David Philippe et Sylvain Roy espèrent convaincre le gouvernement de tenir une commission parlementaire sur la prévention du cancer.

Un député et un magicien unis contre le cancer

CARLETON — À peine remis d’un cancer, Sylvain Roy, député de Bonaventure à l’Assemblée nationale, se joint au magicien gaspésien David Philippe afin de convaincre les parlementaires québécois d’établir une stratégie nationale de lutte contre le cancer, avec l’accent sur la prévention.

Le député Roy est le parrain d’une pétition initiée mercredi par David Philippe, pétition demandant à l’Assemblée nationale «de mandater la Commission de la santé et des services sociaux pour faire le bilan des actions gouvernementales passées et actuelles face à la prévention du cancer afin d’élaborer un plan d’action audacieux face à cette pandémie».

Un plan audacieux, dans l’esprit de MM. Roy et Philippe, «c’est de faire du Québec la nation la plus avant-gardiste en Amérique du Nord» en prévention du cancer.

«Pourquoi dans nos écoles secondaires, on apprend le poids atomique des roches, mais pas la chimie alimentaire? Pourquoi, quand je rentre dans un marché d’alimentation, j’ai l’impression d’entrer dans un entrepôt de produits chimiques?» demande Sylvain Roy.

En fin d’été et en début d’automne, M. Roy a subi 33 traitements de radiothérapie et trois traitements de chimiothérapie de six heures à Québec afin de combattre un cancer de la gorge, alors qu’il aurait dû faire campagne électorale dans sa circonscription.

David Philippe vit avec un seul poumon depuis huit ans, le résultat d’un premier cancer, et il a combattu avec succès un cancer du cerveau et des os en 2013. Les médecins lui donnaient alors un an à vivre, mais un traitement expérimental a parfaitement fonctionné pour lui.

«Je sais que j’ai fumé un peu, mais avec une bonne base, peut-être que la mutation génétique [le cancer] n’aurait pas eu lieu. Je prends 60 pilules par mois. Ces médicaments coûtent 8700 $ par mois […] C’est pas le gouvernement qui paie, mais des assurances. C’est tout le monde qui paie quand même. Je ne serai jamais capable de payer en impôts tout ce que j’ai coûté à la société. Si je peux permettre à la société d’éviter ça», dit-il.

«Approche en silos»

Quand Sylvain Roy parle de «stratégie nationale interministérielle cohérente pour lutter contre le cancer», c’est qu’il est convaincu que les divers ministères québécois concernés par cette question, la Santé, l’Éducation de même que l’Agriculture, les Pêcheries et l’Alimentation, travaillent «avec une approche en silos», sans trop savoir ce que les autres ministères font. David Philippe appuie cette affirmation, et illustre la nécessité d’une cohérence d’un ministère à l’autre, dans une approche de prévention.

«S’il y a une route avec un tournant très dangereux, ce n’est pas long que le ministère des Transports va arriver et mettre un panneau. […] La solution, c’est dans l’éducation. On donne des casques à nos enfants pour éviter les traumatismes, mais on va à l’épicerie et on les bourre d’aspartame».

Signalant que le cancer touchera un Québécois sur deux et qu’un Québécois sur quatre en mourra, Sylvain Roy croit pouvoir convaincre suffisamment de députés de tous les partis pour qu’une commission parlementaire siège, idéalement au début du printemps.

«J’en ai déjà parlé à Simon Jolin-Barrette, le leader parlementaire du gouvernement», note le député de Bonaventure, qui croit le gouvernement de la Coalition avenir Québec plus réceptif que le gouvernement libéral, «qui a coupé énormément en prévention».