Devant: Danielle Lavoie présidente des appartements Libère-toit, Josée Cloutier, directrice générale de La Source et Martine Caron directrice générale du groupe d’entraide Facile d’accès. Derrière : Hélène Drolet, vice-présidente des appartements Libère-toit et Jean Duchesneau, administrateur et conseiller municipal.
Devant: Danielle Lavoie présidente des appartements Libère-toit, Josée Cloutier, directrice générale de La Source et Martine Caron directrice générale du groupe d’entraide Facile d’accès. Derrière : Hélène Drolet, vice-présidente des appartements Libère-toit et Jean Duchesneau, administrateur et conseiller municipal.

Un projet de 9,5 M$ pour des logements supervisés à La Tuque

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
La Tuque — Un projet d’environ 9,5 millions de dollars permettra à des gens ayant une déficience intellectuelle, un trouble du spectre de l’autisme, une déficience physique ou des problèmes de santé mentale d’avoir accès à des logements supervisés. Les organismes l’espèrent depuis déjà plusieurs années dans le milieu latuquois, mais voilà, le rêve deviendra réalité en 2022 alors qu’un nouveau bâtiment devrait faire son apparition au coin des rues Réal et Lacroix.

«Les deux organismes impliqués, on parle de Facile d’accès et de La Source, ont été à même de constater les besoins criants dans la municipalité en ce qui a trait à ces clientèles-là. On a des familles épuisées et vieillissantes, un manque de familles d’accueil, l’absence de logement supervisé, pas de service de répit, le manque de loyer adapté, adéquat et abordable…», souligne Danielle Lavoie présidente des appartements Libère-toit.

L’immeuble à 4 étages sera composé de 32 logements, majoritairement des 3 et demi. Au rez-de-chaussée, on retrouvera les deux organismes communautaires et des aires communes.

«C’est un gros projet. Il fallait respecter les normes à un très haut niveau. Ce seront tous des appartements adaptés», note Mme Lavoie.

On souhaite que ce milieu de vie permette à ces gens de développer leur plein potentiel et leur autonomie, mais aussi que ça facilite leur intégration dans la société.

«Les deux tiers des coûts seront subventionnés par les instances gouvernementales. On a aussi la contribution de Ville de La Tuque. Le tiers sera sous forme de prêts que l’organisme va rembourser sur une période de 35 ans […] Les usagers locataires vont payer seulement 25% de leurs revenus. Ce sont des loyers adéquats, abordables et ça ne changera pas», a insisté Danielle Lavoie.

«Pour certains, c’est le trois quarts de leur argent qui passe pour le logement, et ce ne sont pas les plus beaux logements. Ils ne sont pas tous salubres», fait remarquer Martine Caron, directrice générale du groupe d’entraide Facile d’accès.

Ce qui rend ce projet si unique selon les intervenants, c’est le mélange de clientèle. D’ailleurs, c’est une des premières choses sur laquelle on s’est interrogé.

«Au départ, il y a eu des craintes de mixer les deux clientèles, mais au fil du temps, on s’est aperçu que ce serait très bien. On dit mixer, mais c’est d’habiter dans le même bloc appartement. Nous, on veut trouver des façons de bien cohabiter», souligne Josée Cloutier, directrice générale de La Source - Association de personnes handicapées du Haut Saint-Maurice.

«On va être vraiment novateur. C’est du jamais vu. Ce que l’on voit au Québec, c’est soit un, soit l’autre. […] La réalité du milieu nous obligeait d’avoir une solution novatrice», ajoute-t-elle.

Les clientèles qui vont accéder aux logements devront toutefois répondre à des critères d’accessibilité bien précis.

«Ce n’est pas pour tout le monde. On ne peut pas accueillir de gens avec de très grosses problématiques parce qu’on n’a pas les ressources pour le faire. C’est vraiment des gens qui sont aptes à vivre en appartement qui ont besoin d’un léger soutien, d’un léger accompagnement. Ce sont déjà des gens qui ont des aptitudes», note Mme Lavoie.

On affirme d’ailleurs que depuis qu’on parle davantage du projet, on sent l’enthousiasme et beaucoup d’espoir aussi.

«Dans la clientèle en santé mentale, il y en a déjà pas mal qui sont en appartement. De notre côté c’est différent, on a du travail à faire avant la vie en appartement et on va travailler là-dessus pour les amener vers ça», note Josée Cloutier, directrice générale de La Source.

Les deux organismes vont se retrouver sous le même toit, mais vont quand même conserver leur mission bien distincte.

«On ne mélange pas tout. Mais oui, il va peut-être y avoir des activités communes. On va continuer de collaborer avec nos partenaires aussi […] Les organismes seront encore ouverts à la population aussi», souligne Mme Caron.

Tout n’est pas encore coulé dans le béton, il pourrait peut-être y avoir des unités de transition, un logement pour du répit à certaines familles, etc.

«L’ouverture est là. C’est quand même un bon défi on ne se le cachera pas et on veut faire ça comme il faut», insiste Mme Lavoie.

La première pelletée de terre est attendue pour le printemps 2021 et la livraison du bâtiment à l’été 2022.