On reconnaît sur la photo les candidats du Parti conservateur, Yves Lévesque, du Parti libéral du Canada, Valérie Renaud-Martin, du Bloc québécois, Louise Charbonneau, du Nouveau Parti démocratique, Robert Aubin, et du Parti vert, Marie Duplessis.
On reconnaît sur la photo les candidats du Parti conservateur, Yves Lévesque, du Parti libéral du Canada, Valérie Renaud-Martin, du Bloc québécois, Louise Charbonneau, du Nouveau Parti démocratique, Robert Aubin, et du Parti vert, Marie Duplessis.

Un débat sur l'environnement sous surveillance

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Le débat sur les enjeux environnementaux tenu jeudi soir au Collège Laflèche s’est déroulé sous surveillance. Deux policiers et deux agents de sécurité assuraient la sécurité dans la salle, alors que les quelque 220 citoyens présents ont dû montrer patte blanche. Aucune affiche ou geste militant n’étaient tolérés afin d’éviter d’éventuels débordements.

Ces mesures de sécurité ont été mises de l’avant, car l’environnement peut s’avérer un sujet sensible qui peut entraîner des gestes militants comme lors de la marche pour le climat de la semaine dernière, alors que le candidat conservateur Yves Lévesque s’est fait invectiver par la conseillère municipale Mariannick Mercure ainsi que par des manifestants. Le candidat conservateur et son parti avaient alors été qualifiés de «criminels climatiques».

Afin d’éviter que ne surviennent des débordements, l’équipe d’Yves Lévesque a confirmé au Nouvelliste qu’elle avait demandé aux organisateurs de s’assurer qu’il n’y ait pas de manifestants dans la salle, sans quoi le candidat conservateur allait quitter le débat.

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«Quand j’entends dire qu’on est des criminels climatiques, ça me fait mal», a déclaré Yves Lévesque lors de sa brève allocution d’ouverture. «Nous avons un plan en environnement et je suis là pour en parler.»

La présence des policiers a quant à elle été demandée par la direction du Collège Laflèche, confirme son directeur général, Luc Pellerin. «Je suis responsable de la sécurité dans le collège. C’est moi, et non un candidat, qui a demandé aux policiers d’être présents», mentionne-t-il.

Le modérateur du débat, l’éditorialiste du Nouvelliste Martin Francoeur, a de son côté avisé les citoyens présents que les manifestations militantes ne seraient pas tolérées. Finalement, aucun geste irrespectueux n’a été noté lors du débat, tant de la part de l’assistance que des candidats présents.

Le débat sur l’environnement de Trois-Rivières était organisé par Environnement Mauricie et s’inscrivait dans la démarche nationale «L’environnement, parlons-en». Il réunissait les cinq principaux candidats de cette circonscription, soit Yves Lévesque (Parti conservateur du Canada), Valérie Renaud-Martin (Parti libéral du Canada), Louise Charbonneau (Bloc québécois), Robert Aubin (Nouveau Parti démocratique) et Marie Duplessis (Parti vert).

Plus de 100 débats similaires sur l’environnement se sont tenus jeudi soir à travers le pays, alors que dans la région des débats se sont déroulés dans les circonscriptions de Trois-Rivières, de Berthier-Maskinongé et de Bécancour-Nicolet-Saurel.

Les thèmes proposés par les organisateurs touchaient les changements climatiques, la pollution de l’eau et les inondations, la nature et la biodiversité ainsi que la pollution et les substances toxiques.

Lorsque les candidats devaient donner les éléments clés de leur plan d’action pour déduire de 30 % les gaz à effet de serre (GES), le candidat conservateur a d’emblée affirmé que son parti était contre la taxe sur le carbone du gouvernement de Justin Trudeau, comme le répète fréquemment son chef Andrew Scheer. «On a mis un prix sur la pollution. Ce n’est plus gratuit de polluer au Canada, c’est un pas de géant», a alors répondu la candidate libérale, Valérie Renaud-Martin.

Candidat néo-démocrate et député sortant de Trois-Rivières, Robert Aubin a plutôt déclaré qu’il fallait arrêter d’investir dans l’industrie pétrolière et de développer des alternatives de transport comme le train à grande fréquence (TGF) si on veut atteindre les cibles de réduction de 30 % des GES. Le TGF ainsi que l’abandon des subventions à l’industrie pétrolière a aussi été identifié par la candidate bloquiste, Louise Charbonneau, comme des solutions pour diminuer les GES.

La candidate du Parti vert, Marie Duplessis, estime pour sa part qu’on doit diminuer les émissions de GES de 60 %. «Aucun n’est capable de vous dire que son parti est contre le projet [de pipeline] GNL de Québec. Ce sont des énergies fossiles, mais on met le mot ‘‘naturel’’ parce que ça fait plus cute», a dénoncé la candidate du Parti vert.

Valérie Renaud-Martin a essuyé un tir groupé à son endroit concernant l’achat par les libéraux du pipeline Trans Mountain. La candidate libérale mentionne que les profits éventuels de ce pipeline seront investis dans le développement de l’économie verte.

Plus tard dans le débat, Robert Aubin a admis que les cibles des libéraux en matière d’environnement étaient ambitieuses, mais qu’ils avaient manifestement besoin de beaucoup trop de temps pour les réaliser. «Je le reconnais, les plans libéraux sont très ambitieux. Mais il faut les réélire trois ou quatre fois pour que ça arrive», dénonçait Robert Aubin en demandant à Valérie Renaud-Martin comment son parti allait atteindre ses cibles ambitieuses.

«Vous l’avez dit, il faut nous réélire», a-t-elle répondu spontanément.