Brian Duval et Émanuelle Després

Un rassemblement pour dénoncer l’intimidation

Ce n’est pas parce que l’Assemblée nationale du Québec a adopté en 2012 une loi visant à prévenir et à combattre l’intimidation à l’école que ce phénomène n’existe plus. À l’heure des réseaux sociaux, les victimes d’intimidation peuvent se faire poursuivre jusque dans l’intimité de leur foyer.

En 2012, Émanuelle Després n’avait que 13 ans et fréquentait l’Académie les Estacades de Trois-Rivières. Elle-même victime d’intimidation, elle avait décidé de lutter contre ce phénomène en mettant sur pied une pétition qui avait amassé 3000 noms et en organisant une marche qui avait rassemblé plus de 200 personnes. 

Lorsque la jeune femme a entendu parler de Brian Duval et de son projet de court-métrage sur l’intimidation, elle l’a rapidement contacté. Ils ont alors décidé ensemble d’organiser un rassemblement et une marche à Trois-Rivières pour dire «non à l’intimidation». 

«Ça s’est amélioré, mais c’est encore difficile. Il y a encore de l’intimidation», soutient Brian Duval. «Si ça ne se fait pas à l’école, ça va se faire dans l’autobus, dans les quartiers ou encore au travail. Il y a encore beaucoup de chemin à faire.» 

«Il y a aussi encore beaucoup cyberintimidation», ajoute de son côté Émanuelle Desprès.

Samedi après-midi, ils ont réuni une vingtaine de personnes pour marcher dans les rues du centre-ville de Trois-Rivières pour rappeler à la population que l’intimidation fait encore et toujours des ravages dans notre société. 

«Nous ne sommes pas beaucoup, mais si on peut sensibiliser pareil des gens, c’est ça l’important. Ce n’est pas le nombre de personnes qui compte, c’est le fait de dénoncer qui est important», précise Émanuelle Després. 

Les deux jeunes se souviennent de leurs expériences d’intimidation alors qu’ils étaient au secondaire. Ils savent à quel point il est difficile de dénoncer ses agresseurs. «Tu as toujours peur qu’il t’arrive de quoi par la suite et que ça soit pire. Mais au contraire, ça permet d’améliorer les choses», avoue Émanuelle Després. 

«Lorsque j’ai fait ma marche et ma pétition en 2012, l’intimidation à mon endroit s’est arrêtée. C’est important de dénoncer et d’en parler.» 

Un court-métrage contre l’intimidation

Brian Duval a également choisi le cinéma pour sensibiliser la population aux dommages insoupçonnés de l’intimidation. Armé d’une caméra, il tournera un court-métrage de fiction sur cette thématique. Les premières scènes devraient d’ailleurs être tournées dans quelques semaines. Inspirée par ce projet, Émanuelle Després s’est jointe à lui pour l’aider. 

«C’est un court-métrage inspiré du réel sur ce qui se passe à l’école et dans les quartiers», précise Brian Duval.