Le mélange des cultures était visible à la fête de Noël de COMSEP, vendredi.

Un Noël multiculturel chez COMSEP

Trois-Rivières — Plus de 300 personnes étaient invitées vendredi à la fête de Noël de COMSEP, au sous-sol de l’église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses, à Trois-Rivières. Une soirée organisée pour les personnes en situation de pauvreté qui n’ont pas forcément la chance d’en vivre une avec leur famille et qui, année après année, reflète davantage le caractère multiculturel de Trois-Rivières.

Québécois «de souche», Irakiens, Syriens, Congolais, Atikamekws: peu importe leur origine et la nation à laquelle ils appartiennent, tous les membres de COMSEP étaient invités à festoyer ensemble à cette fête de Noël. «Pour nous, le volet cohabitation des différentes nations, des différents peuples, c’est super important, souligne Sylvie Tardif, coordonnatrice générale de COMSEP. On travaille fort là-dessus. Les gens ont besoin de se connaître, de connaître leur culture [aux nouveaux arrivants]. Il y a des choses que ces gens ont à apprendre [des Québécois] et que les gens de culture québécoise ont aussi à apprendre des autres cultures. C’est un beau défi.»

Ce mélange ethnique représente bien le nouveau visage de Trois-Rivières, qui a accueilli de nombreux immigrants au fil des années, selon la coordonnatrice générale de COMSEP, Sylvie Tardif.

«Montréal a vécu ça il y a 15-20 ans et nous, on allait dans des rassemblements à Montréal, explique-t-elle. On était là comme observatrices parce qu’on ne vivait pas ça. Mais maintenant, de plus en plus de personnes immigrantes vivent à Trois-Rivières; le tiers de nos membres sont des immigrants.»

Malgré les différences culturelles, Mme Tardif considère que l’intégration des néo-Québécois se passe bien à Trois-Rivières. L’une de ces preuves, selon elle, est la facilité avec laquelle les membres de son organisme franchissent les barrières de la culture, de la religion et de la langue pour se côtoyer lors de diverses activités, comme la fête de Noël.

Une chorale est venue chanter devant les invités de la fête de Noël de COMSEP.

«Toute la soirée, ils vont se côtoyer, être ensemble et ça va bien se passer, illustre-t-elle. C’est ça que je souhaite à la société québécoise: que ces différentes cultures-là vivent bien ensemble et qu’on ait une très belle société. Les gens de ces pays-là ne demandent que ça de s’intégrer à notre communauté. En tout cas, nous on le voit à tous les jours.»

Pas de vacances pour la pauvreté

À leur arrivée à l’église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses, un repas attendait les membres de COMSEP, ainsi que de nombreuses activités. Au cours de la soirée, une chorale est venue chanter pour eux, le père Noël est venu distribuer des cadeaux aux enfants et une trentaine de repas de Noël ont été donnés lors d’un tirage. Le but de la soirée: faire vivre une fête de Noël aux familles et aux personnes à faible revenu qui n’ont pas toutes la chance d’en vivre une à la maison, que ce soit en raison de l’isolement ou du manque de moyens financiers.

«Le plus dur, je crois, c’est pour les parents qui ne sont pas capables de gâter leurs enfants, s’attriste Mme Tardif. Que leurs enfants voient leurs amis avec plein de cadeaux, alors qu’eux n’en ont pas, ou presque pas.»

La pauvreté ne semble d’ailleurs pas en voie de diminuer à Trois-Rivières. Que ce soit à cause des hausses du salaire minimum inférieures à celles du coût de la vie, l’augmentation du prix des aliments - ce sera d’ailleurs le cas des légumes en 2019, selon une étude universitaire - ou encore, la gentrification. Ce phénomène, qui fait que lorsque des ménages plus aisés s’installent dans des quartiers défavorisés la hausse des loyers qui s’ensuit chasse les personnes à faible revenu vers d’autres quartiers, est à l’œuvre dans plusieurs quartiers de Trois-Rivières, notamment dans le quartier Sainte-Cécile, selon Mme Tardif.

«Ça s’accélère. Beaucoup de personnes en situation de pauvreté qui ont déménagé au Cap-de-la-Madeleine à cause de la hausse des loyers viennent ici, maintenant. Quand ça a commencé, il y a quelques années, ma peur était que ça s’étende sur une génération, et c’est ce qui est en train de se faire.»

C’est d’ailleurs l’argument de la fréquentation accrue de l’organisme communautaire par des résidents du secteur de Cap-de-la-Madeleine qui a convaincu la députée de Champlain, Sonia LeBel, de participer financièrement à la fête de Noël, selon Mme Tardif. Mme LeBel a contribué pour 200 $ à l’événement et son homologue de Trois-Rivières, Jean Boulet, pour 500 $.