Un ex-tenancier de bar visé par l'AMF

Trois-Rivières — Le Tribunal administratif des marchés financiers ordonne à un ex-tenancier de bar de Trois-Rivières de cesser de jouer au courtier en valeurs mobilières, des activités lui ayant permis d’accumuler quelque 7000 $ après avoir incité des gens à investir dans des cryptomonnaies.

Jacques Simard est soupçonné par l’Autorité des marchés financiers de s’être livré à des activités concernant des contrats d’investissement dans ce domaine. Il lui est interdit de mener toute activité en vue d’exercer, directement ou indirectement, toute opération sur valeurs, ce dernier n’étant pas enregistré auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF).

«M. Simard est en pleine activité de courtage mobilière et n’est pas inscrit. C’est un domaine réglementé. M. Simard devrait être inscrit à titre de courtier en valeurs mobilières, ce qu’il n’est pas», raconte Sylvain Théberge, directeur des relations avec les médias à l’AMF.

Selon M. Théberge, Jacques Simard aurait sollicité des investisseurs via les réseaux sociaux. Ceux-ci pouvaient consulter un site Internet et une chaîne YouTube. D’après les informations fournies par l’AMF, il demandait 100 $ pour l’ouverture d’un dossier et une commission de 10 % sur les intérêts des placements.

La décision du tribunal, rendue en décembre, lui impose de fermer tous ses canaux de communication. Le tribunal lui ordonne de ne pas se départir de fonds, de titres ou d’autres biens qu’il a en sa possession ou qui lui ont été confiés. Le tribunal ordonne également à la Caisse Desjardins de Trois-Rivières de ne pas se départir de fonds, de titres ou d’autres biens qu’elle a en dépôt ou dont elle a la garde et le contrôle pour Jacques Simard.

«L’ordonnance du tribunal concerne les institutions financières et les comptes qui peuvent être reliés. On s’assure qu’il n’y a aucune entrée ni sortie d’argent afin de protéger les actifs», ajoute M. Théberge.

Sylvain Théberge, directeur des relations avec les médias à l’AMF

Le porte-parole de l’AMF précise que Jacques Simard n’a pas nécessairement fraudé des investisseurs. Mais pour solliciter des gens afin de les amener à investir dans les cryptomonnaies, il doit détenir une formation de courtier en valeurs mobilières et être enregistré.

L’AMF mène une enquête sur Jacques Simard parallèlement aux ordonnances prononcées par le Tribunal administratif des marchés financiers. L’enquête porte sur la nature même des activités de l’individu.

«Il y a quelque chose sur la table qui, de toute évidence, nous inquiète: il y a des démarches qui ont été faites auprès d’investisseurs avec promesse de rendement, dit le porte-parole de l’AMF. On a fait ce qu’il faut pour que les activités cessent et que l’argent amassé ne soit pas dilapidé.»

Les conclusions de l’enquête seront connues cette année. L’AMF annoncera à ce moment si des poursuites pénales seront déposées ou non contre Jacques Simard.

Le Nouvelliste n’a pu entrer en contact avec ce dernier pour avoir sa version des faits.

D’autre part, les Autorités canadiennes en valeurs mobilières rappellent aux gens et aux courtiers que les produits liés aux cryptomonnaies comportent un risque élevé qui n’est pas fait pour tous les investisseurs.