Un lien essentiel pour bâtir la région

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — «C’est un privilège d’avoir un quotidien régional», estime le maire de Shawinigan, Michel Angers. «Je suis en contact avec énormément de collègues qui sont dans la couronne de Montréal, des villes aussi grosses que la nôtre et qui n’ont aucune espèce de moyen de communiquer avec leurs citoyens autrement que par leur site Internet, Facebook ou un hebdo qui, une fois de temps en temps va leur donner des informations», dit-il.

Grâce au Nouvelliste, ajoute M. Angers, «nous avons la chance chaque jour de pouvoir communiquer avec nos citoyens. C’est un moyen vraiment exceptionnel que nous avons de passer autant les messages politiques que les messages d’information», résume-t-il.

Certes, pour s’informer, il y a aussi la radio et la télé, mais Le Nouvelliste «est un autre type d’offre dans la nouvelle ou le commentaire», analyse Jason Luckerhoff, professeur au département de communication sociale de l’UQTR. «Les quotidiens ont toujours été une occasion d’avoir une information plus détaillée», explique-t-il. «Avec la radio et la télévision, j’apprends un peu ce qui s’est passé dans la journée et après, si je veux fouiller cette nouvelle-là et la comprendre davantage, lire un commentaire nuancé, avoir accès à un article journalistique complet où plusieurs sources sont mentionnées, où l’on ne fait pas que mentionner le quoi et le quand ça s’est passé, c’est souvent à la lecture des journaux» qu’on peut le faire, explique-t-il.

Michel Angers, maire de Shawinigan.

Un quotidien, «c’est primordial pour le développement des régions», souligne-t-il. Il permet «à toute une région de réfléchir, d’adhérer à des projets communs, de se fixer des objectifs. C’est aussi une façon pour les institutions d’aller chercher le pouls de la communauté», explique-t-il.

Jason Luckerhoff, professeur au département de lettres et communication sociale de l’UQTR.

Si l’information écrite livrée par un média comme Le Nouvelliste et les autres journaux de la nouvelle coopérative CN2i devait disparaître subitement, «pour moi, ce serait une catastrophe», estime le professeur Luckerhoff. «C’est une couverture des enjeux et événements régionaux qui disparaîtrait quasiment. Ce n’est pas vrai que les journaux dont les bureaux sont à Québec ou à Montréal vont couvrir de façon adéquate ce qui se passe dans la région», estime-t-il.

«C’est que Le Nouvelliste contribue à donner une voix aux citoyens de la région. Les élus, dans la revue de presse, retrouvent les lettres d’opinion qu’il y a dans Le Nouvelliste, les articles, les éditoriaux et les nouvelles», souligne-t-il.

«Toutes les radios parlées s’abreuvent de ce qui se passe dans Le Nouvelliste le matin», souligne de son côté le maire Angers. «Ça alimente leurs propres chroniques. Donc, ça nous amène des tribunes supplémentaires.»

Pour le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, «un quotidien régional donne une portée aux actions d’une ville et d’une région. Avoir un quotidien chez nous, ça permet ensemble de se bâtir une image ville, une structure d’information ville, même si parfois, il y a un espace critique aussi, mais ça, je trouve que c’est essentiel», estime-t-il.

Jean Lamarche, maire de Trois-Rivières.

Dans sa jeunesse, Jean Lamarche aimait consulter Le Nouvelliste pour voir le résultat des matchs. «Quand on gagnait un tournoi de basket à Montréal, avec le Vert et Or, Claude Mongrain en parlait. Tout ça cultive le sentiment de fierté et d’appartenance à sa ville», dit-il.

Le Nouvelliste, ajoute-t-il, donne également de la visibilité «à des modèles de femmes et d’hommes qui inspirent les jeunes, des héros à hauteur trifluvienne», dit-il. «Ce sont des fibres de solidarité et le quotidien, lui, est le métier à tisser.»

Geneviève Dubois, mairesse de Nicolet et préfète de la MRC de Nicolet-Yamaska.

La mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois, avait comme objectif de redonner une certaine notoriété à sa ville, lors de son élection. On parlait alors peu de Nicolet, dit-elle. «Je trouve que maintenant, on a une belle visibilité avec Le Nouvelliste. On sent que Le Nouvelliste s’intéresse à ce qui se passe chez nous, à nos activités, à nos projets, à nos décisions. L’impact que ça a sur ma communauté, c’est un grand sentiment de fierté», dit-elle. «Souvent, les articles sont repris, sont partagés. Il n’y a pas beaucoup de journées où l’on ne parle pas de Nicolet dans Le Nouvelliste et ça fait plaisir aux citoyens. C’est une tribune exceptionnelle aussi pour qu’on puisse avoir ce dialogue-là entre les élus et les citoyens», estime Mme Dubois.

Michel Angers, de son côté, apprécie de savoir chaque jour ce qui se passe à tous les niveaux, dans la région. «Tout ça nous permet, le matin, de partir armé de l’information nécessaire pour guider notre journée. Souvent, à la lecture du Nouvelliste, le matin, le programme de la journée change», raconte-t-il. «On est exactement comme tous les gouvernements. Dans la revue de presse, on regarde ce qui en est, s’il y a des urgences, des choses qu’il faudra traiter dans la journée même auxquelles on ne s’attendait pas.»