Les résidences comme la Villa Champêtre (ci-dessus) et la Maison Blanche-Bertrand se retrouvent souvent dans un triangle infernal, . Les dépenses augmentent en lien avec les nouvelles exigences gouvernementales en matière de sécurité, de code du bâtiment et autre. De l’autre côté, les résidences sont encadrées par la Régie du logement, qui ne permet pas l’augmentation du coût des loyers au même rythme.

«Un drame pour nos aînés»

TROIS-RIVIÈRES — Le cas de la Maison Blanche-Bertrand et de la Villa Champêtre sont loin d’être uniques au Québec. Selon le Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA), pas moins de 390 résidences pour personnes âgées, la majorité accueillant entre 15 et 40 résidents, ont fermé leurs portes au Québec depuis quatre ans.

«Le portrait que ces personnes vous ont dressé, il est fidèle à ce qui se vit partout. Et principalement, ce sont des problèmes financiers qui sont au cœur des enjeux», confirme le président et directeur général du RQRA, Yves Desjardins.

Selon lui, les propriétaires de petites résidences privées se retrouvent souvent dans un triangle infernal. Les dépenses augmentent en lien avec les nouvelles exigences gouvernementales en matière de sécurité, de code du bâtiment et autre. De l’autre côté, les résidences sont encadrées par la Régie du logement, qui ne permet pas l’augmentation du coût des loyers au même rythme.

Yves Desjardins, PDG du Regroupement québécois des résidences pour aînés.

«L’an dernier, nous ne pouvions augmenter le loyer de plus de 0,7 %. Juste depuis 5 ans, le salaire minimum a augmenté de 18 %. Et en même temps, il faut aussi tenir compte de la capacité de payer de nos résidents», constate M. Desjardins, qui se dit «très pessimiste» à l’heure actuelle pour les résidences de 15 à 40 personnes.

Toutefois, des discussions ont cours avec le gouvernement pour tenter de trouver des solutions, assure M. Desjardins, qui indique que la nouvelle ministre responsable des Aînés Marguerite Blais s’est montrée ouverte et sensible à la question.

M. Desjardins constate notamment que l’aide financière versée aux résidences pour l’installation de gicleurs est mal distribuée, étant donné qu’elle est remboursable sur cinq ans et force donc les propriétaires à emprunter à la banque pour répondre aux exigences, ce qui se traduit souvent par le paiement d’intérêts allant jusqu’à 20 000 $.

Par ailleurs, le RQRA essaie de trouver des solutions qui permettraient aux résidences de pouvoir augmenter le prix des loyers sans refiler la facture aux résidents.

«Il y a des gens très bien nantis qui bénéficient de crédits d’impôt pour le maintien à domicile. On pense qu’il faut rebalancer tout ça et en donner un peu plus aux personnes à plus faibles revenus et ayant besoin de ces ressources», croit M. Desjardins.

Ce dernier plaide aussi pour de nouvelles mesures fiscales pour permettre un retour sur le marché du travail des personnes retraitées qui souhaitent demeurer actives, et qui pourraient venir combler plusieurs besoins de main-d’œuvre dans ces résidences.

«Le gouvernement est à l’écoute, je crois que ça va bien. Mais il va falloir que ça se traduise en actions concrètes très bientôt. Ce qui se passe, c’est un drame pour nos aînés, mais c’est aussi bientôt le réseau public qui va écoper de toutes ces fermetures», croit Yves Desjardins.