Québec solidaire (QS) a mis les bouchées doubles, mardi, en optant à la fois pour le dépôt d'un projet de loi et d'une poursuite judiciaire afin d'empêcher la disparition de la circonscription montréalaise de la députée Manon Massé.
Mme Massé a commencé sa journée en allant porter au Directeur général des élections (DGE), Pierre Reid, une pétition signée par 14 000 personnes qui réclament de nouvelles consultations publiques.
Après sa rencontre avec M. Reid, la députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques s'est montrée encouragée par son ouverture.
Inscrit au feuilleton de l'Assemblée nationale en prévision de son dépôt, le projet de loi de QS, dont le contenu est inconnu, s'intitule «Loi concernant la suspension du processus de délimitation des circonscriptions électorales».
Avec ce texte, qui pour être adopté devra recevoir l'appui d'une majorité de parlementaires, les deux députés de QS souhaitent freiner le processus qui doit consacrer dans dix jours la disparition de Sainte-Marie-Saint-Jacques et de Westmount-Saint-Louis, qui doit donner naissance à un nouveau comté, Ville-Marie, à Montréal.
QS souhaite ensuite écrire un autre projet de loi, en collaboration avec les autres partis, qui préciserait de nouvelles modalités pour l'adoption d'une carte électorale.
Avec la collaboration de La Presse canadienne