À la demande de parlementaires à la Chambre des Communes, le directeur parlementaire du budget analyse les coûts de mesures et projets proposés par le gouvernement.

Un mandat pour évaluer les promesses électorales

Trois-Rivières — Nouveau plan environnemental, investissements en infrastructures, élargissement du régime d’assurance médicaments...Les partis politiques fédéraux, qui bombarderont la population de promesses dans les prochaines semaines, peuvent désormais faire appel au Bureau du directeur parlementaire du budget (DPB) afin d’en faire évaluer les coûts de manière indépendante. Cette première au Canada constitue un nouveau défi pour le Trifluvien Yves Giroux, qui occupe le poste de DPB depuis 2018.

Le DPB est un fonctionnaire indépendant qui produit des analyses économiques et financières non partisanes. De plus, à la demande de parlementaires, le DPB analyse les coûts de mesures et projets proposés par le gouvernement.

«Mon rôle, c’est d’informer les parlementaires sur des questions qui touchent les finances publiques et l’économie en général pour que les députés et les sénateurs n’aient pas uniquement comme source d’information le ministère des Finances ou le gouvernement», explique Yves Giroux.

Le Trifluvien Yves Giroux, qui occupe le poste de directeur parlementaire du budget (DPB) depuis 2018, aura la nouvelle responsabilité d’évaluer les coûts de promesses électorales à la demande de partis politiques fédéraux.

Par exemple, le DPB a publié le 13 juin dernier un rapport concernant la taxe carbone et les objectifs d’émission de gaz à effet de serre (GES) du gouvernement fédéral en vertu de l’Accord de Paris. «On a publié des données qui montrent que la taxe sur le carbone va devoir doubler après 2022 pour qu’on puisse atteindre les cibles de Paris», indique M. Giroux.

Une fois les rapports du DPB publiés, le gouvernement n’a aucune obligation de les prendre en compte. «Ce ne sont pas des recommandations, c’est de l’information qu’on donne aux parlementaires», souligne M. Giroux. À la suite de la publication du rapport sur la taxe carbone, la ministre de l’Environnement et du Changement climatique Catherine McKenna a d’ailleurs affirmé que le gouvernement n’augmentera pas la taxe carbone au-delà du prix fixé pour 2022, soit 50 $ la tonne.

Le DPB aurait également pu analyser les coûts d’un projet comme le train à grande fréquence, qui fait couler beaucoup d’encre à Trois-Rivières. «Si, par exemple, un député de la région nous posait la question, c’est le genre de projet qu’on pourrait faire», affirme M. Giroux.

«Les renseignements et les informations qu’on publie servent à informer le débat public», explique le DPB. «Parfois, ça permet de découvrir ou de révéler les vraies intentions du gouvernement, dans d’autres cas, ça confirme que le gouvernement a promis des choses qui sont réalistes et dans d’autres cas, ça montre qu’il y a certaines lacunes dans les promesses gouvernementales».

Un nouveau défi pour le Bureau du DPB

Celui qui a grandi dans le secteur Cap-de-la-Madeleine se verra confier un nouveau mandat qui devrait tenir le Bureau du DPB bien occupé au courant de l’été. C’est que depuis le 24 juin, soit 120 jours avant les prochaines élections fédérales, les partis politiques peuvent faire une demande au Bureau du DPB afin qu’il analyse les coûts et les retombées de certaines promesses électorales.

«C’est la première fois au Canada et un des rares endroits dans le monde où il y a une instance indépendante comme nous qui va pouvoir estimer le coût des promesses électorales», indique M. Giroux. Il affirme qu’une analyse neutre des coûts de mesures annoncées contribue à une meilleure crédibilité des partis politiques.

En Australie, où cette pratique est en place, l’homologue du Bureau du DPB reçoit pas moins de 100 demandes de la part des partis politiques à chaque période préélectorale afin d’évaluer les coûts de leurs promesses.

En plus d’être utilisée en période de questions comme c’est le cas en ce moment, l’information publiée par le DPB pourra donc servir lors des semaines qui précéderont les élections du 21 octobre 2019.

DPB: une surprise pour Yves Giroux

Obtenir le poste de directeur parlementaire du budget ne faisait pas partie du plan de carrière d’Yves Giroux avant qu’on lui suggère de postuler pour l’emploi en 2018. «C’est un peu par accident, parce que j’avais une belle carrière», mentionne celui qui occupait auparavant le poste de sous-ministre adjoint à l’Agence du revenu du Canada.

C’est après un processus de sélection de plusieurs semaines incluant une approbation de la Chambre des communes et une comparution devant le Sénat que le Trifluvien a obtenu le poste de directeur parlementaire du budget.

M. Giroux a étudié à Trois-Rivières à la polyvalente qui porte maintenant le nom Académie les Estacades ainsi qu’au Cégep de Trois-Rivières pour ensuite se tourner vers la métropole pour ses études universitaires en sciences économiques.

Sa carrière au sein de la fonction publique fédérale a commencé en 1995, au sein de laquelle il a gravi les échelons au fil des années.