Certains des bénévoles qui ont participé samedi à la corvée de nettoyage du terrain de l'église Sainte-Marie-Madeleine. On reconnaît au centre l'instigatrice de la corvée, la conseillère Sabrina Roy.

Un peu d'amour pour l'église Sainte-Marie-Madeleine

L'église Sainte-Marie-Madeleine a déjà eu meilleure mine. L'ancien bâtiment religieux appartenant aujourd'hui au privé est laissé à l'abandon. Afin de lui redonner un peu de dignité, la conseillère municipale du secteur, Sabrina Roy, a organisé samedi une corvée de nettoyage du terrain de l'église. Une vingtaine de personnes ont répondu à son invitation.
Les bénévoles ont coupé le gazon, ramassé des déchets et des branches mortes en plus de passer un bon coup de balai sur le parvis de l'église fermée. Leur travail a permis de redonner de la beauté au lieu. 
«Les herbes étaient vraiment longues, il y avait des feuilles et de la terre partout. Nous avons même ramassé de vieux meubles laissés ici», explique la conseillère du district du Sanctuaire en précisant que le propriétaire des lieux tondait le gazon les années précédentes, ce qui n'est plus le cas. 
Plusieurs résidents du quartier sont exaspérés de voir le terrain et l'église laissés à l'abandon. L'ancien lieu de culte a d'ailleurs été plusieurs fois la cible d'actes de vandalisme. Plusieurs vitres ont été fracassées et les accès ont été barricadés. La conseillère a reçu plusieurs plaintes de citoyens. 
Sabrina Roy souhaite que cette cure de beauté suscite de l'intérêt chez d'éventuels promoteurs intéressés par les bâtiments ou le site. 
Rappelons que l'église Sainte-Marie-Madeleine a été vendue pour 415 000 $ en 2013 à des promoteurs privés. En 2015, le conseil municipal donnait son aval pour la transformation des lieux en condos. Les travaux devaient commencer l'automne suivant, mais ils n'ont finalement jamais été entrepris.  
Quelques élus de Trois-Rivières étaient sur place pour mettre la main à la pâte, dont le conseiller du district des Estacades, Pierre-Luc Fortin, et son collègue de Marie-de-l'Incarnation, Jean-François Aubin. 
Ce dernier, qui est également candidat à la mairie aux prochaines élections municipales, estime qu'un plan d'action devrait être mis en place pour assurer une meilleure gestion du patrimoine religieux. Jean-François Aubin a encore en tête la saga de l'église Saint-Philippe, une histoire qui aura coûté à la Ville près de 500 000 $. 
«Il faudrait s'asseoir avec le diocèse pour prévoir les choses. Nous pourrions en premier lieu savoir leur plan pour se départir des églises; quelles églises et quand. On peut être partie prenante du contrat pour s'assurer de ne pas être pris avec ça après. Le diocèse fait son possible, mais ça ne fonctionne pas toujours. Il pense qu'il a affaire à des acheteurs de bonne foi, mais qui se retrouvent finalement qui ne savent plus quoi faire avec», déplore M. Aubin. 
«Les églises se dégradent jusqu'à ce que le bâtiment soit saisi pour les taxes impayées. Combien d'églises la Ville va devoir saisir pour les taxes impayées? C'est un non-sens.»