Martin Massicotte avec son attelage, lors de la course Can-Am Crown, dans le Maine, en 2016.

Un Mauricien veut s’attaquer à l’Iditarod

Saint-Tite — Après avoir participé à deux reprises à la Yukon Quest, une course de plus de 1600 km à travers le Territoire du Yukon et l’Alaska, Martin Massicotte se prépare pour un nouveau défi du même acabit: l’Iditarod, une course de 1600 km également entre Anchorage et Nome, en Alaska.

Véritable passionné de la course en traîneau à chiens, le Saint-Titien se donne un an avant de prendre place sur la ligne de départ de l’Iditarod, en mars 2020. D’ici là, il multiplie les entraînements et les courses, au Canada et aux Etats-Unis. Ces épreuves l’aideront à apprendre à connaître encore davantage ses chiens, leurs forces et leurs limites, la pierre angulaire de toute course.

«Il faut que tu apprennes à comprendre les chiens, souligne-t-il. Chaque chien a ses forces et ses faiblesses et il faut que tu maitrise ça parfaitement. Les chiens apprennent à se reposer et à manger quand c’est le temps, mais toi, tu dois aussi apprendre quel chien aime quelle nourriture, leur rapidité, etc.»

«Le savoir-faire et le soin des chiens, c’est ça qui te permet d’aller loin, ajoute-t-il. L’entraînement, c’est une chose, mais il faut savoir quand rouler, quand arrêter, quand les nourrir, économiser leur énergie au maximum et enlever les tracas des chiens. »

En attendant le grand départ en 2020, le «musher» participera cette saison à quatre courses en janvier, février et mars, Au Minnesota, au Michigan, dans le Maine et au Manitoba, des parcours variant entre 250 et 300 miles (400 à 480 km). «Ce sont des moins grosses courses, mais ça va me permettre de finaliser mon approche», indique-t-il.

Pour venir à bout de l’Iditarod, Martin Massicotte devra également prendre le temps d’étudier le parcours pour savoir comment doser les efforts qu’il demandera à ses chiens, selon la difficulté du terrain. «Il faut étudier la course, les terrains. Je vais voir à quelle vitesse les coureurs courent telle portion de la course. Ça va m’indiquer les difficultés qu’il peut y avoir dans la course, notamment si c’est plus montagneux, et je vais avoir un plan de match.»

Enfin, la logistique à organiser sera cruciale pour espérer venir à bout de la course, notamment pour prévoir la quantité de nourriture à transporter entre les différentes étapes. «C’est ça qui est le plus grand défi, souligne M. Massicotte. Ça fait déjà plusieurs années que je me prépare, notamment en posant des questions aux Québécois qui sont déjà allés là. Il y a beaucoup d’informations à prendre!»

De nombreuses courses à son actif

Pour Martin Massicotte, la course en traîneau à chiens est une longue histoire d’amour. Il a commencé à entraîner ses premiers animaux à l’âge de 8 ans et participe à des compétitions depuis 1994.

«Ce que j’aime le plus là-dedans, c’est l’amour des chiens et de parcourir du territoire, indique-t-il. Et puis le goût des compétitions, c’est d’aller comparer nos différentes méthodes d’entraînement, nos différentes approches.»

Le «musher» saint-titien s’entraîne d’ailleurs à l’occasion avec d’autres coureurs québécois, comme Denis Tremblay, de Saint-Michel-des-Saints. Lorsque rejoint par Le Nouvelliste, Martin Massicotte arrivait justement de chez lui. «Ça fait deux fois qu’on s’entraîne ensemble cette saison, explique-t-il. Normalement, je m’entraîne plus ici (à Saint-Tite), mais c’est le fun de rencontrer des chums, surtout qu’avec Denis, on est pas mal au même niveau. Cette saison, on va se rejoindre dans le Maine pour courir, puis on va monter ensemble au Manitoba.»

Une course moins ardue?

Lors de sa première participation à la Yukon Gold, en 2003, Martin Massicotte avait terminé la course de peine et de misère, avec plusieurs engelures aux doigts, beaucoup de sommeil à rattraper et plusieurs livres en moins. Il avait alors terminé la course en 12 jours et s’était classé septième sur 18 participants. Il avait tenté l’Expérience à nouveau en 2005, mieux préparé, mais avait dû abandonner à cause d’un virus qu’avaient contracté ses chiens.

Si la distance à parcourir est la même pour l’Iditarod et la Yukon Quest, il existe plusieurs différences entre les deux courses. D’abord, la température pourrait être beaucoup plus clémente, puisque l’Iditarod commence au début du mois de mars, soit un mois plus tard que la Yukon Quest. Ensuite, le nombre d’étapes (checkpoints) est plus élevé à l’Iditarod: 24 contre 16 pour la Yukon Quest. Les règlements sont également plus souples pour l’Iditarod: les compétiteurs peuvent notamment utiliser plusieurs traîneaux, en cas de bris, ce que la Yukon Quest ne permet pas.