L’ancien ministre libéral, Yvon Picotte, estime que Paul Gérin-Lajoie a transformé le Québec avec sa grande réforme de l’éducation.

«Un phare pour le Québec»

Trois-Rivières — «Paul Gérin-Lajoie était un phare pour le Québec». Ces quelques mots prononcés par l’ancien ministre libéral Yvon Picotte décrivent bien cette figure emblématique du Québec qui s’est éteinte lundi.

Élu député pour la première fois en 1973 comme député libéral dans la circonscription de Maskinongé, Yvon Picotte était enseignant lorsque Paul Gérin-Lajoie instaurait le ministère de l’Éducation. Parallèlement, Yvon Picotte a été président de la jeunesse libérale et côtoyait les ministres du gouvernement de Jean Lesage, dont M. Gérin-Lajoie.

«C’est tout un monument qui nous a quittés. [...] Il était un phare pour le Québec», affirme Yvon Picotte. «Lorsque je suis arrivé dans l’enseignement vers 1965, je me souviens de la grande révolution lorsque le ministère de l’Éducation a été créé.»

L’éducation était d’une importance primordiale pour Paul Gérin-Lajoie, le père de la célèbre dictée qui porte son nom. «Il était un grand serviteur de l’État et un grand penseur», estime Yvon Picotte.

Bien qu’il était ministre d’un gouvernement libéral, Paul Gérin-Lajoie a inspiré de nombreuses générations de politiciens. Sa vision de l’éducation a influencé des gouvernements de tous les horizons. «Il a conseillé bien des ministres de l’Éducation après son retrait de la politique. [...] Il n’était pas partisan, il était là pour faire des révolutions et faire avancer le peuple», précise M. Picotte, l’ancien ministre de la Jeunesse.

«Paul Gérin-Lajoie s’impliquait beaucoup auprès de la jeunesse. C’était très important pour lui. L’Éducation était pour lui son grand défi de vie. À l’époque en 1960, il n’y avait pas grand monde qui allait au secondaire. La scolarité des Québécois était beaucoup plus faible qu’aujourd’hui.»

Plusieurs décennies après son passage en politique, Paul Gérin-Lajoie conservait son immense crédibilité.

«Lorsqu’il parlait ou émettait une idée, il était très écouté... même par les décideurs», précise Yvon Picotte.