Le débat tenu à l’UQTR n’a attiré qu’une poignée de spectateurs, dont le tiers provenait de l’entourage des candidats.

Un débat peu couru

Le seul et unique débat des candidats à la mairie de Trois-Rivières qui se tiendra au cours de cette campagne électorale n’a certes pas fait courir les foules, mercredi midi, à l’UQTR. Organisé par l’Association générale des étudiants de l’UQTR, le débat réunissait deux des trois candidats, le maire sortant Yves Lévesque ayant refusé d’y prendre part.

Au total, 35 personnes se trouvaient dans la salle pour entendre débattre des idées et des différents enjeux proposés par l’organisation de l’AGEUQTR. De ce nombre, environ le tiers provenait des équipes de l’un ou l’autre des candidats. Une poignée d’étudiants et une poignée de gens du public complétaient le tableau. Une faible participation qui a amené les candidats participants André Bertrand et Jean-François Aubin à se questionner.

«Je m’attendais à près de 250 personnes. Il y a un problème, car on est un gouvernement de proximité. La nouvelle personne qui sera élue, il va falloir que ça fasse partie de ses priorités, d’intéresser les gens à la politique municipale. Je trouve ça désolant», a indiqué André Bertrand.

Pour sa part, Jean-François Aubin parle d’un défi constant d’intéresser les jeunes à la politique municipale, un défi auquel il veut s’attarder le plus possible. Mais c’est davantage l’absence du maire Yves Lévesque qui a provoqué sa déception et son indignation. «C’est un manque total de respect envers la démocratie. Si on a peur de débattre de ses idées et de répondre aux questions des citoyens, on ne mérite tout simplement pas d’être élu», fait savoir M. Aubin.

Sur le campus, quelques étudiants rencontrés au hasard disaient ignorer la tenue d’un débat sur l’heure du dîner. De son côté, l’AGEUQTR signale qu’il est aussi difficile de rassembler en grand nombre les étudiants alors qu’ils se trouvent présentement dans une semaine intensive d’examens. Toutefois, l’AGEUQTR entend multiplier les actions au cours des prochains jours pour encourager les étudiants à voter aux élections municipales.

«On veut stimuler l’inscription aux listes électorales pour faire sortir le vote. On se retrouve souvent avec une situation particulière, puisque le deux tiers des étudiants ne proviennent pas forcément de Trois-Rivières. Par contre, s’ils sont en appartement ici, ils peuvent voter et c’est ce qu’on va tenter de faire. On veut faire sortir le vote à Trois-Rivières, mais pas juste ici, de façon générale, car c’est très important que les jeunes prennent part activement au débat et fassent entendre leur voix», indique Frédérik Farid Borel, conseiller à l’exécutif de l’AGEUQTR.

Débat

De nombreux enjeux ont été soulevés à l’occasion de ce débat, la plupart portant sur des préoccupations qui se retrouvent dans le manifeste de l’AGEUQTR. Il a notamment été question de transport en commun et de la présence potentielle d’un jeune au sein du conseil d’administration de la STTR. À cette suggestion, les deux candidats se sont prononcés en faveur, sans détour. Quant à l’accessibilité du transport en commun, Jean-François Aubin s’est dit d’avis qu’une réforme en profondeur du système de la STTR était nécessaire. 

«Historiquement, les circuits ont été construits en fonction de desservir les principaux centres commerciaux. Ce n’est plus ça. Il faut que les maisons d’enseignement comme l’UQTR deviennent une plaque tournante du transport en commun», croit-il. Son opposant André Bertrand croit quant à lui qu’il ne faut pas non plus négliger d’étudier les endroits où demeurent les étudiants, mais aussi de desservir mieux les parcs industriels qui regroupent une quantité de travailleurs qui pourraient aisément se passer de l’achat d’une automobile.

Les deux candidats se sont également dit en opposition complète avec la politique du gouvernement Couillard quant aux permis d’exploitation octroyés aux compagnies gazières, et donc en opposition à la fracturation sur le territoire de Trois-Rivières.

Les candidats se sont également prononcés sur leurs engagements en ce qui concerne les relations entre la Ville et l’UQTR, le développement économique, leur vision d’une ville plus verte ainsi que la sécurité sur le campus.