Un oiseau rare a été retrouvé en face de l’église de Louiseville.
Un oiseau rare a été retrouvé en face de l’église de Louiseville.

Un fou de Bassan rescapé à Louiseville

Sébastien Lacroix
Sébastien Lacroix
Le Nouvelliste
Louiseville — Une espèce d’oiseau des mers qui se reproduit en Gaspésie et aux îles de la Madeleine a volé jusqu’à Louiseville, où il a été pris en charge par le centre de réhabilitation de la faune Cécropia après avoir été retrouvé juste à temps par des ambulanciers qui l’ont aperçu dans le stationnement de l’église.

Ceux-ci ont contacté le refuge qui accueille des animaux de toutes sortes à Saint-Alexis-des-Monts pour leur signaler la présence d’un oiseau inhabituel d’une taille d’environ un pied et demi à deux pieds. «On a tout de suite su que c’était un bébé. Parce qu’il était gris. À l’âge adulte, il garde la même taille, mais il devient blanc avec les pattes bleues», explique Maxime Descôteaux, le fondateur du centre de réhabilitation de la faune Cécropia.

Celui-ci s’est tout de suite porté à son secours. Parce qu’il savait que l’oiseau venait de voler une très longue distance et qu’il ne serait pas capable de s’alimenter dans la région étant donné qu’il se nourrit de bancs de poissons. «Il était dans un état critique. Il était déshydraté et très amaigri», raconte-t-il.

«Nous l’avons stabilisé et quand nous avons vu qu’il avait une chance de survie, nous l’avons transporté à Montréal où nous l’avons remis à Le Nichoir, qui est une sommité dans le domaine des oiseaux blessés ou ayant besoin de soins, poursuit Maxime Descôteaux. Ils l’ont gavé et ils l’ont réhydraté.»

«Aux dernières nouvelles, il mangeait des poissons entiers. Il était dans un bassin avec un enclos, mais en raison de la météo, il va possiblement devoir passer l’hiver à l’intérieur. Parce qu’il n’est pas encore assez fort pour être relâché.»

Maxime Descôteaux, du centre de réhabilitation Cécropia, lors du sauvetage du Fou de Bassan.

Quand il sera prêt, un bénévole ira le reconduire en Gaspésie pour qu’il puisse retrouver son habitat naturel. Heureusement, l’oiseau semble s’adapter à sa nouvelle réalité. «Souvent, ils refusent de s’alimenter quand ils sont en captivité, mais là ça semble bien se passer, se réjouit Maxime Descôteaux. Il y a un potentiel de réveiller ses instincts.»

Un message de la nature

La présence d’un fou de Bassan a Louiseville est difficilement explicable, souligne Maxime Descôteaux. Son hypothèse c’est qu’un peu comme la baleine qui a remonté le fleuve Saint-Laurent jusqu’à Montréal, cet été, l’oiseau se serait simplement égaré. Parce qu’il s’agit d’un juvénile.

«Je n’en ai jamais vu ici, continue celui qui a mis sur pied un sanctuaire à la pourvoirie du Lac Blanc. Normalement, ils [les fous de Bassan] volent vers le Sud et lui il est parti vers le Nord. C’est rare, mais ça arrive.»

Il compare cet événement avec les pélicans d’Amérique qui ont été aperçus sur le lac Saint-Pierre, dans la région de Sorel, en juin dernier. Un oiseau dont l’envergure des ailes peut atteindre trois mètres. Cette espèce précaire se retrouve normalement en Ontario avant de migrer au sud des États-Unis.

«Ce que la nature nous envoie comme message, c’est qui y a des changements», continue-t-il, en prenant en exemple l’orignal en cavale qui a été aperçu dans les environs du Carrefour Trois-Rivières-Ouest.

Selon lui, ce n’est pas inhabituel à cette période de l’année. «Selon ce que j’ai pu constater, c’est que c’est un jeune mâle qui est en rut. Dans ce temps-là, ils font de plus longues distances. Parce qu’ils cherchent une femelle pour s’accoupler, fait-il valoir. Comme nos milieux urbains sont en expansion, les zones tampons n’existent plus. Si bien que ça va arriver de plus en plus souvent.»