Jean-Pierre Larouche a déposé une pétition, au nom de ses voisins, pour s'opposer au projet.

Un projet de sablière avorte à Pointe-du-Lac

Un projet de sablière qui devait voir le jour dans le secteur Pointe-du-Lac a avorté, lundi soir, alors qu'un très grand nombre de citoyens du secteur concerné se sont mobilisés pour faire connaître leur opposition au projet au conseil municipal de Trois-Rivières.
Devant cette opposition citoyenne, le conseil a tout simplement décidé de retirer le projet et de ne pas aller de l'avant dans ce dossier.
Une demande de changement de règlement de zonage avait été faite par un promoteur, dont l'identité n'a pas été dévoilée, afin de pouvoir réaliser ce projet de sablière entre l'aéroport et le rang Saint-Nicolas, mais dont l'accès était prévu par le rang Saint-Charles, le 6e Rang et le 6e Rang Ouest.
La possibilité de voir le trafic lourd augmenter de façon considérable dans ce secteur a notamment eu raison de ce projet, étant l'une des principales préoccupations des citoyens qui se sont présentés à une assemblée publique d'information sur ce changement de zonage.
À cette occasion, une pétition de plus de 90 signatures, soit les utilisateurs du camping Le Corral ainsi que la quasi-totalité des citoyens ayant une résidence sur les trois axes routiers concernés, a été déposée afin de s'opposer au projet.
De plus, de nombreux résidents ont aussi manifesté leur inquiétude quant aux impacts d'un tel projet sur la nappe phréatique et donc la qualité de l'eau potable.
C'est le cas de Jean-Pierre Larouche, qui exploite une ferme maraîchère dans ce secteur et qui craignait pour la rentabilité de son entreprise s'il fallait que la qualité de l'eau soit effectivement touchée. «C'est un cri du coeur qu'on vous lance ce soir», a clamé l'homme, qui a remis la pétition au nom de ses voisins.
De son côté, le propriétaire du camping Le Corral, Pascal Dussault, a rappelé que le 6e Rang Ouest avait été nommé comme l'une des pires routes au Québec, mais qu'elle serait enfin refaite l'an prochain tel qu'annoncé par le conseiller municipal François Bélisle. «On va refaire l'asphalte, mais le trafic lourd ira tout démolir ça peu de temps après. C'est inacceptable», lance celui qui note que de nombreux clients de son camping se plaignent déjà de l'état de la chaussée.
La Ville a reconnu, au cours de sa présentation, que l'établissement d'un tel projet pouvait contenir des dommages collatéraux, ici étant l'augmentation du trafic lourd. À ce sujet, une autre citoyenne, Madeleine Biron, a indiqué ne pas en revenir que la quiétude des citoyens et leur qualité de vie puissent être considérées comme des dommages collatéraux.
Devant plus de cinquante citoyens venus faire entendre leur opposition, et avec le dépôt de la pétition, le conseiller François Bélisle a recommandé que les deux règlements visant à modifier le zonage de ce secteur soient tout simplement enlevés de l'ordre du jour. Le conseil a acquiescé à sa demande.
«Les gens sont arrivés avec leurs arguments et l'assemblée de consultation publique a pris son sens. Je suis là pour suivre ce que les gens vont décider et c'était unanime comme on en voit rarement. Ils ont abordé plein de points qui les préoccupent et que je n'avais moi-même pas vus», indique le conseiller municipal, qui se disait heureux de voir l'ouverture du conseil municipal dans le retrait de ce règlement.
«Les gens ont choisi de rester en campagne avec tous les aléas: les mouches, Internet qui ne rentre pas, des puits. Mais ils ont la paix. C'est un choix qu'ils ont fait. Et là arrive une grosse entreprise qui viendrait tout bouleverser ça. Ils ont le droit d'être contre. On est là pour les écouter et je suis content du soutien du conseil là-dessus», ajoute M. Bélisle, indiquant que le projet en question aurait facilement pu être en opération pour les quarante prochaines années.