La Table des MRC du Centre-du-Québec a réuni quinze des seize candidats de la région mardi soir à Drummondville, dont le député caquiste sortant de Nicolet-Bécancour Donald Martel, lors d’une assemblée politique.

Un exercice de démocratie unique au Centre-du-Québec

Drummondville — La quasi-totalité des candidats aux élections du Centre-du-Québec a pris part mardi soir à Drummondville à une assemblée politique organisée par la Table des MRC de cette région. Près de 250 personnes se sont déplacées d’un peu partout de cette région pour écouter les 15 candidats débattre des enjeux de cette région.

Tous les candidats du Centre-du-Québec, ou presque, des quatre principaux partis politiques étaient présents au débat de mardi soir. Seul le candidat de Québec solidaire dans Drummond-Bois-Francs, Lannïck Dinard, n’était pas de cet exercice démocratique pour des raisons de santé.

Trois thèmes ont été abordés par les candidats, soit la présence de l’État au Centre-du-Québec, la santé et le financement des services et des groupes communautaires. Ces sujets ont été proposés par la Table des MRC. Cette assemblée politique a été animée par la présidente de la Table des MRC, mairesse de Nicolet et préfète de la MRC de Nicolet-Yamaska, Geneviève Dubois. Rappelons que le Centre-du-Québec est actuellement entièrement représentée par des députés de la Coalition avenir Québec (CAQ).

La candidate du Parti québécois (PQ) dans Nicolet-Bécancour, Lucie Allard, a rappelé l’engagement de son parti qui consiste à scinder le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux Mauricie-et-Centre-du-Québec. Le chef du PQ, Jean-François Lisée, soutient d’ailleurs cette position. Mme Allard affirme que le Centre-du-Québec est la seule région à ne pas avoir son propre CIUSSS.

«Il est primordial que les corridors naturels de service soient rétablis», a-t-elle déclaré. «Un résident devrait avoir le choix d’aller se faire soigner à Trois-Rivières ou à Drummondville.»

Sur le thème de la présence de l’État dans le Centre-du-Québec, la candidate de Nicolet-Bécancour du Parti libéral du Québec (PLQ), Marie-Claude Durant, a rappelé les réalisations de son parti lors de son dernier mandat. De son côté, Donald Martel, le député sortant de cette circonscription, a soutenu qu’un gouvernement de la CAQ «règlerait l’iniquité entre les régions». Il souhaite de plus créer une zone d’innovation en collaboration avec l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Le dernier candidat de Nicolet-Bécancour à se prononcer sur ce thème a été François Poisson de Québec solidaire. Il estime qu’une réforme du mode de scrutin «permettrait de favoriser les intérêts des régions plutôt que des partis».

Période de questions de citoyens
Le maire de Drummondville et président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Alexandre Cusson, a posé la première question. Il a demandé comment les candidats voyaient l’autonomie des gouvernements municipaux.

Le candidat du PQ dans Johnson, Jacques Tétrault, a affirmé que l’argent doit suivre l’ajout de responsabilités aux municipalités. Le candidat de Johnson pour la CAQ, André Lamontagne, rappelle que son parti propose de donner un point de pourcentage de TVQ aux municipalités.

La question de l’accès à Internet haute vitesse et au réseau cellulaire a été aussi soulevée. Tous les candidats qui ont pris la parole sur cette question ont bien sûr affirmé que ces outils technologiques sont primordiaux dans la région, tant pour la population en général que pour les entreprises.

«Je suis resté sur ma faim sur cette question. Ça fait trois ans qu’on travaille sur la fibre optique. C’est un vœu pieux de tout le monde, mais il faut que l’argent suive», soutient le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois. «On ne peut pas être contre la vertu. Ce soir nous avons assisté à ça. On s’est fait promettre de l’argent des montants et on ne sait pas du tout si on va les avoir.»

Concernant l’exploitation des gaz de schiste, l’ensemble des candidats ont indiqué, même si leurs positions diffèrent un peu, que leur parti n’est pas favorable à une reprise de l’exploration et de la fracturation. On sent qu’il s’agit d’une préoccupation partagée par plusieurs électeurs du Centre-du-Québec, si on se fit aux commentaires formulés par quelques citoyens et candidats.

La Table de la MRC a pris bonne note des promesses des candidats formulées mardi soir. D’ailleurs, plusieurs maires et élus municipaux du Centre-du-Québec étaient sur place pour écouter les candidats. Après les élections, la Table des MRC va rencontrer les nouveaux élus et les préfets ne se gêneront pas pour rappeler leurs engagements. Toutefois, la plupart des candidats qui prenaient la parole ont énuméré les grandes lignes des programmes de leur parti politique.

La présidente de la Table des MRC, Geneviève Dubois, était très heureuse de la réponse du public. Elle estime que le succès de l’événement amène une légitimité aux élus pour faire valoir les préoccupations des citoyens du Centre-du-Québec. «Si on veut avoir un poids après le 1er octobre, je ne pense pas qu’on aurait réussi ça avec trente personnes dans la salle. C’est clair qu’on souhaite être connu et reconnu», soutient-elle en ajoutant que la présence de tous les candidats de la région, sauf un, démontre aussi de la réussite de la soirée.

Seul bémol selon Geneviève Dubois, c’est que les candidats ont surtout énuméré les grandes lignes des partis politiques. «Ils étaient bien à l’écoute des préoccupations du Centre-du-Québec, mais on réalise que les plates-formes ne sont pas toujours adaptées aux régions», précise Mme Dubois. «Je ne pense pas qu’on a eu toutes nos réponses.»