La population de La Tuque va découvrir un parc du lac Saint-Louis revitalisé, marqué d’une touche nettement autochtone avec le Centre Sakihikan.

Un grand jour pour le petit lac...

La Tuque — Jeudi soir, sur le coup de 18 heures, la population de La Tuque va enfin retrouver «le petit lac». En effet, au terme d’investissements qui atteignent les 3,3 millions de dollars, le parc du lac Saint-Louis est prêt à se dévoiler au grand public. Une cure de rajeunissement réalisée en collaboration avec le Centre d’amitié autochtone qui va inaugurer du même coup son Centre Sakihikan.

«C’est un projet de partenariat avec les autochtones qui est très important. On avait oublié un petit peu le lac Saint-Louis ces dernières années. Il avait été populaire dans les années 60, 70 avec les 24-Heures. Là, il prend une toute autre ampleur avec la revitalisation», commente avec enthousiasme le maire Pierre-David Tremblay.

Et selon sa directrice, loisir et culture, Estelle Paulhus, le sentiment d’appartenance des gens au lac Saint-Louis aura amené la Ville à réinvestir dans ce lieu naturel. «On est à l’écoute des citoyens. On a essayé toutes sortes de méthodes et de projets dans les dernières années. Mais il y a une histoire rattachée au petit lac. Les gens sont nostalgiques et n’ont jamais oubliés ces belles années. Le lac Saint-Louis est situé en plein cœur du centre-ville. Cette revitalisation est vraiment attendue de la population», affirme-t-elle.

Pour le premier magistrat, le parc du lac Saint-Louis va devenir un troisième pôle touristique important à La Tuque, avec le parc des Chutes et la gare.

«On souhaite y aménager plus d’activités, nos fêtes de la Saint-Jean, les fêtes autochtones aussi. On aimerait bien que ça continue avec la Classique de canots. L’hiver, on aimerait qu’il y ait un anneau de glace. On prévoit une ouverture possiblement à l’année», confie-t-il.

Toutefois, il n’est pas question d’un retour de la baignade. «On parle de promenade, pique-nique, activités à saveur de culture autochtone. Ce sera un lieu de rassemblement. On mise là-dessus», précise le maire Tremblay.

Par ailleurs, il tient à ce que tout l’affichage sur le site soit en langue française et atikamekw. «C’est un gros projet que le Centre d’amitié autochtone porte dans la Ville de La Tuque, un projet qui est basé sur l’économie sociale autochtone, pour faire travailler nos gens, créer des plateaux de travail et faire connaître la culture autochtone», explique sa directrice générale, Christine Jean.

Pour son organisme, tout ce qui sera activités sociales et culturelles se retrouvera au Centre Sakihikan, qui signifie «lac» en langue atikamekw, tandis que les bureaux du centre-ville seront dédiés aux services à l’individu.

«On veut apporter du tourisme à La Tuque et participer à l’économie. Par contre, on a quand même aussi un enjeu de services dans ce bâtiment-là», souligne-t-elle.

Pour jeudi soir, celle-ci parle d’un aperçu de ce qui sera offert l’an prochain, soit un produit d’appel. «Il y aura son et lumière, jeux d’eau, écran d’eau, des artistes autochtones. On va parler des six saisons atikamekws et des 11 nations au Québec. Ce sera un avant-goût de ce qu’on va présenter l’année prochaine, dont la Fête nationale des autochtones le 21 juin. Et la Saint-Jean-Baptiste revient au lac Saint-Louis l’an prochain, ce qui est aussi attendu de la population non autochtone», a fièrement annoncé Mme Jean. «Ça va permettre de faire nos deux fêtes nationales côte à côte. Ça ajoute à la dynamique que les citoyens attendent du lac Saint-Louis pour les prochaines années», renchérit Mme Paulhus.

La directrice du Centre d’amitié autochtone se dit fière d’avoir pu collaborer avec la Ville de La Tuque depuis près de cinq ans pour ce projet.

«On arrive jeudi à faire l’ouverture officielle. Je suis certaine que ça va être un beau partenariat qui va se poursuivre dans le futur. La population est invitée parce qu’en tant que Centre d’amitié autochtone et Ville de La Tuque, on veut que ces gens-là se réapproprient ce lieu, c’est eux qui vont le faire vivre, quand ils vont venir avec leurs enfants, leur famille, voir les spectacles, ou simplement profiter de l’espace», conclut Mme Jean