Un important projet d'habitation qui accueillera près de 200 religieuses verra le jour prochainement dans le secteur Cap-de-la-Madeleine à Trois-Rivières.

Un important projet d'habitation pour près de 200 religieuses

Les travaux de construction d'un important projet d'habitation, de services et de soins de santé qui accueillera près de 200 religieuses faisant partie des Filles de Jésus, des Ursulines et des Carmélites ont récemment débuté sur la rue Perreault dans le secteur Cap-de-la-Madeleine à Trois-Rivières.
Ce nouvel édifice de six étages constituera en quelque sorte un agrandissement de l'actuelle Résidence Sainte-Famille, qui est implantée depuis maintenant 19 ans dans ce secteur lourdement touché par la fermeture de commerces et la dévitalisation au cours des dernières années. Actuellement, l'endroit est en mesure d'accueillir entre 75 et 80 personnes âgées.
Interrogée par Le Nouvelliste en fin de journée jeudi, la directrice générale de la Résidence Sainte-Famille, Lise Villeneuve, n'a pas voulu donner de détails concernant ce projet qui sera présenté lors d'une conférence de presse prévue la semaine prochaine.
Elle a tout de même indiqué qu'il était le fruit de pourparlers qui sont en cours depuis environ deux ans avec les congrégations religieuses impliquées et qu'il allait entraîner la création de plusieurs nouveaux emplois, sans toutefois s'avancer sur le nombre.
Elle a ajouté que ce projet constitue une bonne nouvelle pour ce quartier du secteur Cap-de-la-Madeleine, qui n'est pas le plus populaire auprès des promoteurs par les temps qui courent.
«Il y aura effectivement une partie réservée aux religieuses. C'est un projet très intéressant pour le coin. De plus, il s'agit d'un site exceptionnel pour agrandir notre résidence», a simplement mentionné Mme Villeneuve.
Les religieuses touchées par ce projet de relocalisation ont été informées de cette décision jeudi après-midi. En tout, ce sont 187 femmes ayant consacré leur vie à Dieu - soit 118 Filles de Jésus, 60 Ursulines et 9 Carmélites - qui déménageront dans environ 18 mois selon ce qu'il a été possible d'apprendre.
Selon soeur Huguette Boutin, qui agit à titre de sous-prieure pour les Carmélites, cette décision se justifie par la moyenne d'âge élevée des membres de ces congrégations et la relève quasi inexistante. Rappelons que depuis la vente de leur monastère il y a six ans, les Carmélites partagent le même toit que les Filles de Jésus, soit le Centre de prière de l'Accueil Notre-Dame situé près du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.
«Nous continuons notre chemin. C'est sûr que c'est un grand changement, mais notre principal but est de rester près de nos soeurs malades. Elles auront donc une présence quand elles en auront besoin car l'infirmerie sera dans le même bâtiment», a affirmé soeur Huguette Boutin.
En raison de l'importance de leur congrégation, ce déménagement ne sera pas une tâche facile pour les Filles de Jésus. Mais tout comme les Carmélites, ces religieuses sont conscientes qu'il s'agit d'une décision qui s'imposait en raison de leur nouvelle réalité.
«On ne pourra plus s'occuper de la gérance de notre bâtiment. Il y a beaucoup de monde encore, mais pas beaucoup de personnes pouvant s'en occuper [en raison de l'âge]», a expliqué soeur Gisèle Lacerte, vice-provinciale. Cette dernière ajoute que la moyenne d'âge des membres de sa congrégation est de 82 ans.
Pour les Ursulines, cette décision vient mettre fin à une présence de 320 ans au coeur du Vieux-Trois-Rivières. Et même si les liens entre les Ursulines et ce quartier trifluvien sont très forts - leur couvent se trouve d'ailleurs sur la rue portant leur nom -, le vieillissement de ses membres a également forcé les supérieures de cette congrégation à prendre cette décision.
«Nous aurions eu énormément de travaux à faire afin de mettre aux normes notre maison de Trois-Rivières. [En raison de l'âge avancé de nos soeurs], il aurait fallu apporter toutes sortes de transformations. On aurait également dû les déménager pendant les travaux et les ramener après les réparations», a précisé la supérieure générale, soeur Cécile Dionne.
Cette dernière a tenu à préciser que les employés qui travaillent présentement au couvent ne seront pas laissés à eux-mêmes lorsqu'ils perdront leur emploi à la suite du déménagement.
«Nous allons les soutenir. Nous avons mis en place un processus afin de les aider à se retrouver un travail. Ils sont prévenus dès aujourd'hui. Ils auront donc plus d'un an pour se replacer. On leur doit ça, car ce sont des gens qui ont été dévoués pour nous et ils nous ont rendu de grands services. Nous voulons donc faire les choses avec beaucoup d'humanisme», a précisé soeur Dionne.
Fait à noter, il n'a pas été possible de savoir ce qu'il adviendra des immeubles qu'habitent présentement les religieuses.