Yanik Pinard, vice-président du Syndicat du personnel paratechnique des services auxiliaires et de métier (CSN),  et Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (CSN) ont rencontré les médias lundi matin.
Yanik Pinard, vice-président du Syndicat du personnel paratechnique des services auxiliaires et de métier (CSN),  et Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (CSN) ont rencontré les médias lundi matin.

Un mur de blocs de béton devant le bureau de la ministre LeBel

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — La CSN accentue ses moyens de pression afin d’amener le gouvernement du Québec à renouveler les conventions collectives dans le secteur de la santé. C’est la raison pour laquelle des militants ont érigé un mur de blocs de béton devant l’entrée de l’édifice abritant le bureau de la députée Sonia LeBel à Trois-Rivières, une manifestation qui a toutefois entraîné le dépôt d’une plainte à la police pour méfait.

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) a érigé ce mur durant la nuit de dimanche à lundi. Selon les représentants syndicaux, le gouvernement doit réaliser qu’il doit agir rapidement afin d’éviter de «frapper un mur». Il doit donc se présenter de bonne foi à la table des négociations afin de régler ce dossier.

«Le monde est épuisé. Ce n’est pas juste la pandémie qui va mettre à terre le réseau», a déclaré Jeff Begley, président de la FSSS-CSN, lors d’un point de presse tenue lundi matin devant le bureau de la députée de Champlain et présidente du Conseil du trésor.

Selon M. Begley, le réseau de la santé paie pour les 15 ans d’austérité budgétaire et pour la réforme Barrette. Il est conscient que le gouvernement de la Coalition avenir Québec n’est pas au pouvoir depuis toutes ces années, mais c’est ce parti qui est aux commandes et il doit faire quelque chose pour régler la situation. Et la solution passe inévitablement par une décentralisation du pouvoir décisionnel.

«Il y a des efforts qui ont été faits pour les préposés aux bénéficiaires, mais le problème n’est pas réglé. Depuis 2015, on parle d’équité salariale. Arrêtons de centraliser, commençons à parler au monde. Mais on ne sent pas du tout cette volonté», ajoute M. Begley, en soulignant que les conditions salariales doivent être améliorées et en déplorant la surcharge de travail observée au sein du réseau.

Voici une photo du mur de blocs de béton.

Des primes pour tout le monde

Selon Radio-Canada Mauricie, les 650 gestionnaires du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec ont touché près de cinq millions de dollars en primes depuis 2018, dont 1,7 million de dollars depuis les premiers mois de la pandémie de COVID-19. Ces cadres travaillent davantage afin de faire face à la crise actuelle.

Selon Jeff Begley, cette réalité ne fait qu’accentuer la grogne au sein des travailleurs.

«Je suis sûr que les gestionnaires méritent les primes. Mais tout le monde dans la santé les mérite. Les primes COVID, il n’y a pas mieux pour diviser le monde. Certains travailleurs l’ont, d’autres pas.»

Si le gouvernement refuse de bouger, les représentants syndicaux affirment que d’autres moyens de pression seront mis en place par les travailleurs de la santé et des services sociaux. Les syndicats ont d’ailleurs construit des murs de blocs de béton devant le bureau de comté du premier ministre François Legault et devant celui du ministre de la Santé, Christian Dubé, indique Jeff Begley.

Plainte à la police

Cette dernière manifestation syndicale devant le bureau de Mme LeBel a causé des problèmes aux locataires de cet immeuble de la rue Barkoff du secteur Cap-de-la-Madeleine. Ceux-ci n’avaient pas accès à leur lieu de travail, lundi matin, ce qui a forcé le démantèlement du mur de blocs de béton.

Une plainte a d’ailleurs été déposée à la police de Trois-Rivières pour méfait, confirme Michèle Loranger, porte-parole de la police.

«Nous avons reçu l’appel à 7 h 14. La propriétaire de l’édifice a été rencontrée par les policiers. Il y a un rapport qui va être fait et il sera soumis aux enquêtes», déclare l’agente Loranger.

La propriétaire de l’édifice a refusé la demande d’entrevue du Nouvelliste.