Alain Carrier, maire de Drummondville.
Alain Carrier, maire de Drummondville.

Un rassemblement dans un resto-bar de Saint-Zéphirin fait jaser

Matthieu Max-Gessler
Matthieu Max-Gessler
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Une vidéo montrant les musiciens Rick Hugues et Éric Lapointe lors d’une prestation improvisée dans un resto-bar de Saint-Zéphirin-de-Courval fait jaser, depuis quelques jours. On y voit plusieurs personnes rassemblées sur la terrasse de l’établissement, en train d’écouter les musiciens. Or, aucune d’elles ne porte un masque, et ce, même si elles semblent rapprochées les unes des autres.

La vidéo a fait l’objet d’un article dans Le Journal de Montréal, mercredi matin. Le quotidien affirme cependant qu’elle a depuis été retirée de la Toile.

Parmi les personnes dans l’assistance, on reconnaît notamment le nouveau maire de Drummondville, Alain Carrier, élu par acclamation le 4 septembre. Celui-ci explique qu’il est bel et bien allé dîner au bistro Le St-Zeph, le 12 septembre dernier, dans le cadre d’une balade en moto. Il était accompagné de plusieurs personnes, dont sa conjointe, Éric Lapointe et Rick Hugues.

«On s’est arrêtés pour dîner vers 13h30, on voulait éviter qu’il y ait foule. Mais sur place, il faut dire qu’il y avait quand même du monde malgré tout. On s’est assis à des tables séparées et à un moment, quelqu’un a demandé à Rick Hugues de faire une prestation dehors. Éric Lapointe a chanté sur une des chansons», résume M. Carrier.

Le premier magistrat se défend toutefois d’avoir enfreint les règles de distanciation et les normes sanitaires. Il affirme être resté à plus de trois mètres de distance de l’attroupement. Il affirme également qu’il s’apprêtait à remettre son masque pour quitter le restaurant.

«On a débarqué de nos motos avec nos masques, on s’est rendu à nos tables avec nos masques, on les a seulement enlevés pour manger. Je me suis levé pour mettre mon masque. On me voit me pencher sur la vidéo, c’est parce que j’avais échappé du change et mon masque, je me penchais pour les ramasser.»

M. Carrier assure en outre que les gens rassemblés sur la terrasse respectaient les mesures sanitaires exigées dans les lieux publics.

«De ce que j’ai vu autour de moi, tout le monde respectait les règles. Mais je ne suis pas gardien de sécurité, je n’ai pas fait le tour du terrain», précise-t-il.

Le nouveau maire ajoute qu’il est très conscientisé au respect des mesures sanitaires destinées à freiner la propagation du coronavirus. D’autant plus que le Centre-du-Québec est passé mardi au second palier d’alerte sur quatre (jaune – préalerte).

«Ça me préoccupe. Il faut être encore plus vigilant qu’on l’était. Je crois qu’il y a eu un petit relâchement, mais il faut faire attention», insiste-t-il.

M. Carrier exhorte par ailleurs la population à collaborer avec la santé publique, notamment en allant passer un test de dépistage lorsque celle-ci le leur demande.

L’établissement visité par la santé publique

Le CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec indique pour sa part que son équipe dédiée à la santé au travail s’est rendue au bistro Le St-Zeph, mardi.

«Notre équipe s’est déplacée sur place pour rencontrer l’employeur et les employés, pour s’assurer de la mise en place des mesures sanitaires. Un rapport va être fait et différentes recommandations vont être transmises au propriétaire. On reviendra vérifier plus tard si elles ont été appliquées», indique Julie Michaud, agente d’information au CIUSSS.

Sans préciser la nature de ces recommandations, Mme Michaud indique qu’elles peuvent, par exemple, concerner la distanciation des personnes, l’espacement des tables, les barrières entre clients et employés, l’équipement de protection personnel ou le lavage des mains.

Le CIUSSS n’envisage pas pour l’instant de transmettre le dossier aux autorités policières ou à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).

«Ce sont des démarches graduelles. On a un mandat d’information et d’éducation, au CIUSSS. La CNESST a un pouvoir d’intervention, de même que la Sûreté du Québec, on pourrait leur demander leur collaboration, mais on n’en est pas là. On parle de gradation des actions», affirme Mme Michaud.

Cette dernière ajoute que les personnes se trouvant à ce rassemblement n’ont pas été identifiées, puisqu’aucune d’entre elles n’a été identifiée comme contact significatif avec une personne atteinte de la COVID-19.