Marcel Thibodeau dénonce l’interdiction de se stationner devant son commerce de novembre à avril.
Marcel Thibodeau dénonce l’interdiction de se stationner devant son commerce de novembre à avril.

Un interdit de stationner mal reçu

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
SAINT-ÉDOUARD-DE-MASKINONGÉ — Marcel Thibodeau, propriétaire du dépanneur-quincaillerie 348 à Saint-Édouard-de-Maskinongé, s’oppose à une nouvelle réglementation qui interdit le stationnement devant son commerce sur un côté de la rue Notre-Dame.

Le ministère des Transports du Québec, à la demande de la Municipalité, a installé l’automne dernier des affiches interdisant le stationnement à toute heure du jour, du 15 novembre au 1er avril. Cette interdiction vise la bordure sud de la route 348. Le commerce, situé au nord de cette route provinciale, affirme constater une réduction de son achalandage.

«Il y a juste nous autres (visés par l’interdiction). Dépassé 100 pieds du dépanneur, on a le droit de se stationner. Les gens ont le droit de se stationner le long de la 348 sur le côté nord (en direction de Saint-Didace), mais les gens (qui se dirigent vers Louiseville) doivent faire le détour pour se stationner devant le dépanneur, le long de la 348, du côté nord de la route. Selon moi, la moitié des gens passent tout droit. L’interdiction, c’est assez pour décourager quelqu’un. Je m’en suis aperçu sur le chiffre d’affaires. Depuis les dernières années, mon chiffre d’affaires en hiver est assez stable. Cette année, de novembre à janvier, le chiffre d’affaires a baissé de 10 %. C’est-tu un adon? La baisse du chiffre d’affaires, c’est à cause de la pancarte. Je ne vois pas autre chose», soutient M. Thibodeau, propriétaire de ce commerce fondé en 1920 par la famille Hamelin.

M. Thibodeau a fait des représentations auprès du conseil municipal pour obtenir au moins un droit de se stationner durant 10 minutes le long de la 348 en direction de Louiseville. Selon lui, les élus ne veulent rien savoir de revenir sur leur décision.

«Le conseil dit non. La Municipalité est supposée aider les commerçants», déclare M. Thibodeau.

Devant la position du conseil, Marcel Thibodeau veut rencontrer le député de Maskinongé, Simon Allaire. Une rencontre est prévue mercredi avec l’équipe du député, selon le commerçant.

Une question de sécurité

Réal Normandin confirme que l’interdiction de se garer à cet endroit est une initiative de la Municipalité auprès du MTQ. Mais selon le maire, la seule raison qui motive le conseil à établir cette interdiction est la sécurité des usagers de la route.

«C’est à cause de la rue qui n’est pas très large. Quand des véhicules sont stationnés de chaque côté de la rue, il y a de la place pour un véhicule (pour circuler). C’est trop serré. L’an passé, un miroir d’un pick-up a été arraché. Un enfant a failli se faire frapper. Je n’attendrai pas que ça arrive. Sinon, on va se faire dire que la Municipalité n’a rien fait», plaide le maire de Saint-Édouard.

Un stationnement limité à 10 minutes serait difficile à appliquer, estime le maire. Ce dernier confirme que le règlement est là pour rester.

«Il n’y a rien d’autre en dessous de tout ça. Quand on a pris cette décision, ça a été fait de bonne foi. Le stationnement sur un côté de rue est suffisant. C’est pour une question de sécurité, pas une question de règlement de compte. Ce n’est pas une question de viser le dépanneur», conclut M. Normandin, en ajoutant que le conseil poursuit ses démarches afin d’allonger la zone ayant une limite de vitesse à 50 km/h.