Un marché public va voir le jour sous les préaux du Musée POP, à Trois-Rivières.

Un marché public va voir le jour à Trois-Rivières

Trois-Rivières — Un marché public va voir le jour à Trois-Rivières dès cet été. Un mariage qui s’annonce festif entre l’agroalimentaire et la culture. Cette union rendue possible grâce au Plan de développement de l’agriculture et de l’agroalimentaire de la Mauricie (PDAAM) et le Musée POP va permettre aux Trifluviens non seulement de s’approvisionner localement en produits frais mais de participer à un véritable happening, tous les jeudis, de 15 h à 18 h, du 27 juin jusqu’au 3 octobre.

De 12 à 15 producteurs vont prendre part à ce marché qui va se tenir sous les préaux du Musée POP. Une nouveauté qui vient assurément combler un besoin puisque mille et un projets ont été proposés concernant un marché public au cours des années sans jamais voir le jour. «C’est depuis les années 90 qu’il n’y a plus de marché public à Trois-Rivières. Il y a eu des tentatives avortées de relance. Alors oui, c’est sûr que je crois qu’il y a vraiment un intérêt autant de la part des producteurs pour mettre en valeur leurs produits que des citoyens pour acheter local à Trois-Rivières. Je pense que c’est une attente des citoyens depuis longtemps», souligne Stéphanie Dufresne, conseillère régionale au développement des marchés publics de la Mauricie pour le PDAAM.

D’ailleurs, les producteurs ne se sont pas fait tirer l’oreille pour prendre part à cette expérience. «Tous les producteurs viennent de la Mauricie. Il y a eu un bon engouement de leur part», se réjouit Mme Dufresne.

Légumes, viande, produits forestiers, micro-pousses, fromagerie, boulangerie, pâtisserie, le marché va offrir toute une diversité de produits. «Une personne va pouvoir y faire son épicerie de la semaine», assure Mme Dufresne.

Mais faire son épicerie au musée? Pour Valérie Therrien, directrice générale du Musée POP, cette alliance est tout à fait naturelle. «L’agroalimentaire et le terroir québécois sont tout à fait liés à la mission du Musée qui est de mettre en valeur la culture populaire du Québec. Le lien avec la bouffe, avec les producteurs locaux est tout à fait là. C’était vraiment intéressant pour nous. Ça fait quelques années qu’on travaille sur ce projet, et là, on a trouvé un partenaire qui a servi de levier pour le mettre en place, pour avoir un contact avec les producteurs et pour la logistique d’un marché public qui n’est pas vraiment dans notre expertise. En nous associant avec le PDAAM, on a pu avoir accès à cette expertise. On est bien content d’accueillir le marché public de Trois-Rivières au Musée POP.»

Le Musée avait d’ailleurs tenté un projet semblable, mais à moindre échelle, l’été dernier, alors que la ferme La Chouette Lapone y tenait un kiosque les jeudis. Une expérience positive qui prend évidemment plus d’ampleur cet été, mais qui sera aussi bonifiée sur le plan culturel. «Évidemment, cette année, on va avoir plus d’offres au niveau agroalimentaire, mais il va y avoir également une offre culturelle. Le Musée va vraiment se positionner dans cette activité-là. On va animer, on va offrir des activités spéciales lors de ces journées pour vraiment créer un happening. On veut créer une expérience d’achat local», affirme Mme Therrien.

La clientèle du centre-ville sera accueillie à bras ouverts. «On veut qu’il y ait une ambiance festive de type 5 à 7 avec de l’animation. Pourquoi le jeudi? Évidemment, tous les Trifluviens sont invités, mais on espère développer la clientèle du centre-ville qui n’est pas nécessairement si bien desservie en agroalimentaire», note Mme Dufresne.

Par ce projet, le musée souhaite rappeler qu’il est plus qu’un bâtiment, c’est aussi un lieu vivant et animé ouvert à la population. «Les préaux sont là. Il faut les animer, les rendre accessibles. Comme institution muséale dans le centre-ville de Trois-Rivières, on veut vraiment s’inscrire comme un milieu de vie. Oui, on fait des expositions, oui on a une collection, oui on a une programmation culturelle et scolaire, mais on veut aussi offrir une offre culturelle qui est directement liée à la population locale. Pour nous, c’est un beau levier parce que ça va nous permettre de faire de l’animation, de créer un happening et de passer nos messages de culture populaire, de culture du quotidien, de fierté québécoise», souligne Mme Therrien.

Le projet de Trois-Rivières fait partie d’un projet global dont l’objectif est de valoriser les produits agroalimentaires de la Mauricie et donc de promouvoir l’ensemble des marchés publics de la région. La Mauricie compte d’ailleurs déjà quatre marchés publics à Yamachiche, Saint-Élie-de-Caxton, Saint-Narcisse et Shawinigan. «Ça s’insère dans un ensemble de marchés. On va tous travailler ensemble pour avoir une offre diversifiée et intéressante pour les gens de la Mauricie en aliments locaux. Ce sont des lieux qu’on souhaite que les gens fréquentent pour s’approvisionner de façon hebdomadaire», explique Mme Dufresne.

L’été dernier, alors qu’elle avait relevé le défi de manger exclusivement local pendant 100 jours, Mme Dufresne a remarqué que souvent les gens vont au supermarché et qu’ils complètent leurs achats en allant au marché public par la suite.

Elle les invite à plutôt faire le contraire. «Il faut penser autrement pour des questions de qualité, de santé, de dynamisme de notre collectivité et au niveau de l’empreinte écologique aussi. C’est l’ensemble de tout ça qui fait la valeur d’un marché public en plus d’être une expérience divertissante pour le citoyen.»