Près d’un millier de personnes ont défilé dans les rues du centre-ville de Trois-Rivières lors de la grande marche pour le climat, samedi.

Un millier de Trifluviens marchent pour l’environnement

Trois-Rivières — Près d’un millier de personnes de toutes les tranches d’âge ont marché dans les rues du centre-ville de Trois-Rivières, samedi après-midi, pour réclamer de la part des gouvernements des actions concrètes face aux changements climatiques.

Les organisateurs de la marche, membres du collectif La planète s’invite au parlement, demandaient aux paliers de gouvernements, en particulier à celui de François Legault, de reconnaître l’urgence d’agir face aux changements climatiques, d’établir un plan pour réduire l’émission de gaz à effet de serre (GES) et d’interdire l’exploitation des hydrocarbures.

«On veut qu’ils mettent l’environnement en priorité, on veut qu’ils considèrent et qu’ils endossent l’urgence climatique, a martelé Véronique Houle, coorganisatrice de la Grande marche pour le climat à Trois-Rivières. On veut surtout que les gens se rallient, que la force du peuple se manifeste, parce que les gouvernements, c’est un peu long avant qu’ils prennent l’urgence climatique au sérieux. Un des derniers recours, c’est que le peuple, que l’intelligence collective se réveille et qu’on y aille tous ensemble.»

De telles marches avaient lieu simultanément dans huit autres villes québécoises et à Ottawa. Bien que son message s’adressait à tous les paliers de gouvernement, le collectif visait plus particulièrement le gouvernement la Coalition avenir Québec, qualifié de «parti avec la plus faible crédibilité environnementale» par Valérie Delage, membre du collectif et ex-candidate pour Québec solidaire à Trois-Rivières.

«M. Legault a quand même dit qu’il considérait l’environnement, a nuancé Mme Houle. On sait aussi qu’il prend moins position, c’est vrai, mais tout est possible. On croit qu’ils vont nous écouter et on espère qu’ils vont être draconiens dans les mesures qu’ils vont prendre. C’est ça qu’on veut.»

Le député et ministre responsable de la Mauricie, Jean Boulet, s’est entretenu avec l’une de ses adversaires aux dernières élections, l’ex-candidate de Québec solidaire Valérie Delage, l’une des instigatrices de la Grande marche pour le climat de samedi.

Jean Boulet, député de Trois-Rivières et ministre responsable de la région de la Mauricie, a d’ailleurs fait acte de présence au rassemblement qui a précédé la marche. Il a notamment parlé à son adversaire aux dernières élections, Valérie Delage. Il s’est dit sensible à la cause portée par les marcheurs, sans pour autant endosser leurs revendications face à son parti.

«Je suis venu pour appuyer la marche, a-t-il dit. Je pense que c’est un engagement citoyen important.»

Le député fédéral de Trois-Rivières, Robert Aubin, a pour sa part pris place parmi les marcheurs, de même que des candidats de la région, défaits aux dernières élections, de Québec solidaire (Valérie Delage, François Poisson et Steven Roy Cullen) et du Parti vert du Québec (Adis Simidzija et Stéphanie Dufresne). Plusieurs de ces ex-candidats ont pris la parole lors du rassemblement qui a précédé la manifestation. Celle-ci a démarré au parc Champlain, près de l’hôtel de ville. Le trajet de la marche passait par les rues Royale, des Forges, Notre-Dame Centre et Bonaventure, pour se terminer à son point de départ.

Engagement pour la Déclaration d’urgence climatique

Le conseiller municipal du district du Carmel, Pierre Montreuil, a également pris la parole avant la manifestation. Il s’est engagé à solliciter l’appui du conseil municipal de Trois-Rivières envers la Déclaration d’urgence climatique, déposée par un groupe de citoyens à la séance du conseil municipal le 4 septembre dernier.

«Je vais proposer au conseil d’appuyer la Déclaration, a-t-il promis, sous un tonnerre d’applaudissements. Mais c’est un appui qui devra être suivi par des gestes concrets.»

M. Montreuil a également affirmé qu’il était favorable au bannissement des bouteilles et des sacs de plastique sur le territoire de la ville, mais que les lois actuelles au Québec «rendent difficile» l’adoption d’un tel règlement.

La Ville de Montréal interdit pourtant depuis janvier dernier aux commerçants de vendre ou de distribuer des sacs de plastique mince ou biodégradable. Il s’agit de la première grande ville canadienne à adopter une telle réglementation.

D’autres actions prévues

Avant les marches de samedi, d’autres manifestations sur le thème des changements climatiques et de l’environnement avaient eu lieu dans plusieurs villes du Québec, pendant la campagne électorale. Le collectif La planète s’invite au parlement estime que plus de 15 000 personnes ont participé à ces marches. D’autres actions similaires devraient aussi avoir lieu à Trois-Rivières dans les mois à venir, promet Véronique Houle.

«On va continuer à se rencontrer. Il va y avoir d’autres actions qui vont se préparer, avec des gens qui connaissent le milieu et les enjeux, on va se regrouper. On sait que Trois-Rivières est une ville avec beaucoup de pollution et on veut agir localement», a-t-elle promis.