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France Pellerin a été flouée par un déneigeur qui opérait sous un faux nom.
France Pellerin a été flouée par un déneigeur qui opérait sous un faux nom.

Un déneigeur fait des dizaines de victimes à Trois-Rivières

Marc-André Pelletier
Marc-André Pelletier
Initiative de journalisme local - Le Nouvelliste
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Trois-Rivières — Une compagnie de déneigement de Trois-Rivières pourrait entreprendre des mesures judiciaires contre un déneigeur qui a utilisé son logo pour flouer des dizaines de clients de plusieurs centaines de dollars chacun. L’individu en question, Olivier Gendron, aurait par ailleurs usurpé l’identité d’une autre entreprise pour crédibiliser son méfait.

Le jeune homme de 21 ans aurait déjà travaillé pour l’entreprise dont il a utilisé le logo sans autorisation, Déneigement Trois-Rivières, il y a quelques années. L’entreprise l’aurait congédié il y a deux ans parce qu’il ne possédait pas de permis de conduire valide, alors qu’il prétendait le contraire.

«On a essayé de communiquer avec lui pour lui dire de cesser d’utiliser notre logo. C’est sûr que moi, si je peux faire des démarches judiciaires, je vais les faire. C’est un menteur, ce gars-là», n’hésite pas à dire Joanie Bellerive, propriétaire de Déneigement Trois-Rivières.

Olivier Gendron a notamment floué une citoyenne de Trois-Rivières, France Pellerin, en lui faisant signer, en octobre dernier, un contrat de 650 $ dans lequel il lui promettait de déneiger ses marches pour l’hiver, sans toutefois remplir son engagement.

«J’avais besoin de quelqu’un qui pouvait déneiger l’entrée de mon condo et de ceux de mes voisins qui sont quand même âgés. Je suis tombée sur une publication Spotted en faisant mes recherches. Il est arrivé ici avec son camion lettré et tout ça. Je me suis dit qu’il faisait sérieux», détaille-t-elle.

«Dans le contrat, ça disait que dès qu’il y avait deux pouces de neige, il viendrait. Je ne trouvais pas ça grave deux pouces, il n’y a rien là. Mais quand ça a commencé à être trois, quatre pouces et plus et qu’il ne venait toujours pas, je l’ai contacté, sans beaucoup de succès», raconte Mme Pellerin.

En janvier, elle affirme avoir reçu un message du déneigeur en question qui lui signifiait qu’il ne pourrait se présenter pour une période de deux semaines «parce que tous ses employés» avaient contracté la COVID-19 et que le service reprendrait en février.

«Je l’ai contacté pour lui dire qu’il devait venir et trouver une façon. Il m’a dit que rien dans la loi ne pouvait l’obliger à venir», ajoute-t-elle.

France Pellerin souhaite lancer un message de prudence aux citoyens.

«Faites vos recherches, même si le camion est lettré. Si je les avais faites, ça aurait été différent. Il faut vérifier avec le registre des entreprises, par exemple.»

Gendron, mais pas Gendron

L’autre entreprise impliquée malgré elle dans l’affaire, Déneigement Gendron Inc. du secteur Pointe-du-Lac a dû faire face à de nombreux appels lui réclamant des comptes, même si dans les faits, elle n’avait rien à voir avec l’autre déneigeur au nom de famille identique.

«Ça a été une période stressante. Les gens appelaient et me demandaient si j’étais le gars qu’ils cherchaient, si c’était le bon Déneigement Gendron. Je leur disais que non, mais ça a quand même occasionné certains embêtements», raconte Toby Gendron, propriétaire.

Ce dernier a même discuté avec Olivier Gendron pour lui demander de choisir un autre nom pour son entreprise, puisque celui qu’il employait était déjà utilisé.

«C’est quelqu’un de mal intentionné, qui n’a pas appris les bonnes manières de faire les choses», témoigne Toby Gendron, qui, pour sa part, ne poursuivra pas l’individu.

«J’en ai discuté avec mon avocat. Comme ça coûterait 5000 $ et que nous sommes une jeune entreprise qui démarre, on ne peut pas se le permettre», souligne-t-il.

Heureusement pour lui et son entreprise, les choses sont rentrées dans l’ordre maintenant.

«Les gens ont compris que ce n’était pas nous et on n’a eu aucun commentaire négatif. Je suis satisfait du dénouement.»

Générosité

Le 12 février, France Pellerin a reçu un courriel d’une autre entreprise, Entretien Rocheleau, qui offrait de déneiger gratuitement pour le reste de l’hiver, jusqu’au 15 avril.

Un geste de générosité inespéré pour la dame et les autres clients d’Olivier Gendron.

«Je les remercie tellement. Il semble qu’Entretien Rocheleau ait reçu la liste de clients et ait décidé d’offrir le déneigement gratuit à ceux qui se trouvaient sur cette liste.»

Les différents intervenants à qui le Nouvelliste a parlé ont soutenu qu’Olivier Gendron connaissait des problèmes avec la justice.

Vérification faite, le jeune homme a fait face à des accusations de menaces et de voies de fait au cours des derniers mois.