Un dossier difficile pour la Ville de Trois-Rivières

TROIS-RIVIÈRES — La Ville de Trois-Rivières avait les mains liées concernant le destin de l’église Sainte-Marie-Madeleine tant que le dossier était devant la justice. Reste maintenant à voir si le propriétaire va proposer un projet intéressant.

«C’est une propriété privée alors on a peu de pouvoir sur ce bâtiment», déplore Sabrina Roy, conseillère du district de la Madeleine. Elle comprend que les citoyens en ont assez de voir l’église se détériorer devant leurs yeux à mesure que les années passent. «C’est vraiment désagréable. Ce n’est pas beau à voir et ça nuit à l’image du quartier. Il y a des gens qui pensent qu’on ne fait rien, parce que ça fait des années que ça dure. Mais il y a beaucoup de choses qui ont été faites. Je suis le dossier depuis que je suis entrée en poste en 2013. On a toujours espoir que les choses avancent, mais il y a des aspects légaux», explique-t-elle.

Elle fait remarquer que cela ne fait que quelques mois que le dossier n’est plus entre les mains d’une huissière. De plus, il reste encore à répartir le montant de la vente entre les différents créanciers, ce qui devrait se faire ce lundi.

Mme Roy a organisé une corvée de nettoyage durant la période estivale pour que le terrain ait au moins meilleure mine.

Pour ce qui est de la bâtisse, elle a piètre allure avec ses pierres tombées, ses vitres cassées... La Ville a placardé les fenêtres et les portes en 2017 après avoir reçu un avis du service des incendies qui s’inquiétait de la sécurité des lieux. L’endroit était visité par des intrus. À deux reprises, des incendies avaient été allumés par des vandales. Depuis qu’elle a été sécurisée, les interventions policières sont beaucoup moins nombreuses. La dernière remonte au 16 octobre pour des méfaits. Il reste que l’église a été endommagée par tous ces visiteurs indésirables. Les lieux ont été littéralement saccagés.

Ce n’est pas la première fois qu’une telle saga touchant une église se produit à Trois-Rivières. Celle de l’église Saint-Philippe avait traîné pendant environ six ans. Rappelons que la Ville de Trois-Rivières avait dû obtenir une ordonnance de la cour afin de saisir l’église Saint-Philippe qui appartenait à un entrepreneur chargé de la démolir. Devant l’inaction du propriétaire, la Ville avait déboursé quelque 460 000 $ pour la faire disparaître du paysage. Comme le propriétaire avait été incapable de rembourser ces travaux, le terrain est devenu la propriété de Trois-Rivières le 1er décembre 2015. Un projet de logements sociaux, porté par l’Office municipal d’habitation (OMH) de Trois-Rivières, devrait y voir le jour.

Pour éviter qu’une autre situation semblable se produise, un comité sur l’avenir des églises a été formé en novembre dernier. «Ce comité va nous aider pour la transition. C’est clair qu’actuellement, les communautés ne pourront pas supporter l’ensemble des bâtiments. Il faut essayer d’envisager quelque chose pour assurer l’avenir de ces églises et pour ne pas qu’elles soient laissées à l’abandon. Ce n’est pas agréable pour personne», note Claude Lapointe, prêtre-modérateur de la paroisse de Père-Frédéric.