À la Société protectrice des animaux de la Mauricie, les carcasses des animaux euthanasiés représentent à elles seules pas moins de 32 000 kilos par année.

Un incinérateur pour la SPA de la Mauricie

Après avoir dépensé beaucoup d'énergie, en 2013, pour faire construire son tout nouveau point de service à Shawinigan, la Société protectrice des animaux entend maintenant se consacrer en priorité à la réalisation de son Centre d'excellence en protection, santé et bien-être animal, un projet évalué à 5 millions $ comprenant notamment un parc canin et un incinérateur.
Ce projet vise entre autres une problématique qui devra être réglée d'ici 2020, en l'occurrence la valorisation des matières putrescibles générées par la SPAM. Ces dernières représentent quelques dizaines de milliers de kilos annuellement.
On parle entre autres de litière de granules de bois pour 50 à 100 chats et autres espèces qui séjournent à la SPAM, d'excréments, mais aussi des carcasses des animaux que la SPAM n'a pas le choix d'euthanasier. «On génère par semaine facilement un conteneur de 4 à 6 verges cubes de matières» qui, pour la plupart, pourraient être valorisées, indique le directeur général, Serge Marquis.
Les carcasses des animaux euthanasiés représentent à elles seules pas moins de 32 000 kilos par année, précise-t-il.
«Le gouvernement veut que les municipalités gèrent les matières putrescibles d'ici 2020», dit-il. La SPAM n'y échappera pas.
En ce moment, les matières en question sont acheminées dans une cellule du lieu d'enfouissement technique de Saint-Étienne-des-Grès.
Le projet d'incinérateur représente donc un élément prioritaire du projet de Centre d'excellence de la SPAM, indique M. Marquis.
En 2014, la SPAM espère aussi améliorer sa performance au niveau des adoptions.
L'année 2013 fut en effet décevante à ce chapitre, dit-il, par rapport à 2012 qui avait connu de nettes améliorations.
Bien que le bilan officiel ne soit pas encore terminé, M. Marquis indique que 1421 adoptions ont été réalisées en 2013 contre environ 5000 abandons. Uniquement en décembre 2013, on notait une trentaine d'adoptions de moins que l'année précédente. Il a fallu procéder à plus d'euthanasies que l'année précédente, dit-il.
Moins d'adoptions signifie du même coup moins de revenus, non seulement de vente d'animaux, mais aussi de vente d'accessoires comme des bols,colliers, laisses, nourriture et jouets.
M. Marquis indique que l'année 2013 se solde aussi par un taux de perception pour les médailles inférieur à l'année précédente, ce qui implique des frais de poste supplémentaires pour les rappels et quelque 85 000 $ en comptes impayés. La SPAM doit donc continuer de faire affaires avec une agence de recouvrement comme c'est le cas depuis le début du programme de licences.
La SPAM est malgré tout persuadée du bien-fondé de son programme et amorce l'année 2014 avec la volonté de réaliser ses nombreux projets. Sa vétérinaire, le Dre Anne Marsan, a récemment reçu une formation spécialisée en stérilisation des lapines, comme quoi on s'efforce de venir en aide à toutes les espèces domestiquées qui aboutissent au refuge.
D'ailleurs, en 2013, la SPAM a reçu un nombre beaucoup plus élevé de lapins par rapport aux années précédentes, indique M. Marquis.
Les baisses d'adoptions et l'augmentation des abandons, en 2013, ne sont peut-être pas étrangères au contexte économique difficile qui prévaut dans la région à la suite de la fermeture de plusieurs entreprises, analyse Serge Marquis. «Les gens ont peut-être dû avoir des choix difficiles, tragiques à faire», soupçonne-t-il.