Un homme trouvé mort au poste de la SQ

Trois-Rivières — Un homme de 63 ans a été retrouvé mort dans une voiture dans le stationnement à l’arrière du quartier général de la Sûreté du Québec de la rue Tousignant, à Trois-Rivières, mardi.

Pour l’instant, l’identité de la victime n’a pas été dévoilée, mais le Bureau des enquêtes indépendantes a indiqué qu’une «arme à feu aurait été trouvée dans la voiture à côté de lui.»

Le porte-parole du BEI, Martin Bonin-Charron, n’a pas voulu confirmer s’il s’agissait d’un suicide ou d’un meurtre ni comment et par qui le défunt a été trouvé mardi matin. «Les premières observations laissent croire que le cadavre aurait passé plusieurs jours dans le stationnement avant sa découverte», a indiqué le BEI par voie de communiqué.

Ce qui est troublant, dans cette histoire, c’est le fait qu’une personne ait probablement pu prendre place dans un stationnement de la Sûreté du Québec avec une arme sur elle ni vue ni connue. Ce stationnement est clôturé et on y trouve au moins une caméra, mais les allées et venues ne semblent pas contrôlées par une guérite et un système d’identification, d’après ce qu’on a pu constater mardi, ce qui pose un questionnement sur la sécurité des policiers et du personnel qui travaillent à cet endroit.

Cette affaire demeure nébuleuse. Ce que le BEI a publié comme information, jusqu’à présent, c’est que le 5 juillet, «un homme perturbé se serait présenté» au poste de la SQ. «L’homme aurait contacté les policiers via un téléphone extérieur du poste.»

L’homme semblait «perturbé et aurait demandé l’aide des policiers», indique le BEI.

Toujours selon les premières informations, il «aurait tenu des propos inquiétants» indiquant qu’il se sentait suivi.

Le BEI ajoute que l’homme en question «aurait refusé de se rendre à l’hôpital et aurait affirmé que si les policiers ne pouvaient pas l’aider, il réglerait son problème lui-même.»

Neuf enquêteurs du BEI de même qu’un technicien en identité judiciaire ont été dépêchés sur les lieux, mardi. Le rôle du technicien est d’effectuer des prélèvements et de faire de la recherche de preuves sur la scène.

C’est le coroner qui dévoilera l’identité de cette personne. Il faudra toutefois attendre que l’autopsie soit pratiquée, que la personne soit formellement identifiée et que la famille ait été avisée, indique M. Bonin-Charron. Même chose en ce qui a trait à l’origine du défunt.

Ce dernier précise que ce qui apparaît sur les enregistrements des caméras de surveillance donnant sur le stationnement sera étudié par les enquêteurs.

Le porte-parole ajoute que le BEI ne confirmera rien au sujet de la mort de l’individu «avant d’avoir envoyé notre rapport au Directeur des poursuites criminelles et pénales», dit-il.

Il n’a donc pas été possible de savoir non plus si l’arme trouvée dans le véhicule appartenait à l’homme de 63 ans.

Une autopsie permettra de déterminer depuis combien de jours le corps était dans la voiture et donc dans le stationnement. «Les premières observations laissent croire que le cadavre avait passé plusieurs jours. Donc, ça ne datait pas de ce matin (mardi). Des experts vont pouvoir se prononcer pour savoir si l’on parle de 4, 5 jours ou de trois semaines. On ne dit pas que c’est impossible qu’il était là depuis le 5 (juillet)», indique M. Bonin-Charron, c’est-à-dire depuis la date de l’interaction entre l’homme et les policiers.

C’est d’ailleurs parce qu’il y a justement eu interaction entre cette personne et les agents de la SQ que le BEI doit mener l’enquête, explique-t-il.

Ce genre d’enquête peut prendre entre six mois et un an avant d’être remise au Directeur des poursuites criminelles et pénales, précise-t-il. Ce dernier n’a pas voulu indiquer dans quel établissement le corps a été envoyé pour l’autopsie.

Pour Trois-Rivières, c’est la troisième intervention du BEI depuis le 18 juillet alors qu’un autre homme de 63 ans perdait la vie, victime d’un délit de fuite survenu au bas de la côte Plouffe, à la suite d’un contrôle routier tenu par la Sécurité publique de Trois-Rivières.

Le BEI est revenu à Trois-Rivières, lundi, dans le cadre d’un accident impliquant une motocyclette parce qu’un patrouilleur de la police trifluvienne, à bord d’une voiture banalisée, est impliqué dans cet événement. Les enquêteurs du BEI n’ont quitté la scène de cet accident qu’un peu avant minuit lundi soir. Dans ce dossier, «il reste encore beaucoup de travail sur le terrain, notamment rencontrer les témoins civils et les témoins policiers et les policiers impliqués», précise le porte-parole du BEI.

Ces deux dossiers sont d’ailleurs toujours sous la loupe des enquêteurs, indique M. Bonin-Charron. Le BEI en est à sa 91e enquête depuis son entrée en activité.

«Les corps policiers, en général, sont de mieux en mieux équipés pour faire face aux gens qui présentent des problèmes de santé mentale», estime le directeur de Prévention suicide Trois-Rivières, Luc Massicotte qui, en aucun cas, ne blâme le travail des policiers dans cette affaire. «C’est un problème croissant pour eux», souligne-t-il. C’est pourquoi
M. Massicotte estime qu’il «faut remettre nos interventions en question. Nous, comme centre de prévention du suicide, on le fait. Il a été question, dans l’actualité de la détresse des policiers qui s’enlevaient la vie. Il y a eu des mesures qui ont été faites, notamment au SPVM, qui a déjà remporté des prix pour ses efforts en prévention du suicide qui ont donné des résultats. Donc, on n’est pas impuissant. Il faut juste trouver les bonnes alternatives et dans le cas qui nous concerne, je ne sais pas exactement ce qui a été fait, mais je pense que les citoyens sont bien servis par les
policiers, même quand ils sont en état de détresse psychologique», a pu constater M. Massicotte qui prône plus que jamais le contrôle des armes à feu à la lumière de ce nouveau drame.