En mai 2017, François Lelièvre, directeur du Service de sécurité incendie et Michel Angers, maire de Shawinigan, répondaient aux questions des journalistes dans le secteur Beaurivage, où un poste de commandement avait été installé pour aider la population à affronter les inondations.

Un printemps dont on se souviendra

SHAWINIGAN — Le Service de sécurité incendie de Shawinigan a été impliqué dans une situation inoubliable, en 2017, au cours de laquelle les pompiers n’ont pourtant pas dû combattre la moindre étincelle. Ils ont vécu de très près les fameuses inondations printanières dans le secteur Beaurivage, un exercice qui leur a surtout permis d’amasser de précieuses informations sur le comportement de la rivière Saint-Maurice pour le futur.

Dans son rapport annuel, le directeur du service, François Lelièvre, souligne brièvement cette participation rassurante à un événement qui aurait pu prendre une tournure bien plus dramatique. D’autres régions ont été beaucoup plus touchées par les inondations que Shawinigan en mai 2017, mais les premières alertes ont retenti au Centre-de-la-Mauricie.

La Ville de Shawinigan et son service de sécurité incendie avaient réagi très rapidement aux appréhensions des riverains, en installant notamment un poste de commandement pendant 18 jours dans le secteur Beaurivage. Des citoyens ont dû absorber les inconvénients de cette situation exceptionnelle, mais en général, les sinistrés s’en sont plutôt bien tirés.

«Après trois semaines, tout était sous contrôle», rappelle M. Lelièvre. «Chez nous, c’était un peu plus spectaculaire en raison de la présence de la rivière Saint-Maurice, de la force du courant. Les gens trouvaient ça gros. Le niveau est resté à un maximum assez longtemps, mais il a créé assez peu de dommages.»

Malgré tout, M. Lelièvre croit que l’installation d’un poste de commandement demeurait justifié dans les circonstances.

«On ne savait pas ce qui s’en venait», rappelle-t-il. «En 2018, quand ça a commencé, nous avions une bonne expérience de l’année précédente. Le printemps de 2017 nous a permis de monter un dossier très technique sur la force du courant, le niveau de la rivière, les résidences plus à risque. Notre poste de commandement nous a permis de nous préparer pour les prochaines années. Ça a été un bon exercice.»

Au bout du compte, la Ville avait estimé à environ 100 000 $ les coûts supplémentaires de ce printemps particulier. D’ailleurs, le poste de commandement n’a pas entraîné une hausse des dépenses du Service de sécurité incendie, qui a terminé son année financière à court de 200 000 $ de son budget de 4,5 millions $.

«Nous avons fait beaucoup d’économies à l’intérieur du service au cours des dernières années en limitant des frais, notamment dans l’entretien des véhicules et des casernes», fait remarquer M. Lelièvre. «Nous avons fermé des casernes et des véhicules ont été retirés de la route. Nous avons des camions-pompe plus petits, moins énergivores. La formation est donnée directement en caserne. Ce sont des économies qui ne paraissent pas à court terme, mais plutôt à long terme.»

Plus d’appels
Pour le reste, le Service de sécurité incendie de Shawinigan a répondu à 750 appels en 2017, une hausse de 6 % par rapport à l’année précédente. M. Lelièvre fait remarquer qu’une partie de cette augmentation s’explique par des alarmes qui auraient pu être évitées.

«Lorsque la cuisson fait de la fumée et que ça provoque le déclenchement du système d’alarme, est-ce une fausse alarme?», questionne le directeur. «Non, parce qu’elle est causée par la fumée. Par contre, aurait-elle pu être empêchée? Quelqu’un était là, mais lorsque cette personne est venue pour désactiver son système d’alarme, elle n’en venait pas à bout, elle ne connaissait pas son code, elle tentait d’appeler au poste pour annuler l’alarme mais elle n’avait pas la ligne parce qu’elle était engagée par le système... Dans notre programme de prévention en 2017 et en 2018, nous avons commencé à rencontrer les gens sur le fonctionnement de leur système d’alarme.»

Les pompiers de Shawinigan sont intervenus sur 60 incendies l’an dernier, qui ont entraîné des pertes de 2,2 millions $. Il s’agit d’une hausse importante par rapport aux dommages de 1,2 million $ enregistrés en 2016, une année exceptionnellement clémente en terme de dégâts matériels. Une fois de plus, les bâtiments résidentiels constituent la plus importante partie des interventions. Quarante-trois des soixante incendies combattus par les pompiers de Shawinigan impliquaient ce type d’immeuble, où des pertes de près de 1,6 million $ ont été subies.

Le service est également intervenu à 134 reprises lors d’accidents de la route, un nombre toujours en progression. Les pompiers ont aussi participé à 28 opérations de sauvetage ou d’assistance, le double par rapport à 2016. Enfin, pour boucler la boucle en sécurité civile, notons que le Service de sécurité incendie de Shawinigan a été appelé à cinq reprises pour des glissements de terrain l’an dernier.

En 2018, le dépôt d’un nouveau schéma de couverture de risque à l’automne et la négociation sur le renouvellement de la convention collective font partie des priorités. Par ailleurs, en assemblée publique le 10 juillet, le conseil municipal de Shawinigan a annoncé la signature de nouvelles ententes intermunicipales d’entraide sur la sécurité incendie avec Saint-Étienne-des-Grès, Notre-Dame-du-Mont-Carmel, Saint-Mathieu-du-Parc, Saint-Narcisse, Saint-Tite et la Régie intermunicipale des incendies de la Vallée-du-Saint-Maurice.