Le toponyme de Saint-Jean-des-Piles est disparu de la sortie 226 de l’autoroute de l’Énergie depuis l’an dernier, à la faveur du Chemin du Parc-National.

Un dossier qui s’empoussière

SHAWINIGAN — Quinze mois après l’adoption d’une résolution du conseil municipal de Shawinigan, le ministère des Transports étudie toujours la demande portant sur la réapparition des toponymes de Shawinigan-Sud, Saint-Gérard-des-Laurentides, Saint-Jean-des-Piles et Sainte-Flore à des sorties de l’autoroute de l’Énergie. Un peu désabusé, le citoyen à l’origine de cette démarche sollicitera l’appui de la députée de Laviolette - Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, au cours des prochaines semaines.

Michel Poirier avait initié une mobilisation, à l’été 2017, après avoir déploré la disparition du nom de son secteur lors des changements de panneaux effectués par le MTQ. Ainsi, «Saint-Jean-des-Piles» avait été effacé au profit de «Chemin du Parc-National».

En juillet, M. Poirier avait déposé au conseil municipal une pétition de plus de 650 signatures de personnes qui souhaitaient voir réapparaître le toponyme de leur ancien village. S’inspirant du cas de Bécancour, où les noms des secteurs sont bien identifiés le long des autoroutes 30 et 55, le maire, Michel Angers, avait assuré qu’il entamerait la «bataille nécessaire» pour que le MTQ revienne sur sa position. En général, sa politique consiste à afficher le nom d’une municipalité ou d’une route transversale sur un panneau de sortie d’autoroute.

Le conseil municipal avait adopté une résolution, le 22 août 2017, qui demandait un traitement équitable à celui de Bécancour. Non seulement Saint-Jean-des-Piles devait-il réapparaître sur l’autoroute de l’Énergie, mais aussi Shawinigan-Sud, Saint-Gérard-des-Laurentides et Sainte-Flore. Les élus souhaitaient également qu’une mention soit faite pour le secteur Lac-à-la-Tortue en bordure de la route 155, près de la route 153.

Or, depuis ce temps, c’est silence radio. Véronique Gagnon-Piquès, agente aux communications, indique que la Ville de Shawinigan n’a reçu aucun signal après l’adoption de cette résolution. Jean Lamarche, porte-parole à la direction régionale du MTQ, confirme que l’analyse se poursuit toujours.

Relance

M. Poirier ressent la désagréable impression que cette demande s’achemine lentement mais sûrement dans les méandres des dossiers relégués aux oubliettes.

«Probablement que le ministère essaie de sauver du temps», déplore M. Poirier. «Je pense qu’il n’est pas intéressé du tout par notre demande. Ils ont d’autres chats à fouetter que de s’occuper d’un village de 600 habitants...»

Le citoyen craint d’avoir assisté à une mise en scène du conseil municipal l’an dernier, en raison du contexte électoral. Il était revenu questionner les élus en séance publique au printemps, sans évidemment en apprendre beaucoup plus à ce moment.

«Le maire nous dit qu’il suit le dossier», résume-t-il.

Or, Michel Angers assure que cette demande n’a pas été balayée sous le tapis. En coulisses, la Ville revient à la charge auprès du ministère des Transports.

«Nous les relançons, nous sommes toujours là-dessus», commente le maire. «Vous savez comme on est tenaces... Tant qu’on n’a pas de réponse, on les relance! Quand nous aurons une réponse, nous regarderons ce que nous pourrons faire.»

M. Poirier profitera de l’arrivée de Marie-Louise Tardif comme députée pour dépoussiérer le dossier. Il sollicitera une rencontre pour la mettre au parfum des actions posées à ce jour et voir s’il peut compter sur son appui pour faire bouger le MTQ.