Karine Petitclerc-Lapointe, coordonnatrice de Revitalisation des quartiers Saint-Marc - Christ-Roi.

Un mandat sur des bases fragiles

SHAWINIGAN — Alors que Revitalisation des quartiers Saint-Marc - Christ-Roi tente toujours de se qualifier comme organisme communautaire famille pour assurer sa survie, le gouvernement du Québec lui confie une somme de 150 000 $ sur deux ans pour réaliser un projet intergénérationnel. La coordonnatrice du service de la rue Frigon, Karine Petitclerc-Lapointe, craint que cette bonne nouvelle se transforme en coup d’épée dans l’eau.

La députée de Laviolette - Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, a fait connaître ce mandat mercredi après-midi au nom de sa collègue ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais. Ce montant de 150 000 $ doit servir à «encourager la participation des personnes aînées au développement de leur communauté et à adapter les milieux de vie à leurs besoins, dans le cadre du programme Québec ami des aînés».

Cette mission est confiée à Revitalisation des quartiers Saint-Marc - Christ-Roi, qui avait présenté une demande en ce sens l’an dernier. Or, en novembre, Mme Petitclerc-Lapointe lançait un cri du cœur en demandant au ministère de la Famille l’obtention de la reconnaissance recherchée pour faciliter sa quête de financement. Faute de quoi, l’organisme risque tout simplement de fermer ses portes.

Les discussions en ce sens ont atteint un stade critique, de sorte que la confirmation de ce mandat arrive à un bien drôle de moment.

«J’avais espoir que notre dossier débloque avant», reconnaît Mme Petitclerc-Lapointe. «Le projet ne verra pas le jour si l’organisme ne survit pas. Si nous n’avons pas de fonds de roulement, nous ne serons pas plus avancés.»

Revitalisation des quartiers Saint-Marc - Christ-Roi a déjà réalisé la première phase de ce projet intergénérationnel, qui consiste à mettre en contact des étudiants avec des aînés pour créer des liens. Mme Petitclerc-Lapointe reconnaît les mérites de ce programme, mais la confirmation de ce mandat ne règle pas le problème de fond de financement de l’organisme.

«Le fait que nous ayons déjà réalisé le projet et que notre demande soit à nouveau acceptée démontre que nous sommes crédibles, bien ancrés dans notre milieu», fait-elle remarquer. «Ça a de belles retombées pour les aînés qui vivent un isolement social. C’est un gain, mais il faut qu’il y ait autre chose qui se rattache à ça.»

«Aucun organisme ne peut maintenir des projets s’il n’y a pas de subventions liées à sa mission», ajoute la coordonnatrice. «Je pense qu’on a intérêt à solidifier les bases d’un organisme pour lui permettre d’avoir une autonomie.»

Pour Mme Tardif, il s’agit avant tout d’une annonce intéressante pour la communauté.

«Dans chaque projet, il y a de l’argent pour payer la ressource qui le fait», explique-t-elle. «Ça comprend la rémunération des ressources humaines réservées exclusivement à la réalisation des activités du projet. Bien sûr, à 75 000 $ par année, on ne peut pas engager deux ressources et organiser des activités.»

En fait, cette annonce replace l’organisme dans le même cercle vicieux qui était dénoncé à l’automne, à savoir sa dépendance envers des programmes prévus sur deux ou trois ans, qui n’assurent aucune base de financement récurrente.

«L’argent est disponible», résume Mme Tardif. «Moi, je prendrais cette opportunité. Par rapport aux besoins de Shawinigan, je pense que c’est un beau programme.»

La députée rappelle que la reconnaissance recherchée au ministère de la Famille ne vient avec aucune aide financière, bien qu’elle augmente la notoriété de l’organisme. Mme Petitclerc-Lapointe mentionne d’ailleurs que des bailleurs de fonds n’attendent que ce signal positif du gouvernement pour se manifester.