La famille et des proches de Lyndia Hamel, décédée à la Maison Carignan en 2016 d'une surdose, souhaitent poursuivre le centre de thérapie fermée.

Un proche de Lyndia Hamel veut poursuivre la Maison Carignan

Trois-Rivières — Un proche de Lyndia Hamel, cette jeune femme décédée d’une surdose à l’intérieur des murs de la Maison Carignan, souhaite poursuivre le centre de thérapie fermée, qui a fait preuve, selon lui, de négligence dans cette affaire.

La famille et des proches de la jeune femme avaient envoyé une mise en demeure à la Maison Carignan, en janvier dernier. Le demandeur, Étienne Fréchette, qui dit agir à titre de mandataire de la famille et des proches de Lyndia Hamel, tient l’organisme pour responsable de sa mort.

Il a récemment reçu une réponse du cabinet d’expertise en sinistre Indemnipro, répondant au nom de la compagnie d’assurances de la Maison Carignan. L’assureur considère que cette dernière n’a aucune responsabilité dans cette affaire.

«Suite à notre enquête, ils considèrent que la responsabilité de leur assuré n’est nullement engagée en regard des dommages que vous avez subis, peut-on lire dans cette lettre, dont Le Nouvelliste a obtenu copie. Par conséquent, nous ne pouvons donner suite à votre demande, toute responsabilité étant déclinée.»

Lyndia Hamel.

Une réponse que M. Fréchette juge inacceptable, voire «indécente».

«La réponse de l’assureur de la Maison Carignan est aussi indécente que la gestion du dossier par Alain Poitras et Pierre Picotte (respectivement directeur général et président du conseil d’administration de la Maison Carignan, NDLR), indique-t-il. J’ai eu plus de considération par mon experte en sinistre lors d’un dégât d’eau.»

M. Fréchette compte donc poursuivre la Maison Carignan, au nom de la famille et des proches de Lyndia Hamel. Il n’a pas indiqué quand la poursuite serait déposée, mais il compte le faire d’ici novembre 2019, pour respecter le délai de prescription de trois ans.

La Maison Carignan a indiqué ne pas pouvoir commenter les éléments liés au dossier de Lyndia Hamel sur la place publique. «À la Maison Carignan, notre unique objectif est de venir en aide aux personnes souffrant de dépendance, a indiqué l’organisme dans un courriel reçu dimanche soir. La Maison Carignan a toujours collaboré aux différentes enquêtes et entend continuer à offrir une telle collaboration.»

Rappelons que Lyndia Hamel est décédée d’une surdose à son retour d’une sortie, dans la nuit du 26 au 27 décembre 2016. Elle avait avoué avoir consommé et les intervenants de la Maison Carignan lui avaient signifié qu’elle devrait retourner en prison pour bris de conditions. Selon des témoins qui se sont exprimés après le dépôt du rapport du coroner, la jeune femme aurait exprimé des idées suicidaires après avoir appris cette nouvelle.

Une enquête publique est toujours en cours, ordonnée par la coroner en chef Me Catherine Rudel-Tessier.