Les plaisanciers étaient particulièrement nombreux sur la rivière Saint-Maurice, cet été.
Les plaisanciers étaient particulièrement nombreux sur la rivière Saint-Maurice, cet été.

Un été... sur l’eau: les plaisanciers beaucoup plus nombreux dans la région

Matthieu Max-Gessler,  Initiative de journalisme local
Matthieu Max-Gessler, Initiative de journalisme local
Le Nouvelliste
Le confinement du printemps et l’impossibilité de partir à l’étranger ont forcé les Québécois à revoir leurs plans pour l’été. L’appel du camping a été particulièrement fort, avec une ruée vers la Gaspésie, entre autres. Dans la région, le nautisme semble avoir particulièrement eu la cote, alors que de nombreux plaisanciers et kayakistes ont pris d’assaut les cours d’eau, notamment la rivière Saint-Maurice.

Cette affluence était particulièrement visible dans le secteur de Shawinigan et de Grandes-Piles, alors que de nombreuses embarcations étaient présentes sur la rivière. Une impression que confirme d’ailleurs Denis Corriveau, agent de port à la Marina de Grand-Mère.

«Au niveau des statistiques, on ne le sait pas encore, mais si on regarde par rapport à l’an passé, il y a beaucoup plus de mises à l’eau. C’est probablement à cause du confinement et parce que les gens n’ont pas pu voyager. Les gens ont profité davantage de la navigation cette année», rapporte-t-il, tout en mentionnant que la marina n’en est qu’à sa deuxième année d’opérations.

Le même phénomène a été observé sur la rive sud du fleuve. Les employés du Club nautique de la Batture, à Nicolet, n’ont pas chômé cet été. «Oui, on a vu une augmentation de l’utilisation de la rampe de mise à l’eau. Ce qui m’a frappé, c’est la quantité de kayaks et de planches à pagaie (paddle boards) qui ont utilisé la rampe. C’est flagrant, il y en a beaucoup plus que les années précédentes», indique Marie-Ève Legault, gérante du bar du Club nautique.

Cette dernière indique avoir vu 25 à 30 kayaks utiliser la rampe de mise à l’eau les fins de semaine, quand le beau temps était au rendez-vous. Les ventes d’essence pour les embarcations à moteur sont également plus élevées, d’après Mme Legault.

«On a un immense stationnement, mais il ne fournissait pas», conclut-elle.

Michel Lacroix, directeur général d’Ô Quai des brasseurs, à Bécancour, abonde dans le même sens.

«Chaque jour, on avait des réservations pour la location de motomarines. Et au niveau du quai, on a eu beaucoup de réservations le soir, les fins de semaine, de gens qui débarquaient de leur bateau pour manger. On a eu une grosse affluence sur le fleuve», se réjouit-il.

Le contexte imposé par la pandémie de COVID-19 et le beau temps sont, pour lui aussi, les raisons qui expliquent à priori ce plus fort achalandage.

«Ça aura au moins eu un côté positif (la pandémie)», lance-t-il.

Ventes au rendez-vous

Il n’y a bien sûr pas de navigation sans bateau. De nombreuses personnes ont donc fait l’acquisition d’une embarcation pour profiter des cours d’eau de la région, pour le plus grand bonheur des entreprises qui en vendent.

Les embarcations étaient également très nombreuses à se côtoyer à Trois-Rivières.

«Normalement, on ne vend pas tous nos bateaux, mais cette année, il ne nous reste plus rien depuis un mois et demi. Et si on en avait eu encore plus, on aurait continué à en vendre», souligne Geneviève Croteau, adjointe chez Shawinigan Marine.

Les employés de Maximum Location, également à Shawinigan, n’ont pas chômé eux non plus. L’entreprise indique qu’il a fallu acheter davantage de pontons pour répondre à la demande de locations.

Pour sa part, Nautisme Québec ne dispose pas encore de statistiques sur les ventes d’embarcations cet été. «On aura les chiffres plus tard cet automne, mais d’après les échos qu’on a, les ventes de motomarines et d’embarcations de pêche sont en hausse», affirme Diane Théberge, responsable des communications de l’organisme.

Pas égal partout

Toutes les marinas de la région n’ont toutefois pas connu autant d’achalandage. Par exemple, la Municipalité de Grandes-Piles a indiqué au Nouvelliste que bien qu’elle ne tienne pas de statistiques pour la mise à l’eau et pour l’utilisation de sa marina en général, «les montants encaissés pour ces deux postes de revenus au même moment de l’année […] sont inférieurs à ceux de l’année 2019».

La Marina Village Batiscan – centre de villégiature fait le même constat. Comme à Grandes-Piles, on n’y tient pas de statistiques sur les descentes à l’eau et l’utilisation des quais. La Marina confirme cependant avoir été moins achalandée que les autres années, même s’il y a eu une amélioration à partir de la mi-juillet.

Soucis de sécurité à Trois-Rivières

À Trois-Rivières, la rivière Saint-Maurice s’est également transformée en «autoroute» à bateaux. Bien que la Ville ne comptabilise pas les mises à l’eau, elle indique que les intervenants avec lesquels elle a échangé cet été lui ont tous confirmé que l’achalandage a augmenté sur la rivière.

Des bouées dites «informatives» ont d’ailleurs dû être installées pour favoriser la cohabitation entre les embarcations à moteur et celles qui n’en ont pas, comme les kayaks. Cette action avait été menée au début du mois de juillet, après que le Club de canoë-kayak de vitesse de Trois-Rivières se soit plaint publiquement du comportement dangereux de certains plaisanciers envers ses membres, dont plusieurs sont de jeunes enfants. Depuis, la situation s’est améliorée, comme l’avait rapporté Le Nouvelliste le mois dernier

La police de Trois-Rivières indique que sa patrouille nautique a effectué 25 sorties, qui ont permis de faire environ 300 vérifications d’embarcations. Les patrouilleurs ont par ailleurs remis 49 constats pour diverses infractions lors de ces sorties.

«Il y a effectivement eu plus de bateaux au milieu de l’été. On a constaté que la pandémie a fait en sorte que beaucoup de gens se sont adonnés aux sports nautiques: bateau, kayak, planche à pagaie», mentionne Luc Mongrain, porte-parole de la Direction de la police de Trois-Rivières (DPTR).

Ce dernier indique que la DPTR a d’ailleurs reçu la demande de faire davantage de surveillance sur la rivière Saint-Maurice, en raison des problèmes soulevés par le Club de canoë-kayak.

La situation était plus paisible du côté de la Marina de Trois-Rivières, située sur l’île Saint-Quentin. En effet, puisque le Parc de l’île Saint-Quentin est demeuré fermé tout l’été, sa rampe de mise à l’eau n’était pas accessible. Les affaires de la Marina n’ont toutefois pas tourné au ralenti pour autant.

La location et la vente de motomarines, embarcations de pêche et pontons allaient bon train cet été, dans le secteur de Shawinigan.

«On a eu une très bonne saison, on a loué tous nos quais. Pour ce qui est des visiteurs, on a eu quand même beaucoup de nuitées, en augmentation par rapport à l’an passé», explique le directeur général de la Marina de Trois-Rivières, Mario Cloutier.

À Shawinigan, la SQ a aussi été bien occupée, avec 47 sorties nautiques planifiées pour son centre de service.