La nouvelle vocation de l’église Saint-Pierre devrait être déterminée au cours des prochaines semaines.

Un dénouement positif se pointe pour l'église Saint-Pierre

SHAWINIGAN — Un an après avoir sonné l’alarme sur les sombres perspectives qui entouraient l’avenir de l’église Saint-Pierre, la paroisse Sainte-Marguerite-d’Youville voit le ciel s’éclaircir avec une proposition d’achat qui innoverait dans la sauvegarde du patrimoine religieux. L’annonce officielle est attendue à court terme, le temps que les modalités de cette complexe transaction soient notariées.

«Je peux confirmer qu’une offre d’achat a été déposée, qu’elle a été acceptée par la fabrique et le diocèse», indique Denis Jean, coordonnateur de la paroisse Sainte-Marguerite-d’Youville.

Le porte-parole ne peut aller plus loin pour le moment. L’acheteur serait établi à Drummondville. Joint plus tôt cette semaine, le directeur général de cette entreprise n’a pas nié les démarches en cours, estimant toutefois qu’une annonce demeurait prématurée.

«C’est une question de jours», a-t-il toutefois admis. «Mais tant qu’une transaction n’est pas complétée, il peut arriver toutes sortes d’événements en cours de route.»

L’avenir de l’église Saint-Pierre alimente la spéculation depuis l’an dernier. En février 2018, M. Jean confiait que le conseil des marguilliers avait «une décision évidente à prendre et déchirante à réaliser» en raison des lourds travaux à effectuer. D’importants problèmes d’infiltration d’eau ont gonflé les estimations à deux millions de dollars, une somme impossible à défrayer, même avec l’appui du Conseil du patrimoine religieux du Québec. Les déficits d’exploitation répétés, notamment dus à la baisse de la pratique, compliquaient le tableau.

Le 12 mars 2018, les paroissiens étaient convoqués à une assemblée, à l’église Saint-Pierre, où le conseil de la fabrique avait expliqué qu’en accord avec l’équipe pastorale, l’immeuble serait mis en vente et que la dernière messe serait célébrée en septembre. Malgré une certaine opposition manifestée à ce moment, le conseil des marguilliers avait maintenu sa décision.

En août, un important dégât d’eau au presbytère rajoutait une couche aux malheurs, forçant un déménagement au sous-sol de l’église Saint-Charles-Garnier. Tel que prévu, la dernière cérémonie religieuse à l’église Saint-Pierre s’est déroulée le 29 septembre.

Depuis ce temps, quelques propositions ont circulé, mais aucune aussi sérieuse que celle de l’entreprise drummondvilloise. Après les Fêtes, un représentant participait même à une rencontre à Shawinigan, avec divers intervenants, afin d’échanger sur les utilisations possibles de cette église.

Enthousiasme

Sans pouvoir élaborer sur ce que l’avenir réserve concrètement à l’église Saint-Pierre, M. Jean cache difficilement son enthousiasme devant le scénario soumis par le promoteur.

«La fabrique fait tout son possible pour sauver l’immeuble et le patrimoine», assure-t-il. «Ce serait le résultat de l’entente qui se dessine. Mais vendre une église et vendre une maison, ce n’est pas pareil. C’est complexe, avec le droit civil et le droit canon. Actuellement, ce n’est plus du ressort de la paroisse. Tout le monde fait son travail. On attend.»

C’est l’agent immobilier Jean Guguy (Royal LePage) qui avait reçu le mandat de la fabrique. La propriété est affichée à un prix de 399 500 $, mais il serait très étonnant que l’acheteur paye un tel montant. Au rôle d’évaluation, la valeur du terrain est établie à 322 400 $ et celle des bâtiments, à 2 189 500 $, pour un total de 2 511 900 $, en légère hausse par rapport à celui de 2,476 millions $ lors de l’exercice précédent.

«Nous ne voulons pas manquer cette vente», laisse tomber M. Jean. «Qui veut acheter une église? Ce n’est pas la seule à vendre, avec le tournant missionnaire et tout ce qui se passe dans les paroisses...»

Le presbytère fait évidemment partie de la transaction. Pour le moment, l’abbé Gilles Lindsay habite cet immeuble, comme il le faisait avant le dégât d’eau.

La conseillère municipale du district de la Cité, Jacinthe Campagna, suit ce dossier de près. Elle se réjouit particulièrement du fait que la démolition du vénérable édifice soit totalement évacuée des scénarios évoqués.

«La bonne nouvelle, c’est qu’il y a quelque chose à faire avec l’église, que des gens sont intéressés», se réjouit-elle. «Sans dire que tout est réglé, c’est beaucoup plus encourageant.»