Luc Gervais s’apprête à fonder l’Union démocratique trifluvienne en vue des élections municipales de 2021.
Luc Gervais s’apprête à fonder l’Union démocratique trifluvienne en vue des élections municipales de 2021.

Un parti politique voit le jour à Trois-Rivières

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Ceux qui souhaitaient qu’un parti politique voie le jour à Trois-Rivières seront finalement servis. Le Nouvelliste a en effet appris que l’Union démocratique trifluvienne est sur le point d’être autorisée comme parti politique officiel par Élections Québec, où le nom a été enregistré le 7 février dernier. Un parti fondé par Luc Gervais, un citoyen qui a beaucoup fait parler de lui récemment.

L’idée de fonder un parti politique à Trois-Rivières a refait surface récemment dans l’actualité, avec le lancement d’une pétition par l’artiste Jean Beaulieu, qui souhaitait voir un parti politique se fonder afin de mettre fin à ce qu’il qualifie de «cliques» à l’hôtel de ville. Or, la démarche de Luc Gervais avait été entamée bien avant la sortie publique de M. Beaulieu, assure le président de ce nouveau parti.

«J’ai regardé aller les choses depuis quelques mois, et j’en suis venu à la conclusion que ça ne marche plus. Il y a trop de discorde qui règne. Présentement, peu importe la compétence du maire qui sera élu, il n’aura jamais les coudées franches parce que le problème est au niveau des conseillers. Fonder un parti est la seule façon de mettre fin à tout ça», croit M. Gervais.

Le fondateur de l’Union démocratique trifluvienne confie que le vase a débordé pour lui lorsqu’il a appris que le maire et le conseil municipal avaient relégué aux fonctionnaires la tâche d’étudier la question de l’occupation du nouveau colisée. «Ils forment un comité pour savoir quel est le meilleur choix, alors que la grande majorité de la population réclame la East Coast League», indique celui qui croit que le maire Lamarche n’est pas à l’écoute de la population dans ce dossier.

Luc Gervais dit vouloir assumer la présidence du parti politique, mais ne se lancera pas à la chefferie, et encore moins dans une élection à la mairie en 2021. Il compte toutefois être sur les rangs pour un poste de conseiller municipal, mais ne dévoile pas encore le district où il compte se présenter.

D’ailleurs, M. Gervais souligne que plusieurs personnes l’ont déjà approché afin de faire partie de la formation politique, mais qu’il se garde encore une marge de manœuvre avant d’accepter qui que ce soit. «Pour le moment, je n’accepte personne encore. Je prends les noms et on verra comment les choses vont aller», indique celui qui dit vouloir former un parti qui répondra aux attentes de toutes les classes économiques, lui qui estime que seulement les mieux nantis sont bien servis en ce moment. Il dit par ailleurs attendre un gros nom pour représenter son parti au poste de maire.

Attaques

Connu pour son franc-parler et n’ayant pas l’habitude de mettre des gants blancs dans les dossiers qu’il défend, Luc Gervais s’est exprimé dernièrement dans des lettres ouvertes, notamment en critiquant la conseillère municipale Mariannick Mercure. Cette dernière avait toutefois répliqué, captures d’écrans à l’appui, que M. Gervais avait l’habitude de publier des propos racistes sur les réseaux sociaux. Un fait que le principal intéressé dément complètement.

«Elle s’est servie de passages de publications et les a complètement sortis de leur contexte. C’est faux de dire que je suis raciste» se défend Luc Gervais, qui dit être prêt à débattre de ce point avec quiconque souhaite l’attaquer sur cette position.

Autrefois directeur d’une agence de sécurité, Luc Gervais s’est retiré du marché du travail il y a quelques années pour être père au foyer. Il a depuis multiplié les implications dans la communauté, notamment dans les différentes luttes pour le maintien de l’urgence Cloutier-du Rivage depuis plusieurs années, de même qu’avec le tennis ainsi que dans la saga entourant l’interdiction des moins de 18 ans au Carrefour du Cap du boulevard Sainte-Madeleine, il y a deux ans. Récemment, il s’est positionné en faveur du maintien d’une glace dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, en lien avec la démolition à venir de l’aréna Jean-Guy-Talbot.

Rappelons qu’un parti politique a déjà existé dans l’histoire politique récente de Trois-Rivières, soit Force 3R. Aux élections municipales de 2009, le candidat à la mairie André Carle portait les couleurs de ce parti, mais n’a pas réussi à battre le maire de l’époque Yves Lévesque. En 2013, le parti a présenté le candidat Richard Saint-Germain à la mairie ainsi que dix candidats dans autant de districts, mais aucun n’a réussi à se faire élire. M. Saint-Germain avait pour sa part terminé au cinquième rang de six candidats au poste de maire. Le parti a été dissout à l’automne 2014.