La «Plage à Bozo» est très prisée depuis le début de la canicule.
La «Plage à Bozo» est très prisée depuis le début de la canicule.

Un peu d’ordre sur la «Plage à Bozo»

Trois-Rivières — Alors que Bécancour a ordonné mercredi la fermeture de la plage de la Petite Floride, voilà que Trois-Rivières s’apprête à modifier le statut de la «Plage à Bozo» dans le secteur Pointe-du-Lac afin d’y assurer un meilleur contrôle. L’endroit, prisé par bien des citoyens depuis le début de la canicule, est en réalité un terrain privé et changera bientôt de statut pour devenir une aire écologique.

Ce changement de statut devrait au minimum interdire sa fréquentation durant la nuit, indique le conseiller municipal du secteur Pointe-du-Lac, François Bélisle, qui a été grandement interpellé par plusieurs citoyens sur le sujet au cours des derniers jours. Bien que la plage ne soit pas la propriété de la Ville mais fasse l’objet d’un bail signé par l’ancienne municipalité de Pointe-du-Lac, le pouvoir de légiférer de la Ville ne pourrait pas, à l’heure actuelle, lui permettre de fermer la plage, comme l’a fait Bécancour avec la Petite Floride.

Mercredi, une réunion s’est tenue à ce sujet avec la Ville, le ministère des Transports et celui de l’Environnement pour tenter de trouver des solutions à court, moyen et long terme, explique le conseiller, qui s’inquiète de voir certaines personnes ne pas y respecter les mesures de distanciation sociale, en plus de laisser derrière eux des déchets et d’y faire des feux, ce qui est présentement interdit.

«L’objectif, c’est de préserver la beauté de la plage et d’y ramener un peu d’ordre. Présentement, la plage est utilisée par des citoyens et des adeptes de Kite surf qui sont tous très respectueux des règlements et de l’environnement. Mais il y a toujours une minorité de délinquants», constate M. Bélisle.

Plusieurs personnes se donnent rendez-vous à la Plage aux chiens, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine. La Ville surveille la situation de près.

Mardi soir, le conseil municipal entamera les démarches qui permettront de changer le statut de cette plage pour «aire écologique». Un statut qui permettra notamment de réglementer les heures d’accès du public. La Ville installera aussi davantage de poubelles pour permettre aux gens de disposer de leurs déchets.

Par ailleurs, des discussions avec le ministère des Transports ont permis de réfléchir à une zone débarcadère où les gens, notamment les adeptes de Kite surf, pourront s’arrêter momentanément. Les automobilistes seront cependant invités à aller se stationner plus loin pour éviter d’embourber la route à cet endroit.

«Présentement, il y a des patrouilles qui se font tous les jours, mais le pouvoir des policiers se limite aux mesures sanitaires de distanciation sociale imposées par Québec et à l’interdiction d’y faire des feux», résume François Bélisle, qui précise qu’en devenant une aire écologique, la plage aurait les mêmes propriétés qu’un parc, et que la consommation d’alcool y serait interdite.

François Bélisle indique que bien qu’elle fasse son bout de chemin, la Ville a des pouvoirs limités. Le conseiller municipal en appelle au gros bon sens des citoyens. «Chacun doit faire son effort pour respecter les règles de distanciation sociale, et aussi faire en sorte que les lieux demeurent en bon état. Le ministère de l’Environnement proscrit également la baignade à cet endroit en raison de la qualité de l’eau. Alors oui, il y a des patrouilles de policiers qui se font régulièrement, mais chacun doit faire preuve de civisme et se responsabiliser», croit-il.

Du côté du secteur Cap-de-la-Madeleine, la Plage aux chiens, située au bout de la bande riveraine qui borde le boulevard des Estacades, appartient à la Ville et est également très prisée par les baigneurs ces jours-ci. Toutefois, il n’est pas question pour la Ville de fermer l’endroit, du moins pour le moment. «On suit ça de très près et on sait qu’il y a beaucoup de monde qui s’y rend. Il est primordial de respecter les règles de la Santé publique sans quoi, nous pourrions intervenir. Mais pour le moment, nous n’allons pas fermer cet endroit», signale Guillaume Cholette-Janson, porte-parole de la Ville de Trois-Rivières.