Félix Pélissier tient à rappeler au public qu’il n’est pas le seul derrière ce mouvement. Sa grogne est, semble-t-il, partagée par nombre de ses voisins.
Félix Pélissier tient à rappeler au public qu’il n’est pas le seul derrière ce mouvement. Sa grogne est, semble-t-il, partagée par nombre de ses voisins.

Un projet de sablière sème la controverse à Saint-Étienne-des-Grès

Pierrick Pichette
Le Nouvelliste
Saint-Étienne-des-Grès — Un projet de transformation d’une terre agricole en sablière a fait naître la grogne parmi les résidents des 3e et 4e Rangs de Saint-Étienne-des-Grès.

Pour ces citoyens, «qui ont choisi de s’installer dans un milieu éloigné loin des centres urbains», voir apparaître une sablière près de leur domicile représenterait non seulement une perte de tranquillité, mais également une détérioration notable de la beauté des environs.

«On parle ici d’un milieu forestier agricole magnifique, dans lequel on pouvait aller marcher régulièrement. De plus, ce site renferme une grande histoire, qui remonte jusqu’aux Algonquins. Enfin, tous ceux qui choisissent d’habiter ici veulent du calme», a indiqué un des citoyens du troisième rang, Félix Pélissier.

«Une sablière, ça pue, ça fait du bruit, ça fait de la poussière. Ça vient également compliquer la donne des résidents qui ont un puits artésien. C’est toute la nappe phréatique qui serait perturbée. Personne ne veut ça dans sa cour arrière», a-t-il exprimé.

De son côté, la Municipalité se défend en affirmant que l’entrepreneur derrière le projet lui a présenté un document monté dans les règles de l’art. Ainsi, les élus du village ne pourraient légalement rien faire pour empêcher cette sablière d’être construite.

«Vous savez, quand on détermine l’occupation du territoire, le gouvernement donne des orientations, la MRC dessine un schéma d’aménagement et la municipalité, pour sa part, doit établir des règlements qui vont dans le même sens que ces directives. À partir de ce moment, tout projet conforme à ces lois municipales doit être accepté par les élus», a expliqué le maire de Saint-Étienne-des-Grès, Robert Landry.

Une pétition a même été lancée par ce groupe de Stéphanois réticents à l’idée de voir s’installer cette sablière près de leur propriété. Au moment d’écrire ces lignes, quelque 294 citoyens avaient apposé leur signature sur ce document visant à faire avorter le projet.

«Habituellement, je ne me mêle pas de ce genre de dossier. Toutefois, dans ce cas précis, comme ça concernait mon espace de vie, je me suis prononcé. Je n’ai pas vraiment d’objectif en ce qui a trait au nombre de signatures à récolter, mais c’est certain que plus il y en a, mieux c’est. À 300, ça a déjà un certain poids», a spécifié M. Pélissier, instigateur de la pétition.

En plus de cette pétition, les résidents des 3e et 4e Rangs de Saint-Étienne-des-Grès soutiennent s’être fait entendre à de nombreuses reprises lors d’assemblées du conseil, mais ne pas avoir été écoutés convenablement par les élus municipaux.

«Nous avons formé un groupe de quelques habitants des 3e et 4e rangs et nous nous rencontrions une fois toutes les deux semaines. Par la suite, nous avons mandaté une de nos membres afin qu’elle soit notre voix pendant les séances du conseil. Malheureusement, la Municipalité ne nous a fourni que des réponses évasives», a indiqué le résident du 3e Rang.

Le maire nie avoir été consulté

Devant cette problématique, le maire Landry nie complètement avoir reçu la visite de ces citoyens pendant les séances du conseil municipal. Selon ses dires, une seule résidente est allée le confronter afin de faire valoir son opinion sur le projet.

«Ce sont de grosses faussetés. Nous avons été très transparents envers la seule dame qui est venue nous manifester son désaccord face au chemin qu’emprunteraient les véhicules pour se rendre à la sablière. Celle-ci a pu rencontrer le promoteur, qui a fait preuve d’ouverture et a changé l’itinéraire de ses camions. Je trouve bizarre que des citoyens puissent me reprocher de ne pas avoir été transparent. On n’a jamais caché ce projet», assure-t-il.

Se disant soucieux d’être honnête envers ses citoyens, Robert Landry invite cordialement le groupe de citoyens mécontents à lui faire valoir son point de vue au cours de prochaines semaines. Il souligne «qu’il n’est ni contre ni pour le projet, puisque dans la mesure où celui-ci rencontre les règlements, il ne peut rien faire».

À cela, Félix Pélissier rétorque que cette résidente avait bel et bien été envoyée en leur nom et que seule une partie de ses revendications ont été entendues par les élus de son village.

«Elle est allée au moins quatre fois et n’a obtenu que cette concession sur la route, que nous avons appréciée. Toutefois, le reste de nos revendications n’a pas été entendu. [...] Il semblerait qu’envoyer une seule citoyenne n’était pas assez.»

Il est à noter que, même si la municipalité ne bénéficiait pas des pouvoirs nécessaires afin de répondre positivement aux doléances des résidents mécontents, le projet doit encore franchir des étapes avant de se matérialiser. La Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) doit effectivement analyser le dossier et déterminer s’il est justifié de transformer ce territoire agricole en terre d’accueil pour une sablière. Le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques aura lui aussi son mot à dire par la suite.

Au cours des prochains jours, le groupe de citoyens ne compte pas lésiner les efforts dans l’espoir de préserver la quiétude et la beauté du paysage les entourant.

«Nous passerons les prochains jours à faire pression auprès de la CPTAQ afin de faire valoir nos arguments. Puis, nous serons plus nombreux à assister aux prochaines séances du conseil dans le dessein d’y livrer nos points de vue. Il est clair qu’en raison de la pandémie, nous sommes limités dans les actions que l’on peut entreprendre. Le contexte n’est pas idéal pour de plus grands développements», a conclu Félix Pélissier.