Le gymnase de l’école Laflèche, dans la nouvelle partie située à droite sur la photo, ne rencontre pas les attentes pour les cours d’éducation physique.

Un gymnase neuf sous-utilisé à l'école Laflèche

SHAWINIGAN — Le nouveau gymnase de l’école Laflèche, dans le secteur Grand-Mère, ne répond pas aux attentes du professeur d’éducation physique attitré, qui préfère donner ses cours dans l’ancienne salle en terrazzo. Cet investissement de 3,1 millions de dollars n’est donc pas utilisé à son plein potentiel.

L’odeur du neuf est encore imprégnée dans les murs de cet agrandissement, dont l’école bénéficie depuis la rentrée 2019-2020. Le gymnase offre maintenant une belle luminosité et un plafond de six mètres de haut, deux lacunes qui ont été corrigées par rapport à l’ancienne salle, située dans un sous-sol avec une hauteur de seulement 4 mètres.

Par contre, les jeunes ont perdu 44 % de leur superficie de jeu dans cette transition. Dans l’ancien gymnase, ils bénéficiaient d’une surface de 383 mètres carrés. Le nouveau projet ne leur donne que 216 m2.

Les nouvelles installations sont utilisées par le service de garde, diverses activités scolaires, du sport parascolaire comme du mini-basketball, des entraînements d’équipes de volley-ball et de basket-ball de l’école secondaire du Rocher, en manque de plateaux.

«Mais c’est vrai que l’enseignant en éducation physique utilise très peu le nouveau gymnase», convient Amélie Germain-Bergeron, coordonnatrice aux communications à la Commission scolaire de l’Énergie. «Ses cours se donnent dans l’ancien gymnase. Bien sûr, dans un monde idéal, on vise une utilisation optimale de cet espace.» Elle croit que le transfert complet des divers équipements d’un local de rangement à l’autre facilitera peut-être la transition.

La porte-parole explique que la demande formulée au ministère de l’Éducation dans le cadre de la Mesure des écoles sans gymnase portait sur une salle de 432 mètres carrés pour l’école Laflèche. Elle a dû se contenter de la moitié de cette superficie.

«Le gymnase de l’école Laflèche figurait sur notre liste, particulièrement en raison de sa hauteur de dégagement du plafond à 4,04 mètres, alors que la norme est de six mètres et plus», précise Mme Germain-Bergeron.

«Dans le cadre de cette mesure, nous avions déposé des projets d’agrandissement de gymnase qui correspondaient à une dimension de 432 mètres carrés. Nous avons reçu une lettre du ministère qui nous confirmait l’acceptation de deux projets, celui de l’école Laflèche et celui de l’école Villa-de-la-Jeunesse (Saint-Élie-de-Caxton), mais avec une dimension de gymnase de 216 mètres carrés.»

Mme Germain-Bergeron précise que l’ex-gouvernement libéral a converti les demandes dans le cadre de cette mesure de la même façon dans l’ensemble du Québec. L’école Sainte-Marie, à Saint-Boniface, s’en est mieux tirée avec son gymnase car il s’inscrivait dans le cadre plus large d’un important projet d’agrandissement de l’immeuble.

«Nous avons donc bâti le gymnase en fonction de l’autorisation du ministère», mentionne Mme Germain-Bergeron. La porte-parole reconnaît que dans le cas de l’école primaire de Saint-Élie-de-Caxton, le gymnase bénéficie d’un meilleur espace de dégagement hors des limites de la surface de jeu.

«Ça a été négocié avec le ministère parce que la Municipalité avait souhaité utiliser l’espace du gymnase pour tenir des spectacles», précise Mme Germain-Bergeron. «Elle avait des besoins pour accueillir jusqu’à 350 personnes. C’est pourquoi l’espace de dégagement à l’école Villa-de-la-Jeunesse est un peu plus large qu’à l’école Laflèche.»

Au bout du compte, cette école primaire de la 5e Avenue se retrouve avec un important investissement qui ne répond pas aux attentes.

«C’est certain que pour nous, la grandeur idéale était un gymnase de 432 mètres carrés», convient Mme Germain-Bergeron. «C’est ce que nous avions bâti à l’école Sainte-Marie et à l’école de la Tortue-des-bois, à Saint-Mathieu-du-Parc. C’est évident qu’un gymnase de 432 mètres carrés donne plus de latitude à nos enseignants en éducation physique et à nos élèves pour pratiquer une panoplie de sports. Mais entre le souhait et la réalité du budget qui suit et les autorisations du ministère, il y a eu un ajustement. C’est certain qu’on aurait aimé avoir plus grand. Ce n’est pas un modèle idéal, mais l’école a une plus-value par rapport à ce qu’elle avait. Nous avons augmenté la qualité des installations pour nos élèves.»

Mme Germain-Bergeron précise que l’ancien gymnase de l’école Laflèche ne sera pas condamné, puisqu’il pourra être utilisé notamment par le service de garde. «C’est quand même un grand espace, polyvalent, qui peut être complémentaire au nouveau gymnase.»

Ne pas contraindre

La CS de l’Énergie ne veut pas contraindre l’enseignant récalcitrant à adopter immédiatement le nouveau plateau.

«Les élèves ne sont pas pénalisés, car ils ont accès à un cours d’éducation physique dans l’ancien gymnase», rappelle Mme Germain-Bergeron.

«Nous voulons travailler avec cet enseignant pour favoriser une utilisation maximale de cet espace. Nous voulons qu’il soit heureux dans ce changement à vivre, on lui donne donc le temps de s’approprier les lieux. Nous voulons qu’il chemine dans le changement de façon positive.»

L’inauguration officielle de ce gymnase était prévue à la fin novembre, mais Dame Nature a contrecarré les plans de la commission scolaire en déposant suffisamment de neige au sol pour empêcher de montrer le nouvel aménagement de la cour extérieure. La cérémonie devrait être reprise au printemps.