Alexandre Fréchette, président de l’unité syndicale 1490 de l’Usine Alma membre du syndicat des Métallos.

Un lock-out qui choque jusqu’à Alma

Trois-Rivières — La nouvelle du lock-out à l’A.B.I. de Bécancour a causé des remous dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean reconnue pour ses nombreuses alumineries. Ce nouveau conflit de travail rappelle aux travailleurs de l’Usine Alma de Rio Tinto, entreprise qui détient 25 % de l’A.B.I., le lock-out imposé le 30 décembre 2011 avant même la fin de la convention collective et qui dura plus de six mois.

«C’était un échec dans les négociations. L’enjeu du conflit était surtout l’encadrement de la sous-traitance», se souvient Alexandre Fréchette, président de l’unité syndicale 1490 de l’Usine Alma membre du syndicat des Métallos. «C’est le même employeur. Rio Tinto fait partie de l’A.B.I.»

À ce titre, le président du syndicat des travailleurs de l’usine Alma soutient que ces grandes multinationales «ont des appétits sans fin». «La notion du donnant-donnant est de plus en plus difficile à atteindre», dénonce M. Fréchette. «Les entreprises sont voraces. Et maintenant, l’argent qu’elles sauvent sur les employés et des communautés va à l’extérieur. [...] Chaque dollar qu’on enlève aux travailleurs, il n’est pas dépensé dans la région de la Mauricie.»

En 2011, le conflit avait duré plus de six mois à l’usine Alma. Cette période a été difficile à vivre pour les travailleurs, mais ceux-ci sont restés solidaires, assure Alexandre Fréchette. «Ça se termine toujours à la table de négociations. Mais A.B.I. semble vouloir jouer une petite game. La direction se sent probablement encouragée par les acteurs socio-économiques qui au lieu de supporter les travailleurs semblent excuser la compagnie d’agir ainsi. Parce qu’avec un lock-out, c’est la direction qui se comporte en bum. C’est l’entreprise qui a décidé de casser la table de négociations», précise le représentant syndical. «Même si la décision des travailleurs a été de rejeter les offres, ils ont tout de suite demandé de reprendre les négociations, ce que l’entreprise a refusé.»

Les travailleurs de l’aluminium d’Alma ont «très mal» accueilli la nouvelle de l’imposition d’un lock-out. «L’A.B.I. a décidé de sabrer les conditions de travail juste pour faire plus d’argent. Le marché de l’aluminium est actuellement excellent et les prix sont très bons», note Alexandre Fréchette. «Malgré tout ça, on veut imposer des coupes aux travailleurs. Les travailleurs d’A.B.I. sont nos frères, ils nous ont supportés moralement et financièrement en 2011.»

Maintenant que les rôles sont inversés, le syndicat de l’Usine Alma entend mobiliser les autres travailleurs de l’aluminium du Saguenay-Lac-Saint-Jean pour qu’ils appuient les travailleurs en lock-out de Bécancour. «On va essayer d’aller chercher l’appui de tous ces travailleurs pour faire comprendre aux entreprises qu’il faut retourner à la table de négociations», affirme Alexandre Fréchette.