François-Philippe Champagne, député de Saint-Maurice - Champlain et ministre du Commerce international, Philippe Nadeau, directeur général du DigiHub et Michel Angers, président du DigiHub et maire de Shawinigan, étaient fiers d’annoncer un partenariat qui fera rayonner la station du numérique au prochain sommet du G7, à La Malbaie.
François-Philippe Champagne, député de Saint-Maurice - Champlain et ministre du Commerce international, Philippe Nadeau, directeur général du DigiHub et Michel Angers, président du DigiHub et maire de Shawinigan, étaient fiers d’annoncer un partenariat qui fera rayonner la station du numérique au prochain sommet du G7, à La Malbaie.

Un peu de Shawinigan dans le prochain G7

Guy Veillette
Guy Veillette
Le Nouvelliste
Shawinigan — Le gouvernement du Canada se servira de l’expertise du DigiHub Shawinigan pour faire rayonner l’innovation numérique provenant des quatre coins du pays lors du prochain sommet du G7, qui sera présenté les 8 et 9 juin dans le comté de Charlevoix.

Cette annonce, qui brûlait les lèvres des intervenants politiques et économiques locaux, a été effectuée lundi matin par le ministre du Commerce international et député de Saint-Maurice — Champlain, François-Philippe Champagne, devant une centaine de personnes réunies au deuxième étage de l’ancienne Wabasso.

Une fébrilité bien particulière enveloppait les murs du DigiHub pour cette occasion. «Même dans mes rêves les plus fous, je n’aurais jamais pensé qu’on serait rendu là aujourd’hui», sourit le maire de Shawinigan, Michel Angers. Ce dernier a même qualifié l’événement de «plus grande annonce à vie à Shawinigan».

MM. Angers et Champagne ont signé une entente de collaboration qui lie Affaires mondiales Canada et le DigiHub jusqu’en décembre 2018. 

Dans le cadre de ce protocole, la station du numérique examinera comment les nouvelles technologies pourront être utilisées durant la présidence canadienne du G7, en 2018. C’est dans ce cadre que le pays recevra le fameux sommet, qui réunira également les leaders de la France, des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’Allemagne, du Japon et de l’Italie au Fairmont Le Manoir Richelieu, à La Malbaie.

Pour M. Champagne, il s’agit d’une occasion unique d’exposer le savoir-faire local aux yeux du monde. «Qui aurait dit, il y a quelques années, qu’on retrouverait ensemble les mots DigiHub, Shawinigan, gouvernement du Canada et G7? Que de chemin parcouru, que de vision pour nous emmener jusqu’ici!»

«C’est tout un accomplissement. Il a fallu voir grand et loin. On parle de 2500 journalistes sur place. Ce sera à nous de faire valoir le savoir-faire canadien en innovation numérique.»

Pour Philippe Nadeau, directeur général du DigiHub, il demeure prématuré de s’avancer sur la façon dont ce mandat se réalisera pendant le sommet du G7. 

«Est-ce que ce sera des kiosques, des immersions? On en discute», glisse-t-il. Une vaste consultation canadienne sur la stratégie de développement du numérique au Canada est également envisagée, de même que la présentation des entreprises les plus innovantes à travers le pays. Une dizaine d’entre elles ont déjà été contactées.

Le ministre n’a pas voulu dévoiler, lundi matin, le budget qui sera réservé à ce mandat. Il souligne que la première étape consistait à annoncer l’engagement des parties. Au cours des prochaines semaines, le DigiHub Shawinigan soumettra des propositions pour réaliser sa mission. Elles devront évidemment être approuvées par Affaires mondiales Canada, qui confirmera ensuite le budget. 

«Il y en aura (des implications financières)», convient M. Champagne. «Il y aura des budgets, mais ce que nous annonçons (pour le moment), c’est l’entente-cadre. C’est le premier pas.»

Sans en dire davantage sur la valeur de cette entente, le ministre convient que tout sera mis en œuvre pour s’assurer la réussite du projet. Il s’agira du sixième sommet du G7 accueilli par le Canada et d’une deuxième présence seulement au Québec, alors qu’Ottawa et Montebello avaient conjointement organisé l’événement en... 1981. «Soyez sans crainte, Shawinigan aura les moyens de ses ambitions», glisse M. Angers.

Origine

Le contact établi au printemps 2016 entre M. Champagne et Alex Benay, alors président et directeur général de la Société des musées de sciences et technologies du Canada, a peut-être semé les premières graines de l’entente dévoilée lundi. 

Le haut fonctionnaire avait alors appris l’existence du DigiHub et son expertise l’avait convaincu d’établir un partenariat. «L’aventure est partie et nous avons prouvé que nous pouvions livrer la marchandise», souligne M. Champagne. «Maintenant, on se donne un défi plus grand.»

En fait, si les termes précis de cette entente ne pouvaient encore être dévoilés lundi, tous les acteurs s’entendent sur la valeur des retombées de cette annonce sur le DigiHub. Des emplois seront créés et le président du conseil d’administration s’attend à ce qu’au moins deux entreprises locales présentent leurs expertises dans le cadre de ce sommet.

M. Nadeau a reçu un concert d’éloges des politiciens présents pour sa vision d’un concept un peu abstrait pour le commun des mortels qui transporte maintenant l’organisation à la table des décideurs du monde. Le ministre a aussi souligné l’acharnement du maire, qui a «donné à Shawinigan les outils pour prospérer à l’ère du numérique»,

«On innove beaucoup, à Shawinigan», se réjouit M. Nadeau. «Les gens verront ce qu’on fait dans nos murs. Ce n’est pas seulement des pieds carrés qu’on loue. On va bientôt lancer le muséolab, où on réinventera le musée du troisième millénaire. On va réinventer aussi la santé connectée à domicile. On est heureux de voir qu’on est un modèle.»

«C’est la concrétisation d’un rêve un peu fou de faire de Shawinigan une grande plate-forme numérique», sourit M. Angers. «Nous sommes reconnus par le gouvernement canadien et bientôt, par le gouvernement québécois. Jamais Shawinigan n’aura eu la chance, dans son histoire, d’avoir cette vitrine mondiale.»