Nadia Lafrenière de l’UQAM et Michelle Carolle de l’UQTR ont animé cette portion du camp mathématique.

Un premier camp de mathématiques à Trois-Rivières

TROIS-RIVIÈRES — Le centre-ville de Trois-Rivières a vu défiler un groupe de 26 jeunes en provenance de différents collèges du Québec, mercredi avant-midi. Encadrés par une étudiante au baccalauréat en mathématiques de l’UQTR, Michelle Carolle et par une doctorante en math de l’UQAM, Nadia Lafrenière, ces jeunes ont jeté un regard absolument unique sur la ville en la découvrant sous l’angle des mathématiques.

Comment peut-on mesurer la hauteur du Flambeau, au centre-ville, sans utiliser une corde ou un ruban à mesurer du sol au sommet? Comment mesurer la longueur précise de la rive du fleuve Saint-Laurent alors que, du haut des airs, elle n’est pas en ligne droite parfaite? Voilà quelques exemples d’activités proposées à ces jeunes participants au camp mathématique organisé par l’Association mathématique du Québec. Pour la première fois, cette année, il était organisé par l’UQTR, du 2 au 8 juin, par les professeurs Alain Goupil, Nadia Ghazzali et Fathallah Nouboud du département de mathématiques et d’informatique.

Premier arrêt, l’hôtel de ville de Trois-Rivières où les jeunes découvrent les liens entre la poésie que l’on voit affichée sur les murs et les maths qui se cachent dans les vers.

Puis, les animateurs demandent aux jeunes de résoudre un crime. Un homme a en effet été assassiné par une femme qui lui a rendu visite deux fois au cours de la journée. Or, huit femmes sont allées voir cet homme, le jour de son meurtre et toutes affirment n’y être allées qu’une fois. Comment trouver la meurtrière? Voilà une enquête sur mesure pour le célèbre inspecteur et scientifique Murdoch de la télésérie... ou encore pour les plus brillants étudiants collégiens en mathématiques du Québec recrutés pour ce camp.

L’énigme peut être résolue par raisonnement, mais derrière ce raisonnement, il y a un théorème mathématique, indiquent les animatrices.

«Ici, on espère qu’ils vont utiliser la théorie des graphes», explique Michelle Carolle. «Un graphe ressemble à un dessin d’enfant. Ce sont des points reliés par des lignes et ça encode de l’information», explique-t-elle. On voit souvent cette théorie appliquée dans les séries policières lorsque, sur un immense tableau, on relie par des bouts de cordes les photos de divers individus liés de près ou de loin à un crime. «Un graphe d’intervalles, par exemple, permet de relier chaque personne à une durée de temps ininterrompue», dit-elle.

Au cours de leur visite de deux heures, les étudiants ont pu appliquer des notions de trigonométrie pour mesurer le Flambeau. Le concept des fractales, lui, a permis d’analyser la forme du littoral trifluvien et même celle des arbres. Les fractales peuvent avoir des usages très pratiques, dans le quotidien, illustre Mme Carolle, notamment pour la construction de murs ayant la propriété de disperser le bruit des autoroutes.

La structure du pont Laviolette a également permis d’étudier les mathématiques dont on se sert pour éviter que les ponts tombent, ajoute-t-elle.

Comme l’explique la professeure Nadia Ghazzali, l’UQTR s’est impliquée, cette année, dans la tenue de ce camp afin de stimuler l’intérêt de la relève pour cette discipline qui a beaucoup plus d’utilité dans notre quotidien qu’on pourrait le croire.